À voir
La cathédrale Notre-Dame de Chartres est l'un des sommets absolus de l'art médiéval, un vaisseau de pierre et de verre que l'on aperçoit de très loin, émergeant de la plaine de Beauce. Pèlerins, historiens et amateurs du monde entier viennent y chercher ses verrières du XIIIe siècle et ses portails peuplés de figures. Mais l'édifice ne s'est pas figé au Moyen Âge : la Renaissance y a laissé deux empreintes majeures, une flèche et une clôture de chœur, que l'on oublie trop souvent de regarder.
Le vaisseau gothique
L'essentiel de la cathédrale fut élevé en une campagne d'une rapidité exceptionnelle, au début du XIIIe siècle, après l'incendie de 1194 qui avait ravagé l'édifice antérieur. En une trentaine d'années s'imposa l'unité de style qui fait sa gloire : nef ample, hautes verrières, triple élévation, une structure que l'on tient pour l'archétype du gothique classique. La consécration solennelle eut lieu en 1260. Les quelque cent soixante verrières médiévales, le Portail royal et les portails des transepts composent le plus complet des programmes iconographiques conservés de son temps.
L'empreinte de la Renaissance : la flèche de Jehan de Beauce
Les deux tours de la façade disent à elles seules le passage des siècles. Au sud s'élève une flèche romane sobre, d'environ cent cinq mètres. Au nord se dresse une flèche flamboyante bien plus ouvragée, culminant à près de cent quinze mètres : l'ancien clocher ayant été foudroyé, il fut reconstruit au début du XVIe siècle par l'architecte Jehan de Beauce et achevé en 1513. Sa dentelle de pierre, ses pinacles et ses crochets marquent l'irruption du goût flamboyant sur une façade romane, contraste que l'œil perçoit immédiatement.
Le tour du chœur, chef-d'œuvre sculpté
C'est au même Jehan de Beauce que l'on doit la plus fastueuse addition Renaissance de l'édifice : la clôture monumentale qui ceinture le chœur, entreprise à partir de 1514. Cette ceinture de pierre, dont l'achèvement s'étira sur près de deux siècles, déroule une suite de scènes sculptées de la vie de la Vierge et du Christ, abritées sous des dais finement ouvragés. Le vocabulaire flamboyant du début y cède peu à peu la place aux motifs Renaissance, pilastres et rinceaux, au fil de l'avancée du chantier. On y suit, groupe après groupe, un véritable récit de pierre, d'une délicatesse qui tranche avec la monumentalité du vaisseau. Longue d'une quarantaine de scènes, cette clôture compte parmi les plus vastes réalisations de ce genre en France, et illustre à merveille la manière dont l'ornement Renaissance put s'épanouir à l'intérieur d'une structure gothique sans en rompre l'équilibre. Les costumes, les coiffures et les architectures peintes dans la pierre y offrent aussi un précieux témoignage sur la vie et le goût du début du XVIe siècle.
Ce qu'il faut voir
Le visiteur lève les yeux vers les verrières, et c'est justice. Mais il faut aussi contourner lentement le chœur pour détailler la clôture sculptée : y repérer le passage du flamboyant aux ornements Renaissance, s'arrêter sur l'expressivité des visages et la minutie des dais. Depuis le parvis, on comparera les deux flèches, l'austère romane et la flamboyante du XVIe siècle, pour mesurer combien la Renaissance a su s'inscrire dans un ensemble médiéval sans le trahir.
Le saviez-vous ?
Jehan de Beauce, maître d'œuvre attaché à la cathédrale, incarne ce moment charnière où l'art français, encore attaché au flamboyant, s'ouvre aux formes nouvelles venues d'Italie. Sa flèche nord et son tour de chœur furent conçus presque simultanément, dans les années 1510 : deux ouvrages où se lit la transition stylistique du règne de Louis XII et des débuts de François Iᵉʳ.
Classée au titre des monuments historiques en 1862, la cathédrale est inscrite depuis 1979 sur la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO, reconnue comme l'expression la plus achevée de la culture chrétienne médiévale. Mais au-delà de son incomparable héritage du XIIIe siècle, Chartres offre aussi, à qui sait regarder, deux pages de la Renaissance française : une flèche ciselée contre le ciel et une clôture de chœur où la pierre se fait récit. Ces ajouts du XVIe siècle, loin d'être des pièces rapportées, prolongent le geste des bâtisseurs médiévaux et montrent qu'une grande cathédrale ne cesse jamais tout à fait de se faire, d'une génération à l'autre, au gré des goûts et des besoins de chaque âge.
Histoire
HISTOIRE : Chef-d'œuvre du gothique français (XIIe-XIIIe s.). 176 vitraux médiévaux originaux — ensemble le mieux conservé au monde. Ce site est inscrit au Patrimoine Mondial de l'UNESCO. Pour l'histoire complète, consultez la fiche officielle sur whc.unesco.org et l'article Wikipedia correspondant.
Anecdotes — voir Wikipedia et sources locales
Contes, légendes & anecdotes
LÉGENDES ET TRADITIONS : Ce site est porteur de traditions et légendes locales. Consultez des sources régionales et l'article Wikipedia 'Cathédrale de Chartres' pour les contes, symbolismes et anecdotes associés.
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Fiche mise à jour le 10 octobre 2026
















