
✦ Illustre ✦
Rembert Dodoens
sciences / médecine (médecin-botaniste)
Contributions & œuvres
Avant Linné, avant les grands systèmes, il fallut des hommes pour regarder les plantes comme un savoir et non comme une pharmacie. Rembert Dodoens (1517-1585), médecin flamand devenu professeur à Leyde, fut de ceux-là. Son grand herbier, le Cruydeboeck, écrit en néerlandais et non en latin, mit la science des plantes entre les mains d'un large public — et fit de lui l'un des « pères » de la botanique du Nord.
Le Cruydeboeck, une science en langue du peuple
Né à Malines (aujourd'hui en Belgique) en 1517, Dodoens fut d'abord médecin — au point de servir plus tard les empereurs Maximilien II puis Rodolphe II. Mais son œuvre maîtresse paraît en 1554 : le Cruydeboeck, vaste herbier illustré. Son audace n'est pas seulement de décrire des centaines de plantes ; c'est de les classer par propriétés et affinités réciproques, et non plus par ordre alphabétique comme les vieux herbiers. C'est un premier pas vers une botanique raisonnée. Autre audace : il l'écrit en néerlandais, langue vulgaire, pour qu'il serve vraiment. Le succès fut européen : Carolus Clusius (carolus-clusius) — le futur fondateur de l'Hortus de Leyde — en donna dès 1557 une traduction française, l'Histoire des plantes, sa toute première publication ; une génération plus tard, une version anglaise en dériverait à son tour.
Le dernier chapitre : professeur à Leyde
Au terme d'une vie de voyages et d'études, Dodoens fut appelé en 1582 comme professeur de médecine à la jeune université de Leyde — cette université née du siège de 1574. Il y mourut en 1585 et fut inhumé dans la Pieterskerk de la ville. Sa venue prépara le terrain : quelques années après sa mort, Leyde ouvrait son Hortus botanicus (hortus-botanicus-leiden), premier grand jardin botanique académique du Nord, dont Clusius serait le préfet. Dodoens n'y planta pas lui-même : il avait posé, avec ses livres, la science que ce jardin allait incarner. Sa part d'ombre ? Comme tous les naturalistes de son siècle, il devait beaucoup à ses devanciers — notamment à l'Allemand Leonhart Fuchs — et son classement, encore imparfait, mêlait vertus médicinales et affinités de forme. Mais l'élan était donné : regarder la plante pour elle-même.
Importance historique
Avant Linné, avant les grands systèmes, il fallut des hommes pour regarder les plantes comme un savoir et non comme une pharmacie. Rembert Dodoens (1517-1585), médecin flamand devenu professeur à Leyde, fut de ceux-là. Son grand herbier, le Cruydeboeck, écrit en néerlandais et non en latin, mit la science des plantes entre les mains d'un large public — et fit de lui l'un des « pères » de la botanique du Nord.
