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Chateau de Briancon — architecture civile à Grenoble (38), monument historique (Classé MH)

Monument

Chateau de Briancon

v. 1538-1558·Architecture civile·Grenoble (38)·Classé MH
Chateau de Briancon — architecture civile à Grenoble (38), monument historique (Classé MH) — vue 2

Contes, légendes & anecdotes

Lesdiguières (1543-1626), le plus grand capitaine du Dauphiné, connétable de France sous Louis XIII, naquit près de Gap et fit sa carrière militaire en Dauphiné. À Grenoble, il s'imposera comme seigneur de la ville — rénovant le palais de Villeurbanne et construisant des jardins. Sa présence dans la ville au début du XVIIe siècle coïncida avec les dernières années de l'hôtel de Briancon en tant que résidence privée. La Renaissance dauphinoise se prolongea ainsi bien au-delà du XVIe siècle, portée par des figures comme Lesdiguières.

Histoire

L'hôtel de Briancon est l'un des hôtels particuliers Renaissance les mieux conservés de Grenoble — une ville dont le tissu médiéval et Renaissance a été partiellement effacé par les grandes transformations des XIXe et XXe siècles. Construit vers 1538-1558 pour une famille de la noblesse dauphinoise (les Briancon, liés aux milieux parlementaires grenoblois), il présente une façade en calcaire urgonien des Alpes — cette pierre blanche et dure caractéristique des constructions grenobloises — articulée par des pilastres et ornée d'une belle galerie intérieure. Grenoble au XVIe siècle était la capitale du Dauphiné — province royale rattachée à la France en 1349 — avec son Parlement, sa Chambre des Comptes et son évêché. L'élite parlementaire dauphinoise construisait des hôtels qui reflétaient le contact avec les cultures italienne et savoyarde voisines.

À voir

Récit incarné

Grenoble, place Sainte-Claire. La ville dans sa cuvette alpestre — entourée de massifs montagneux sur trois côtés, ouverte vers la Isère au nord. L'hôtel de Briancon est dans la vieille ville — sa façade de calcaire blanc, ses pilastres, son portail.

Le calcaire urgonien de Grenoble est une pierre dure, blanche, à grain fin — très différente des calcaires tendres de la Loire ou de Provence. On la trouve dans les falaises qui dominent la ville — le Vercors, la Chartreuse, Belledonne. Construire en pierre locale, à Grenoble, c'est construire en montagne — dans la matière même des crêtes qui vous entourent.

Les pilastres et les médaillons de l'hôtel de Briancon sont taillés dans cette pierre dure avec une compétence qui témoigne d'ateliers grenoblois formés sur les chantiers du Parlement du Dauphiné voisin. La Renaissance dauphinoise a ses propres ateliers, ses propres traditions — influencées par le voisinage savoyard et les routes commerciales qui traversaient les Alpes.

Lecture architecturale

L'hôtel de Briancon est construit en calcaire urgonien (calcaire dur blanc à grain fin). La façade présente deux niveaux articulés par des pilastres ioniques et corinthiens. La galerie intérieure à arcades en plein cintre est la pièce la plus remarquable.

Symboles à observer

1. Le calcaire alpin : la pierre blanche et dure de Grenoble. Comparez avec le calcaire plus tendre de la Loire ou de Provence.

2. Les pilastres ioniques : au rez-de-chaussée, les chapiteaux à volutes. La rigueur ionique — sobriété et élégance.

3. La galerie intérieure : les arcades de la galerie dans la cour. La lumière qui entre par les arcades dans la cour dauphinoise.

4. Les montagnes voisines : depuis le toit ou les fenêtres hautes, le Vercors, la Chartreuse, Belledonne — les massifs qui entourent Grenoble depuis toujours.

Anecdote mémorable

Stendhal (1783-1842), natif de Grenoble, détestait sa ville natale avec un amour passionné. Dans Vie de Henry Brulard, il écrit : 'Je hais Grenoble, c'est ma ville natale, voilà pourquoi.' Cette ambivalence — haïr et aimer, partir et revenir par la pensée — est l'attitude de Stendhal envers la ville qui l'a formé. Les hôtels particuliers Renaissance de Grenoble, dont l'hôtel de Briancon, faisaient le décor de son enfance qu'il fuyait et qu'il décrivait avec une précision photographique.

Contexte historique dense

Grenoble au XVIe siècle était le centre administratif du Dauphiné — province royale dont les institutions (Parlement, Chambre des Comptes, Cour des Aides) attiraient une élite juridique et administrative. Les Briancon faisaient partie de cette élite. La construction de leur hôtel (v.1538-1558) s'inscrit dans la même dynamique que la construction du Palais du Parlement du Dauphiné voisin.

Échos artistiques

Musique : Branles des Alpes(danse alpine du XVIe siècle) — les danses des montagnards dauphinois. Peinture : Stendhal,Vie de Henry Brulard (autobiographie, 1835-1836) — la description de Grenoble au tournant du XVIIIe-XIXe siècle. Architecture : le Palais du Parlement du Dauphiné (Grenoble, 1539-1560) — à 200 mètres, l'institution dont les Briancon étaient membres.

Pour aller plus loin

  • Palais du Parlement du Dauphiné (Grenoble) — à 200 mètres.
  • Musée de Grenoble — l'une des plus riches collections de peintures de France.
  • Chartreuse de Voiron (38, 25 km) — le monastère et la liqueur des moines chartreux.

Pour aller plus loin

Œuvre Renaissance associée
Je suis deshéritée
Claude Le Jeune · c.1560–1600

Hôtel de Briancon (v.1538-1558) à Grenoble, ville du Dauphiné : Claude Le Jeune, humaniste dauphinois d'adoption (Valenciennes de naissance mais actif dans le Midi), convient à cet hôtel de la noblesse dauphinoise. Sa mélancolie humaniste correspond au registre de la noblesse de robe grenobloise.

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