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Fontaine de Diane (Anet) — architecture utilitaire à Anet (28), monument historique (Classé MH)

Monument

Fontaine de Diane (Anet)

v. 1549-1552·Architecture utilitaire·Anet (28)·Classé MH

Contes, légendes & anecdotes

Diane de Poitiers (1499-1566) avait vingt ans de plus que Henri II — elle était née la même année que son futur amant royal naîtrait beaucoup plus tard. Elle fut sa maîtresse pendant plus de vingt ans, de 1538 à la mort du roi (1559). Quand Henri mourut lors d'un tournoi (blessé par la lance d'un de ses capitaines), Catherine de Médicis — l'épouse légitime — exigea immédiatement que Diane rende les joyaux de la couronne et quitta Anet pour Chenonceau (que Diane possédait). Diane se retira à Anet, conserva sa beauté légendaire jusqu'à sa mort à 66 ans. On disait qu'elle se baignait chaque matin dans l'eau froide pour préserver son teint. Sa fontaine lui survécut.

Histoire

La Fontaine de Diane du château d'Anet est l'un des chefs-d'œuvre de la sculpture décorative Renaissance française — et le seul vestige encore in situ d'un dispositif hydraulique et sculptural conçu par Philibert de l'Orme et Jean Goujon pour la résidence de Diane de Poitiers. Construite vers 1549-1552, elle représente Diane chasseresse couchée contre un cerf, entourée de chiens. La figure de bronze fondue par Benvenuto Cellini ou son atelier français (les attributions varient selon les spécialistes) est d'une qualité sculpturale exceptionnelle. La fontaine ornait la grande cour du château d'Anet — résidence que Henri II avait fait construire pour sa maîtresse Diane de Poitiers, gouvernante de ses enfants et véritable reine de la cour française pendant son règne. L'ensemble architectural du château d'Anet, aujourd'hui en grande partie détruit, est considéré comme l'œuvre fondatrice de l'architecture classique française.

À voir

Récit incarné

Anet, Eure-et-Loir. Le village du château de Diane de Poitiers — l'un des chefs-d'œuvre absolus de la Renaissance française, aujourd'hui en grande partie disparu. Du palais que Philibert de l'Orme construisit pour la favorite, il reste le portail d'entrée (transporté à l'École des Beaux-Arts de Paris), une aile et la chapelle. Et dans cette aile, ou dans les reconstructions ultérieures, la Fontaine de Diane.

Diane couchée contre son cerf. La déesse de la chasse dans sa pose classique — allongée, détendue, maîtresse de l'animal et de la forêt. Bronze doré qui captait la lumière dans la cour du château. Les chiens à ses pieds. L'eau qui coulait sous le cerf et remplissait le bassin.

Henri II aimait Diane depuis ses 19 ans. Elle en avait 39 — vingt ans de plus que lui. Leur liaison dura jusqu'à la mort du roi en 1559. Pendant vingt ans, Henri porta les initiales entrelacées D et H sur tous ses monuments — dans ses châteaux, sur ses armes, dans ses livres. La Fontaine de Diane est l'une des expressions les plus intimes de cet amour royal.

Lecture architecturale

La Fontaine de Diane est un groupe sculptural en bronze — Diane couchée contre un cerf, entourée de chiens — posé sur un socle de pierre calcaire. Le cerf a les pattes repliées sous lui dans une pose naturelle. La figure de Diane est d'un réalisme et d'une sensualité qui témoignent de la maîtrise de la sculpture de cour française vers 1550.

Symboles à observer

1. Diane et le cerf : la déesse de la chasse couchée contre son animal symbolique. La fusion entre la femme et la bête — la maîtresse de la nature, pas sa conquérante.

2. Les initiales entrelacées D et H : cherchez dans le décor architectural entourant la fontaine les initiales de Diane et Henri. Elles sont omniprésentes dans le château d'Anet.

3. Le croissant de lune : l'attribut de Diane — le croissant lunaire qui orne souvent sa tête ou ses armes. La lune, symbole de la femme et de la fertilité.

4. La qualité du bronze : observez le travail de la surface du bronze — la musculature du cerf, les détails du pelage des chiens, la draperie de Diane.

Anecdote mémorable

Après la mort de Henri II (1559), Catherine de Médicis — qui haïssait Diane de Poitiers depuis trente ans — lui fit rendre les joyaux de la couronne et la renvoya à Anet. Elle lui prit aussi Chenonceau. Diane vécut à Anet jusqu'à sa mort en 1566 — sept ans après la mort de son royal amant. Elle y entretint sa fontaine, ses jardins, sa chapelle funéraire. Elle mourut dans la maison que l'amour lui avait donnée et que le deuil lui avait laissée.

Contexte historique dense

Le château d'Anet (1547-1552) était la commande la plus ambitieuse de la Renaissance française après Fontainebleau — Philibert de l'Orme, revenu de Rome, construisit là son chef-d'œuvre. Les jardins, les pavillons, la chapelle, le portail d'entrée (avec son horloge et ses cerfs automates) formaient un ensemble d'une cohérence stylistique sans précédent en France. La Révolution détruisit la plus grande partie du château. La fontaine est l'un des rares survivants.

Échos artistiques

Musique : Hymne à Diane(poème de Ronsard mis en musique, v.1550) — Ronsard célébrait Diane de Poitiers dans ses vers. Peinture :Diane chasseresse (École de Fontainebleau, v.1550, Louvre) — le portrait allégorique de Diane de Poitiers en déesse. Architecture : le portail d'Anet (École des Beaux-Arts, Paris) — le portail d'entrée du château, démonté et remonté à Paris.

Pour aller plus loin

  • Château d'Anet (reste de l'aile et chapelle) — le fragment survivant du chef-d'œuvre de Philibert de l'Orme.
  • Château de Chenonceau (37, 80 km) — le château que Diane de Poitiers dut rendre à Catherine de Médicis.
  • Chartres (28, 30 km) — la cathédrale gothique et ses vitraux.

Pour aller plus loin

Œuvre Renaissance associée
Mignonne, allons voir si la rose
Guillaume Costeley · c.1550–1580

Fontaine de Diane (v.1549-1552) à Anet, commandée par Diane de Poitiers pour Henri II : Costeley met en musique les Amours de Ronsard dans le même esprit poétique et galant que la statuaire de Diane à Anet. Mignonne allons voir si la rose (texte de Ronsard), idéal pour le monument de la favorite royale.

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