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Sur les pas de Richard Hakluyt — ses œuvres & ses lieux sur la carte →
Contributions & œuvres
Ecclésiastique formé à Oxford, Richard Hakluyt consacra sa vie à une passion unique : rassembler, traduire et publier les récits des voyages et des découvertes anglaises, pour nourrir l'ambition maritime de son pays. Il débute en 1582 avec « Divers Voyages Touching the Discoverie of America », puis rédige en 1584, à la demande de Walter Raleigh, un « Discourse Concerning Western Planting », mémoire confidentiel adressé à la reine pour justifier la colonisation de l'Amérique du Nord. Son œuvre maîtresse est « The Principall Navigations, Voiages and Discoveries of the English Nation » (1589), vaste compilation qu'il augmente entre 1598 et 1600 en trois volumes monumentaux. Il y réunit journaux de bord, lettres, relations de marchands et de capitaines, dont beaucoup auraient sans lui disparu. Conseiller des compagnies de commerce et de la Virginia Company, il met son savoir géographique au service des entreprises coloniales. Prébendier puis archidiacre de Westminster, il meurt en 1616 et est inhumé dans l'abbaye.
Anecdote mémorable
Hakluyt situait lui-même la naissance de sa vocation dans une scène d'enfance précise. Rendant visite à un cousin aîné, juriste à Londres, il aperçut sur une table des livres de cosmographie et un atlas ouvert ; le cousin lui montra les océans, les royaumes et les routes du commerce du monde, puis lui lut un verset des Psaumes sur ceux qui « descendent sur la mer dans des navires ». Ému par cette leçon, le jeune garçon décida, dit-il, de consacrer sa vie à cette « connaissance de la littérature des voyages ». De cette conversation naquit l'œuvre d'une vie.
Influences reçues
Éveillé à la géographie, selon son propre récit, par la vue des cartes et d'un atlas chez un cousin juriste, Hakluyt se forma à Oxford et puisa dans les grands cosmographes de la Renaissance, continentaux et anglais. L'entourage de Walter Raleigh et les milieux marchands de Londres orientèrent son engagement en faveur de l'expansion coloniale.
Influences exercées
Il façonna l'imaginaire maritime et colonial de l'Angleterre, inspirant les compagnies de commerce et les fondateurs de la Virginie. Son recueil devint la source de référence sur les voyages anglais, et son nom survit dans la Hakluyt Society, qui publie encore les récits de voyages historiques. Les historiens de la navigation lui doivent une documentation irremplaçable.
Importance historique
Hakluyt est le grand archiviste de l'épopée maritime anglaise, celui qui transforma une poussière de récits épars en une mémoire nationale et en un programme d'avenir. Son audace ne fut pas celle du navigateur mais celle du propagandiste visionnaire : persuadé que l'Angleterre avait un destin océanique, il employa la plume et l'érudition pour convaincre souverains, marchands et aventuriers de regarder vers l'ouest. En sauvant de l'oubli les témoignages de centaines de voyages, il offrit à son pays le socle documentaire de son expansion future et aux historiens une source irremplaçable sur les débuts de la mondialisation. Son « Discourse Concerning Western Planting », longtemps resté secret, est l'un des premiers manifestes raisonnés de la colonisation anglaise de l'Amérique. La nuance de son œuvre tient précisément là : derrière l'érudit se cache un idéologue de l'empire, qui voyait dans la conquête des terres lointaines un intérêt commercial, religieux et stratégique, sans mesurer le sort des peuples qu'elle allait bouleverser. Reste que, sans Hakluyt, une part immense de l'aventure des découvreurs anglais nous serait aujourd'hui inconnue. La Hakluyt Society, fondée au XIXᵉ siècle et toujours active, perpétue son nom et sa mission.

