Histoire de l'art — Contexte & Singularité
Niobé s'était vantée d'avoir plus d'enfants que la déesse Latone : pour la punir, Apollon et Diane abattent un à un ses quatorze enfants à coups de flèches. Abraham Bloemaert, jeune Utrechtois de vingt-cinq ans, en fait une scène de chaos et d'effroi, jonchée de corps qui s'effondrent. C'est un morceau de bravoure maniériste, où le peintre se mesure ouvertement à son modèle, Cornelis van Haarlem.
Guide du regard — la pluie de flèches Levez d'abord les yeux vers le ciel : Apollon et Diane, sur les nuées, décochent leurs traits. Puis redescendez vers la terre jonchée de victimes. Bloemaert relie le haut et le bas par la trajectoire des flèches, organisant le massacre en une composition à la fois éclatée et lisible.
Guide du regard — corps en tous sens Détaillez les poses des enfants abattus : tordus, renversés, raccourcis, chacun dans une attitude différente. Comme Cornelis van Haarlem au même moment, Bloemaert traite la scène tragique comme un répertoire de nus en mouvement. Les carnations claires se détachent sur des fonds sombres et orageux.
Le saviez-vous ?
À vingt-cinq ans, Bloemaert imite de si près Cornelis van Haarlem qu'on a longtemps rapproché les deux artistes. Il deviendra pourtant le grand maître d'Utrecht du siècle suivant, formant des dizaines d'élèves (dont plusieurs « caravagesques d'Utrecht »). En 1596, il peint un autre chef-d'œuvre maniériste, Moïse faisant jaillir l'eau du rocher, aujourd'hui au Metropolitan de New York.
Sources
- 1.Statens Museum for Kunst (SMK), Copenhague, Danemark, inv. à confirmer auprès du SMK

