
✦ Illustre ✦
Pieter Corneliszoon Hooft
poète, dramaturge & historien
Contributions & œuvres
Poète de l'amour, dramaturge, et surtout historien d'une prose souveraine, P. C. Hooft fut l'un des plus grands écrivains de langue néerlandaise, celui qui donna à sa langue une élégance nouvelle. Homme du monde autant qu'homme de lettres, il fit de sa résidence de Muiden le foyer de toute l'intelligence de son temps.
Le fils du bourgmestre, homme de la Renaissance
Né à Amsterdam en 1581, fils du puissant bourgmestre Cornelis Hooft, Pieter reçut l'éducation d'un jeune patricien : un long voyage en France et surtout en Italie (1598-1601), qui le marqua à jamais. Il en revint pétri de Pétrarque, de l'Arioste, du Tasse et de la poésie amoureuse italienne, dont il acclimata les formes en néerlandais. Nommé en 1609 drost (bailli) de Muiden et gouverneur du Gooiland, il s'installa au Muiderslot, château médiéval au bord du Zuiderzee, où il exerça ses charges avec conscience et écrivit. Poète, il chanta l'amour avec une musicalité inédite ; dramaturge, il donna des tragédies (Geeraerdt van Velsen, Baeto) et une comédie (Warenar) qui comptent parmi les fondations du théâtre néerlandais.
Le Muiderkring, l'historien — et sa part d'ombre
Autour de Hooft se forma, au Muiderslot, ce que la tradition appelle le Muiderkring (« cercle de Muiden ») : une réunion informelle de poètes, savants et musiciens — Vondel, Bredero, Constantijn Huygens, les sœurs Visscher, entre autres — qui firent de ce château un salon des Muses avant la lettre. La grande œuvre de sa maturité fut cependant en prose : les Nederlandsche Historiën, monumentale histoire de la révolte des Pays-Bas contre l'Espagne, modelée sur le style serré et grave de l'historien romain Tacite. Là est aussi sa part d'ombre pour le lecteur : à force d'imiter le latin de Tacite, Hooft écrivit un néerlandais si dense, si contourné, si savamment latinisé que ses contemporains eux-mêmes le trouvèrent ardu, et que peu le lisent encore sans effort. Ce chef-d'œuvre de style est aussi un monument un peu froid : Hooft y sacrifia parfois la clarté à la beauté de la phrase. Reste qu'il prouva, définitivement, que le néerlandais pouvait rivaliser avec les grandes langues classiques.
Infos / repères
Pieter Corneliszoon Hooft naquit à Amsterdam en 1581 et mourut à La Haye en 1647. Poète, dramaturge et historien, drost de Muiden, il anima le Muiderkring et écrivit les Nederlandsche Historiën, sommet de la prose néerlandaise inspiré de Tacite. Le grand prix des lettres néerlandaises (P.C. Hooft-prijs) porte son nom.
Anecdote mémorable
Le « cercle de Muiden » (Muiderkring) est peut-être en partie une légende romantique : les historiens débattent de sa réalité comme cénacle organisé. Mais une chose est sûre — le Muiderslot de Hooft accueillit bel et bien, au fil des ans, la fine fleur des lettres et des arts des Provinces-Unies, poètes et savants venus dîner, lire leurs vers, faire de la musique. Ce château au bord de l'eau reste, dans la mémoire néerlandaise, le symbole même de l'âge d'or littéraire.
Importance historique
Poète de l'amour, dramaturge, et surtout historien d'une prose souveraine, P. C. Hooft fut l'un des plus grands écrivains de langue néerlandaise, celui qui donna à sa langue une élégance nouvelle. Homme du monde autant qu'homme de lettres, il fit de sa résidence de Muiden le foyer de toute l'intelligence de son temps.
