
Église Saint-Michel de Dijon
Dijon · 1497-1529 (façade 1537-1616)
À propos
Récit incarné
Dijon, place Saint-Michel. La façade — deux tours carrées à lanterne, une façade à colonnes libres entre elles. Le calcaire de Bourgogne, cet ocre-jaune chaud qui vieillit si bien dans la lumière de la Côte-d'Or.
La façade de Saint-Michel est un spectacle. Approchez-vous jusqu'à toucher les colonnes ioniques du premier étage — leur fût lisse, leurs chapiteaux à volutes. Montez les yeux vers les colonnes corinthiennes du second étage — les feuilles d'acanthe. Puis au fronton — les statues allégoriques dans la lumière dijonnaise.
Entrez dans l'église gothique. La façade était un traité d'architecture classique. L'intérieur est un rappel que Dijon restait bourguignonne — ses voûtes gothiques, ses piliers élancés, ses chapelles latérales avec leurs retables Renaissance.
Lecture architecturale
La façade de Saint-Michel présente deux tours carrées à lanterne et une façade centrale à deux niveaux de colonnes libres (ionique et corinthien). Les niches entre les colonnes abritent des statues de saints. Le fronton triangulaire central est couronné de statues allégoriques. La façade est en calcaire de Bourgogne (calcaire oolithique jaune-doré).
Symboles à observer
1. Les colonnes libres : les colonnes se détachent du mur, créant une profondeur réelle. Regardez sous le premier niveau de colonnes — l'espace entre la colonne et le mur.
2. Le calcaire oolithique : la pierre chaude et dorée de Bourgogne. Elle change de couleur selon l'heure — blanc mat le matin, or soutenu l'après-midi.
3. Les niches à statues : entre les colonnes, les niches en cul-de-four avec leurs statues. Plusieurs sont du XVIe siècle — identifiez les saints par leurs attributs.
4. Les retables des chapelles latérales : à l'intérieur, les retables Renaissance peints ou sculptés des chapelles — certains sont des chefs-d'œuvre de la sculpture bourguignonne du XVIe siècle.
Anecdote mémorable
La façade de Saint-Michel fut longtemps attribuée à Hugues Sambin (v.1520-v.1601), l'architecte-menuisier dijonnais qui publia en 1572 le traité De la diversité des termes dont on use en architecture — le premier traité d'architecture publié en France par un auteur régional. Sambin avait introduit à Dijon le style maniériste flamand-français. Son influence sur Saint-Michel est probable même si l'attribution directe est discutée.
Contexte historique dense
Dijon au XVIe siècle était la capitale du gouvernement de Bourgogne — une province royale depuis 1477 mais qui conservait ses institutions et sa culture propres. Le Parlement de Bourgogne, les États de Bourgogne, la bourgeoisie dijonnaise des officiers et des marchands construisaient une ville qui voulait être à la fois française et bourguignonne.
Échos artistiques
Musique : Messe de Bourgogne (polyphonie franco-flamande du XVe siècle) — la tradition musicale de la cour de Bourgogne. Peinture : les retables de Claus Sluter (Dijon) — la sculpture bourguignonne dont Saint-Michel est l'héritière. Architecture : l'hôtel de Vogüé (Dijon, 21) — l'hôtel particulier Renaissance contemporain de la façade.
Pour aller plus loin
- Musée des Beaux-Arts de Dijon — les ducs de Bourgogne et leur collection.
- Chartreuse de Champmol (Dijon) — le Puits de Moïse de Claus Sluter.
- Beaune (21, 40 km) — l'Hôtel-Dieu et les Hospices.
Localisation
47.3231, 5.0425 · Dijon



