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Cathédrale Saint-Maurice de Vienne — édifice religieux à Vienne (Isère (38)) (38), monument historique (Classé MH)

✦ Monument ✦

Cathédrale Saint-Maurice de Vienne

1130-1533 (campagne Renaissance vers 1500-1533, sous Louis XII — François Ier)·Religieux·Vienne (Isère (38)) (38)·Classé MH
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Cathédrale Saint-Maurice de Vienne — édifice religieux à Vienne (Isère (38)) (38), monument historique (Classé MH) — vue 2
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À voir

La cathédrale Saint-Maurice de Vienne, dans l'Isère, fut le siège des puissants archevêques de Vienne, « primats des primats des Gaules ». Son chantier, l'un des plus longs de France, s'étira du XIIe siècle jusqu'au début du XVIe : la façade, achevée vers 1529, constitue l'ultime grande campagne, menée en plein temps de la Renaissance, avant que les guerres de Religion ne viennent meurtrir son décor.

Un chantier de quatre siècles

La construction du bâtiment actuel fut entreprise entre 1120 et 1150 dans le style roman, puis se poursuivit au fil des siècles en gothique. L'édifice combine ainsi des éléments des deux styles, du bas vers le haut et d'est en ouest, chaque génération ajoutant sa part. Cette lente progression explique l'extraordinaire unité relative d'un monument pourtant élevé sur une durée exceptionnelle. La façade occidentale, dernière à être construite, fut achevée vers 1529, c'est-à-dire sous le règne de François Iᵉʳ, en pleine floraison de la première Renaissance française.

La façade flamboyante et ses portails

La façade présente trois portails flamboyants au riche décor sculpté déployé dans les voussures. Statues, scènes historiées et motifs ornementaux s'y pressaient, dans la tradition des grands frontispices gothiques. Mais, achevée à la charnière des deux âges, cette façade appartient à ce moment où le flamboyant le plus virtuose côtoie l'arrivée des formes nouvelles. Elle fut longtemps l'une des plus belles de la vallée du Rhône, région que le trafic et les échanges ouvraient tôt aux influences italiennes.

La catastrophe de 1562

Le décor sculpté connut un sort tragique. Lors des guerres de Religion, les huguenots s'emparèrent de Vienne et dévastèrent la cathédrale : le 20 mars 1562, ils détruisirent la plupart des vitraux et l'ensemble des sculptures de la façade. Cet acte iconoclaste, commis l'année même où éclataient les premières guerres civiles, priva Saint-Maurice d'une grande part de son décor figuré. Ce que l'on voit aujourd'hui des portails porte encore la marque de ces mutilations, témoignage pierreux de la violence confessionnelle du XVIe siècle.

Permanences romanes et gothiques

À l'intérieur, l'édifice conserve la mémoire de ses campagnes successives. La partie orientale, la plus ancienne, garde des éléments romans du XIIe siècle, tandis que la nef et les parties hautes relèvent du gothique mûr. L'absence de transept donne au vaisseau une continuité majestueuse, qui court d'un seul tenant jusqu'au chevet. Les archevêques, grands seigneurs temporels autant que spirituels, avaient voulu un sanctuaire à la mesure de leur dignité, et le résultat demeure l'un des plus vastes de la région.

Statut et restaurations

Jadis siège de l'archevêché de Vienne, supprimé à la Révolution, la cathédrale est aujourd'hui cocathédrale du diocèse de Grenoble-Vienne. Elle est protégée au titre des monuments historiques depuis 1840. D'importantes campagnes de restauration ont été engagées à partir de 2006, dont la rénovation complète de la tour nord entre 2015 et 2017, afin de rendre à l'édifice sa stabilité et son éclat.

Vienne, ancienne capitale impériale romaine sur les bords du Rhône, avait conservé au Moyen Âge un prestige considérable grâce à son archevêché, l'un des plus anciens des Gaules. Le concile de Vienne, tenu en 1311-1312, qui prononça la dissolution de l'ordre du Temple, s'était d'ailleurs déroulé dans cette même cathédrale encore inachevée. Au XVIe siècle, la ville restait un pôle religieux de premier plan sur l'axe rhodanien, voie de passage majeure entre le nord du royaume et la Méditerranée, par où transitaient hommes, marchandises et idées nouvelles venues d'Italie.

Pour qui parcourt la Renaissance, Saint-Maurice de Vienne offre un double enseignement. Sa façade, achevée vers 1529, dit l'apogée d'un art flamboyant poussé jusqu'à l'extrême raffinement, à l'instant où l'Italie redéfinissait le goût. Et la date de 1562, gravée dans la chair même des sculptures mutilées, rappelle que ce même siècle, si fécond, fut aussi celui des déchirements qui anéantirent une partie de ce patrimoine. La cathédrale de Vienne est ainsi, tout ensemble, l'aboutissement d'un long rêve gothique et une victime des fureurs du temps : elle donne à lire, sur une seule façade, la grandeur et le drame de la Renaissance française.

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Fiche mise à jour le 10 octobre 2026

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