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Cathédrale Notre-Dame de Grenoble — édifice religieux à Grenoble (Isère (38)) (38), monument historique (Classé MH)

✦ Monument ✦

Cathédrale Notre-Dame de Grenoble

XIe-XVIIe siècle (ciborium 1455-1457, mobilier Renaissance XVIe)·Religieux·Grenoble (Isère (38)) (38)·Classé MH
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À voir

La cathédrale Notre-Dame de Grenoble, cœur de l'évêché au pied des Alpes, conserve dans son chœur l'un des plus étonnants ouvrages de pierre de la fin du Moyen Âge : un ciborium monumental de quatorze mètres de haut, auquel s'ajoute un tabernacle Renaissance venu d'Italie. Ensemble, ils témoignent du moment où l'art gothique finissant laissait place aux formes nouvelles du XVIe siècle.

Un édifice aux strates multiples

La cathédrale de Grenoble résulte d'une longue sédimentation. Ses parties les plus anciennes remontent à l'époque romane et au Moyen Âge, et l'édifice fut maintes fois remanié. Longtemps englobée dans un ensemble de bâtiments, elle n'a retrouvé sa silhouette dégagée que récemment. Son intérieur sobre met d'autant mieux en valeur la pièce qui fait sa gloire : le grand ciborium du chœur, véritable architecture dans l'architecture, qui s'élance vers les voûtes comme une flèche de pierre.

Le ciborium, dentelle de pierre

Le ciborium fut commandé en 1455 par l'évêque Siboud Alleman, prélat soucieux de doter sa cathédrale d'un ouvrage d'exception. Taillé dans la pierre de Voreppe, il s'élève à quatorze mètres de hauteur et se présente comme une façade ornée, couronnée d'un clocheton que soutiennent des arcs-boutants décorés de crochets. Conçu dans le style gothique flamboyant, il constitue une véritable dentelle de pierre, où les réseaux ajourés, les gâbles et les pinacles se multiplient avec une virtuosité stupéfiante. Blanche à l'origine et rehaussée de rouge, cette structure abritait un tabernacle destiné à conserver l'Eucharistie. Œuvre de la charnière entre le Moyen Âge et la Renaissance, le ciborium de Grenoble compte parmi les plus hauts ouvrages de ce type conservés en France.

Des statues perdues

Le ciborium a malheureusement perdu l'ensemble de ses statues au cours des guerres de Religion, lorsque la cathédrale subit d'importantes déprédations. Les niches, aujourd'hui vides, laissaient autrefois deviner un programme sculpté complet, qui ajoutait à la richesse architecturale une dimension figurative. Malgré ces pertes, la structure conserve toute sa puissance évocatrice et demeure un chef-d'œuvre de la taille de pierre, témoignage de l'ambition des évêques de Grenoble à l'aube des temps modernes.

Un tabernacle Renaissance venu d'Italie

À l'élégance flamboyante du ciborium s'ajoute un élément pleinement Renaissance : le maître-autel présente un double tabernacle abrité sous un baldaquin, dont la partie supérieure, datée du XVIe siècle, provient du monastère de la Grande Chartreuse. Ce tabernacle avait été offert à la Chartreuse par la chartreuse de Pavie, l'un des hauts lieux de la Renaissance lombarde. Sa présence à Grenoble établit un lien direct avec l'Italie du Nord et le foyer artistique pavesan, réputé pour la finesse de ses marbres et de ses sculptures. Ce petit monument, par sa provenance et son style, introduit dans le chœur de la cathédrale l'écho des nouveautés transalpines qui gagnaient alors la France.

Entre deux mondes

La cathédrale de Grenoble offre ainsi un raccourci saisissant de la transition artistique du XVIe siècle. D'un côté, le ciborium de 1455 représente l'apogée du gothique flamboyant, cet art du détail et de l'élévation qui triompha dans les dernières décennies du Moyen Âge. De l'autre, le tabernacle importé de Pavie incarne le goût Renaissance, avec sa référence aux formes classiques et à l'art italien. Réunis dans un même chœur, ces deux ouvrages matérialisent le passage d'une esthétique à l'autre, et la manière dont les sanctuaires français s'ouvrirent progressivement aux modèles venus du Sud.

Un patrimoine à redécouvrir

Longtemps masquée par les constructions voisines, la cathédrale Notre-Dame de Grenoble a retrouvé sa place dans le paysage urbain et offre aujourd'hui aux visiteurs un parcours à travers les siècles. Le ciborium, par sa hauteur et sa finesse, reste l'une des curiosités majeures de la ville, tandis que le tabernacle italien rappelle les échanges artistiques qui irriguaient l'Europe de la Renaissance. Devant ces deux œuvres rapprochées, on mesure combien le Dauphiné, région de passage entre la France et l'Italie, fut un terrain propice à la rencontre des traditions et à l'éclosion d'un art nouveau.

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Fiche mise à jour le 10 octobre 2026

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