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Le Jardin botanique de Leyde

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Le Jardin botanique de Leyde

1590 (fondation) / 1594 (aménagement par Clusius)·jardin

C'est un rectangle de terre grand comme un mouchoir, derrière l'université de Leyde, et c'est l'un des lieux les plus importants de l'histoire des sciences. Fondé en 1590, l'Hortus botanicus est le plus ancien jardin botanique d'Europe occidentale encore en activité. C'est ici que la botanique moderne a pris racine — et ici, littéralement, que la tulipe s'est plantée dans le sol hollandais.

Le jardin de Clusius

La jeune université de Leyde, fondée en 1575 par Guillaume d'Orange pour récompenser la ville de sa résistance au siège espagnol, voulut un jardin de simples pour enseigner la médecine. Elle appela en 1593 le plus grand botaniste d'Europe, le Flamand Carolus Clusius (Charles de l'Écluse), qui dessina et planta le jardin en 1594. Mais Clusius rêvait plus grand qu'un carré d'herbes médicinales : il voulait rassembler toutes les plantes connues. Son Hortus devint un laboratoire du monde, où affluaient par les navires de la jeune puissance marchande des espèces jamais vues — la pomme de terre, la tomate, le tabac, et par-dessus tout la tulipe, venue de l'Empire ottoman. Clusius étudia ses bulbes, les acclimata, et posa sans le vouloir les fondations de l'industrie hollandaise du bulbe — et, une génération plus tard, de la folie spéculative de la tulipomanie. Le petit jardin qu'on voit aujourd'hui, le Clusiustuin, est une restitution soignée (1931) du tracé de 1594.

Voir un jardin autrement

Ici, chaque parterre est une page de science. Ce n'est pas un jardin d'agrément à la française ni un parc paysager : c'est une bibliothèque vivante, ordonnée par familles et par provenances, où la beauté naît de la classification. Regarde les tulipes du Clusiustuin comme les regardaient les savants de 1594 : non comme des fleurs, mais comme des énigmes venues d'ailleurs, dont la « flamme » panachée (on sait aujourd'hui qu'elle était due à un virus) affolait les curieux. Le jardin dit tout d'un pays : une petite république marchande qui, faute d'empire, se fit empire du savoir, rapportant le monde en bulbes et en graines pour l'étudier chez elle.

Le saviez-vous ?

Clusius, jaloux de ses tulipes, refusait d'en vendre les bulbes. La légende veut qu'on les lui vola dans le jardin de Leyde — et que ce vol, en dispersant ses fleurs, ait allumé la mèche de la tulipomanie qui embrasa la Hollande vers 1636-37.

Histoire

C'est un rectangle de terre grand comme un mouchoir, derrière l'université de Leyde, et c'est l'un des lieux les plus importants de l'histoire des sciences. Fondé en 1590, l'Hortus botanicus est le plus ancien jardin botanique d'Europe occidentale encore en activité. C'est ici que la botanique moderne a pris racine — et ici, littéralement, que la tulipe s'est plantée dans le sol hollandais.

Le jardin de Clusius

La jeune université de Leyde, fondée en 1575 par Guillaume d'Orange pour récompenser la ville de sa résistance au siège espagnol, voulut un jardin de simples pour enseigner la médecine. Elle appela en 1593 le plus grand botaniste d'Europe, le Flamand Carolus Clusius (Charles de l'Écluse), qui dessina et planta le jardin en 1594. Mais Clusius rêvait plus grand qu'un carré d'herbes médicinales : il voulait rassembler toutes les plantes connues. Son Hortus devint un laboratoire du monde, où affluaient par les navires de la jeune puissance marchande des espèces jamais vues — la pomme de terre, la tomate, le tabac, et par-dessus tout la tulipe, venue de l'Empire ottoman. Clusius étudia ses bulbes, les acclimata, et posa sans le vouloir les fondations de l'industrie hollandaise du bulbe — et, une génération plus tard, de la folie spéculative de la tulipomanie. Le petit jardin qu'on voit aujourd'hui, le Clusiustuin, est une restitution soignée (1931) du tracé de 1594.

Voir un jardin autrement

Ici, chaque parterre est une page de science. Ce n'est pas un jardin d'agrément à la française ni un parc paysager : c'est une bibliothèque vivante, ordonnée par familles et par provenances, où la beauté naît de la classification. Regarde les tulipes du Clusiustuin comme les regardaient les savants de 1594 : non comme des fleurs, mais comme des énigmes venues d'ailleurs, dont la « flamme » panachée (on sait aujourd'hui qu'elle était due à un virus) affolait les curieux. Le jardin dit tout d'un pays : une petite république marchande qui, faute d'empire, se fit empire du savoir, rapportant le monde en bulbes et en graines pour l'étudier chez elle.

Contes et légendes

Clusius, jaloux de ses tulipes, refusait d'en vendre les bulbes. La légende veut qu'on les lui vola dans le jardin de Leyde — et que ce vol, en dispersant ses fleurs, ait allumé la mèche de la tulipomanie qui embrasa la Hollande vers 1636-37.

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