
Contributions & œuvres
Aucun poète néerlandais ne fut plus lu, plus longtemps, que Jacob Cats. Pendant des siècles, ses recueils de vers moraux se trouvèrent, avec la Bible, dans presque tous les foyers de Hollande — au point qu'on le surnomma affectueusement « Vader Cats », « père Cats ». Homme d'État de premier plan, il fut aussi la voix de la sagesse pratique et de la vertu domestique de tout un peuple.
Le juriste, l'homme d'État, le poète
Né en 1577 à Brouwershaven, en Zélande, Cats étudia le droit à Leyde et en France, puis exerça comme avocat à Middelburg. Il s'enrichit considérablement en asséchant et mettant en valeur des polders — entreprise typique de l'ingéniosité zélandaise face à la mer. Sa carrière publique fut brillante : pensionnaire de Middelburg puis de Dordrecht, il gravit tous les échelons jusqu'à devenir Grand Pensionnaire de Hollande (1636-1651), la plus haute charge civile de la province dominante — l'équivalent d'un chef de gouvernement. Il fut envoyé en ambassade en Angleterre. Parallèlement, il écrivit une œuvre poétique immense et populaire.
Le succès, la sagesse — et sa part d'ombre
L'œuvre de Cats est faite de poésie didactique et morale : emblèmes, dictons versifiés, longs poèmes sur le mariage (Houwelick, 1625, qui décrit les devoirs de la femme à chaque âge de la vie), sur l'amour, sur la conduite de l'existence. Son secret fut l'accessibilité : une langue simple, des images concrètes, une sagesse de bon sens que chacun pouvait comprendre et retenir. Là est aussi, exactement, sa part d'ombre. Ce qui fit son immense succès populaire lui valut le mépris des lettrés : on jugea sa poésie plate, moralisatrice, répétitive, « bourgeoise » au sens le plus terne — le contraire de la haute langue de Hooft ou du souffle de Vondel. Les critiques modernes lui reprochent en outre une morale étroite, notamment sur la place des femmes, entièrement subordonnées au foyer et à l'époux. « Vader Cats » incarne ainsi les deux visages du Siècle d'or : la vertu domestique, l'ordre, l'épargne et le sérieux qui firent la force de la République — mais aussi son conformisme, son étroitesse, sa méfiance du plaisir et de la liberté. On ne le lit plus guère ; mais pendant deux siècles, il fut le maître à penser du foyer néerlandais.
Infos / repères
Jacob Cats naquit à Brouwershaven (Zélande) en 1577 et mourut à La Haye en 1660. Juriste, entrepreneur de polders et homme d'État (Grand Pensionnaire de Hollande, 1636-1651), il fut surtout le poète moraliste le plus populaire des Pays-Bas (Houwelick, 1625), surnommé « Vader Cats ».
Anecdote mémorable
Jusqu'au XIXᵉ siècle, il était courant, dans les familles néerlandaises, de posséder « een Cats » — un recueil de Jacob Cats — au même titre qu'une Bible, et d'y puiser des maximes pour toutes les circonstances de la vie. Beaucoup de proverbes et de dictons encore employés aux Pays-Bas viennent de ses vers, sans qu'on sache toujours qu'on cite « père Cats ». Peu de poètes ont à ce point imprégné le langage quotidien de tout un peuple.
Importance historique
Aucun poète néerlandais ne fut plus lu, plus longtemps, que Jacob Cats. Pendant des siècles, ses recueils de vers moraux se trouvèrent, avec la Bible, dans presque tous les foyers de Hollande — au point qu'on le surnomma affectueusement « Vader Cats », « père Cats ». Homme d'État de premier plan, il fut aussi la voix de la sagesse pratique et de la vertu domestique de tout un peuple.
