
✦ Illustre ✦
Johannes Wtenbogaert
théologie / remontrants / cour
Contributions & œuvres
Prédicateur de cour, confident des puissants, puis proscrit : la vie de Wtenbogaert épouse tout le drame de la querelle religieuse néerlandaise. C'est lui qui, en 1610, rédigea la fameuse Remontrance dont les arminiens tirèrent leur nom de « remontrants ». Ami d'Oldenbarnevelt et longtemps de Maurice, il paya de l'exil son combat pour une Église tolérante et soumise à l'État.
L'homme de cour et la Remontrance
Né à Utrecht en 1557, formé à Genève, Wtenbogaert devint un prédicateur écouté à La Haye, où il gagna la confiance du prince Maurice — dont il fut un temps l'aumônier — et l'amitié du grand pensionnaire Oldenbarnevelt. Proche d'Arminius, il prit la tête du courant arminien à la mort de celui-ci en 1609. L'année suivante, il rédigea la Remonstrantie de 1610, adressée aux États de Hollande : ce texte résumait en cinq articles la position arminienne sur la grâce et le salut, et réclamait que l'Église restât sous l'autorité des magistrats civils plutôt que d'un synode indépendant. De ce document naquit le nom de « remontrants ».
La chute, l'exil et le retour
La question de l'autorité — l'État ou l'Église ? — était explosive. En liant la cause arminienne à celle du pouvoir civil d'Oldenbarnevelt, Wtenbogaert se retrouva dans le camp des vaincus lorsque Maurice, son ancien protecteur, bascula du côté gomariste. Après le coup de force de 1618 et le synode de Dordrecht, il dut fuir : condamné, banni, il vécut l'exil à Anvers et à Rouen aux côtés d'Episcopius, y organisant la Fraternité remontrante. La mort de Maurice (1625) permit son retour ; il regagna La Haye, reprit la direction spirituelle des remontrants et vécut assez vieux pour voir son Église tolérée. Sa part d'ombre tient à son rôle politique : en mêlant si étroitement la religion et le pouvoir d'Oldenbarnevelt, il contribua à faire d'une querelle théologique une crise d'État.
Anecdote mémorable
Le visage de Wtenbogaert nous est resté grâce à Rembrandt, qui le peignit en 1633, âgé de soixante-seize ans, dans un célèbre portrait aujourd'hui au Rijksmuseum. Le jeune peintre d'Amsterdam et le vieux chef des remontrants : la rencontre dit combien la communauté tolérante née de la défaite arminienne était liée au monde des arts et des lettres de l'âge d'or naissant.
Importance historique
Prédicateur de cour, confident des puissants, puis proscrit : la vie de Wtenbogaert épouse tout le drame de la querelle religieuse néerlandaise. C'est lui qui, en 1610, rédigea la fameuse Remontrance dont les arminiens tirèrent leur nom de « remontrants ». Ami d'Oldenbarnevelt et longtemps de Maurice, il paya de l'exil son combat pour une Église tolérante et soumise à l'État.
