HitsMap

Aucune représentation visuelle connue de l'illustre.

✦ Illustre ✦

William Byrd

v.1540-1623·compositeur et organiste
« Since singing is so good a thing, I wish all men would learn to sing. »

Contributions & œuvres

Formé à la Chapel Royal auprès de Thomas Tallis, Byrd devient vers 1563 organiste et maître des enfants de la cathédrale de Lincoln, avant de rejoindre la Chapel Royal comme gentleman en 1572. En 1575, Élisabeth Iʳᵉ concède aux deux hommes le monopole de l'impression musicale dans le royaume : ensemble ils publient les Cantiones Sacrae. Byrd règne ensuite sur tous les genres de son temps. Il porte la polyphonie latine à un sommet avec ses trois messes (à trois, quatre et cinq voix) et les deux livres de Gradualia, immense cycle de motets couvrant l'année liturgique catholique. Il enrichit aussi le service anglican, le Great Service et les anthems, compose chansons et consort songs, et fonde pour ainsi dire l'école anglaise du clavier avec ses pièces pour virginal, réunies notamment dans le My Ladye Nevells Booke. Éditeur, pédagogue et maître reconnu, il forme Thomas Morley et façonne toute une génération.

Anecdote mémorable

Les trois messes de Byrd, sommets de la polyphonie catholique, furent imprimées vers 1592-1595 sans page de titre, sans nom d'éditeur ni date — anonymat prudent destiné à des recueils que l'on glissait dans les maisons récusantes pour y célébrer la messe en secret. Ce que la loi proscrivait, Byrd l'offrait ainsi à une Angleterre clandestine, transformant l'impression musicale en geste de fidélité silencieuse. La reine, qui connaissait sa foi, ferma les yeux : son génie valait plus que son obstination.

Influences reçues

Byrd doit sa formation à Thomas Tallis, son maître à la Chapel Royal, qui lui transmet l'art de la polyphonie. Il assimile l'héritage franco-flamand (Josquin, Gombert) et la science du motet continental, qu'il croise avec la tradition anglaise de l'antienne votive et du cantus firmus liturgique.

Influences exercées

Il forme directement Thomas Morley et marque Thomas Tomkins ; son écriture pour virginal fonde l'école anglaise du clavier que prolongent John Bull et Orlando Gibbons, et rayonne jusqu'au continent. À sa mort, le registre de la Chapel Royal le salue comme « a Father of Musick », père de la musique anglaise — titre que la postérité n'a jamais contesté.

Importance historique

Byrd est le plus grand compositeur anglais de la Renaissance, l'égal des maîtres continentaux et le seul de son pays à exceller également dans le motet latin, l'anthem anglais, la chanson profane et la musique de clavier. Son œuvre embrasse un demi-siècle de bouleversements religieux qu'elle traverse sans jamais rien perdre de son ambition. Là réside le paradoxe qui fait sa grandeur : catholique de conviction et récusant notoire, inscrit avec sa femme sur les listes de ceux qui refusent le culte réformé, poursuivi, mis à l'amende, sa maison fouillée, Byrd demeure pourtant gentleman de la chapelle d'une reine protestante, qui le protège et admire son art. De cette tension naît une musique à double visage : des services anglicans d'une noblesse exemplaire, et des motets latins où sourd une émotion plus secrète. Dans des pièces comme Ne irascaris Domine et sa seconde partie Civitas sancti tui, la désolation de Jérusalem déserte semble pleurer la communauté catholique anglaise réduite au silence. Byrd fait ainsi de la polyphonie un acte de foi autant qu'une œuvre d'art, et laisse à l'Angleterre son premier monument musical universel.

Le courant : l’École franco-flamande

À voir aussi