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Portrait de Henry Howard, comte de Surrey

✦ Illustre ✦

Henry Howard, comte de Surrey

1517-1547·poète et noble

Sur les pas de Henry Howard, comte de Surrey — ses œuvres & ses lieux sur la carte →

Contributions & œuvres

Fils aîné du duc de Norfolk, cousin de deux reines (Anne Boleyn et Catherine Howard), Henry Howard, comte de Surrey, appartient à la plus haute aristocratie des Tudor. Élevé auprès du fils naturel d'Henri VIII, soldat et courtisan brillant, il est aussi, avec son aîné Thomas Wyatt, le second père de la poésie lyrique anglaise moderne. Surrey perfectionne le sonnet importé par Wyatt et lui donne la forme qui fera fortune : trois quatrains à rimes croisées suivis d'un distique final — la structure que Shakespeare adoptera, au point qu'on la nomme parfois « sonnet anglais ». Surtout, traduisant deux chants de l'Énéide de Virgile, il invente le vers blanc anglais — le pentamètre iambique non rimé —, l'instrument même sur lequel reposera tout le théâtre élisabéthain. Ses poèmes, élégies, sonnets et paraphrases circulent en manuscrit puis paraissent, comme ceux de Wyatt, dans Tottel's Miscellany (1557), dix ans après sa mort.

Anecdote mémorable

Ce qui envoie Surrey à l'échafaud n'est pas un complot, mais un blason. Fier de descendre des Plantagenêts, le comte fit peindre sur ses armes les insignes d'Édouard le Confesseur, roi anglo-saxon canonisé — un privilège quasi royal. À une cour où Henri VIII mourant tremblait pour la succession de son fils, le geste parut une revendication dynastique. Ce détail d'héraldique devint le cœur de l'accusation de trahison. Condamné, Surrey fut décapité sur Tower Hill le 19 janvier 1547. Neuf jours plus tard, le roi lui-même mourait : son père, le duc de Norfolk, qui devait être exécuté le lendemain matin, fut sauvé in extremis par cette mort. L'homme qui avait donné son mètre à la poésie anglaise périt pour un ornement peint sur un écu.

Influences reçues

Il hérite directement de Wyatt, son aîné, pour le sonnet pétrarquien, et de Virgile, dont la traduction de l'Énéide le conduit au vers blanc. La poésie italienne de cour et l'humanisme classique nourrissent sa manière ; l'exemple du Dauphin et des cours continentales façonne son idéal aristocratique.

Influences exercées

Il fixe la forme du sonnet anglais (trois quatrains + distique) que Shakespeare rendra célèbre, et invente le vers blanc, mètre de tout le grand théâtre élisabéthain et de la poésie narrative anglaise jusqu'à Milton. Avec Wyatt, il est la source dont boit toute la lyrique des années 1580-1600.

Importance historique

Surrey lègue à l'anglais deux de ses outils poétiques les plus féconds : la forme du sonnet dit « anglais » ou « shakespearien », et le vers blanc. Cette double invention, née de son travail de traducteur et de son oreille, structure pour des siècles la poésie et le théâtre : sans le pentamètre non rimé de Surrey, ni Marlowe ni Shakespeare n'auraient eu leur mètre. Il affine aussi une voix poétique plus fluide et plus classique que celle de Wyatt. Mais le poète est indissociable du grand seigneur, et c'est son orgueil nobiliaire qui le perd. Fier jusqu'à l'arrogance de son sang royal — les Howard descendaient d'Édouard Iᵉʳ —, il déplaît à un Henri VIII vieillissant et soupçonneux, qui redoute que sa maison ne supplante les Tudor à la régence du futur Édouard VI. Accusé de trahison sur un motif ténu — avoir écartelé dans son blason les armes royales d'Édouard le Confesseur, prérogative qu'on jugea usurpée —, il est jugé et décapité à la Tour le 19 janvier 1547. Son père n'échappa à l'échafaud que parce que le roi mourut neuf jours plus tard. Le fondateur du vers blanc anglais n'avait pas trente ans.

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