
Contributions & œuvres
Il fut le dernier prince des Pays-Bas à tenir tête, seul, à la puissance montante des Habsbourg. Charles d'Egmond, duc de Gueldre et comte de Zutphen de 1492 à sa mort en 1538, passa presque tout son règne les armes à la main pour empêcher sa petite principauté de la Waal et de l'IJssel d'être avalée par l'empire. Un demi-siècle avant la grande Révolte, il fut le premier à dire non à Charles Quint — et il tint bon jusqu'au dernier souffle.
Un règne de quarante ans les armes à la main
Né à Grave en 1467, Charles connut jeune la prison : capturé, il ne fut libéré qu'en 1492, racheté par les bourgeois de Gueldre qui voulaient leur duc. Dès lors, sa vie ne fut qu'une longue résistance. Il perdit un temps sa principauté au profit de Philippe le Beau (1505), la reconquit tout entière après 1513, et affronta sans relâche l'empereur Charles Quint dans les longues guerres de Gueldre. Son atout maître : un chef de guerre redoutable, Maarten van Rossem, dont les raids portèrent la terreur jusqu'en Brabant et en Hollande. Contre l'empire le plus vaste d'Europe, Charles joua de tout — alliances françaises, ruse, ténacité — pour préserver l'indépendance d'un État que tout condamnait à disparaître. Ses grandes villes, Arnhem et Nimègue, sur la Waal et le Rhin, furent le cœur de son duché.
Le dernier des princes libres
Charles de Gueldre est resté dans la mémoire néerlandaise comme le dernier souverain féodal réellement indépendant des Pays-Bas. Son combat, en apparence perdu d'avance, retarda de plusieurs décennies l'absorption de la Gueldre par les Habsbourg, et préfigura étrangement la guerre que les provinces mèneraient plus tard contre l'Espagne. Après sa mort sans héritier direct en 1538, son successeur Guillaume de Clèves ne put tenir : par le traité de Venlo (1543), la Gueldre passa à Charles Quint, dernière des dix-sept provinces à tomber dans l'escarcelle habsbourgeoise. L'indépendance qu'un homme seul avait défendue quarante ans s'éteignit en cinq ans après lui. Sur ses pas : Arnhem, sa résidence, et Nimègue, la vieille cité impériale de la Waal.
La part d'ombre
Le champion de l'indépendance fut aussi un prince de la guerre totale. Pour tenir tête à plus fort que lui, Charles laissa Maarten van Rossem mener des campagnes d'une brutalité extrême : villes brûlées, campagnes ravagées, populations rançonnées — le sac de La Haye en 1528 en resta le symbole. Sa liberté se paya de la ruine de ses voisins. Et sa cause, si vaillante fût-elle, était sans avenir : sans héritier, sans alliés fiables, sans les ressources d'un grand État, il défendait un monde féodal que l'Histoire avait déjà condamné. Son héroïsme a quelque chose du baroud d'honneur — magnifique et vain.
Anecdote mémorable
La Gueldre fut la toute dernière des dix-sept provinces des Pays-Bas à tomber sous la coupe des Habsbourg, en 1543 — cinq ans seulement après la mort de son duc rebelle. Tant qu'a vécu Charles de Gueldre, l'empire de Charles Quint eut, en plein cœur des Pays-Bas, un trou qu'il ne put jamais combler.
Importance historique
Il fut le dernier prince des Pays-Bas à tenir tête, seul, à la puissance montante des Habsbourg. Charles d'Egmond, duc de Gueldre et comte de Zutphen de 1492 à sa mort en 1538, passa presque tout son règne les armes à la main pour empêcher sa petite principauté de la Waal et de l'IJssel d'être avalée par l'empire. Un demi-siècle avant la grande Révolte, il fut le premier à dire non à Charles Quint — et il tint bon jusqu'au dernier souffle.

