HitsMap
Église Notre-Dame de Pencran (enclos paroissial) — édifice religieux à Pencran (Finistère (29)) (29), monument historique (Classé MH)

✦ Monument ✦

Église Notre-Dame de Pencran (enclos paroissial)

1521-1635 (François Ier — Louis XIII)·Religieux·Pencran (Finistère (29)) (29)·Classé MH
◄ Tous les sites Renaissance en Bretagne
Église Notre-Dame de Pencran (enclos paroissial) — édifice religieux à Pencran (Finistère (29)) (29), monument historique (Classé MH) — vue 2
Église Notre-Dame de Pencran (enclos paroissial) — édifice religieux à Pencran (Finistère (29)) (29), monument historique (Classé MH) — vue 3

Sur place ? Réclamez votre carte et vos points de visite.

À voir

Dans la campagne du Léon, à quelques kilomètres de Landerneau, l'enclos paroissial de Pencran compose l'un de ces ensembles bretons où toute une communauté a gravé sa foi dans la pierre. Autour de l'église Notre-Dame se pressent calvaires, ossuaire, porte triomphale et mur d'enceinte, formant ce théâtre sacré typique de la Bretagne. Le cœur de sa richesse appartient à la Renaissance : un porche sculpté de 1553, chef-d'œuvre d'un atelier de tailleurs d'images parmi les plus réputés de la région.

L'enclos, un théâtre de pierre

L'enclos paroissial est une invention bretonne où l'espace sacré est clos par un mur, auquel on accède par une porte monumentale, et qui rassemble autour de l'église les signes de la vie et de la mort chrétiennes : le calvaire pour la Passion, l'ossuaire pour les défunts. À Pencran, l'ensemble comprend l'église Notre-Dame, sa sacristie, deux calvaires, un ossuaire et la porte triomphale. La nef et le chœur de l'église remontent à la première moitié du XVIe siècle, et l'ensemble fut classé au titre des monuments historiques en 1990.

Le porche sculpté de 1553

Le joyau de l'enclos est son porche sud, daté de 1553, pur produit de la Renaissance bretonne. Son portail superpose les arcs : d'abord un arc en anse de panier, puis un arc en plein cintre, couronnés d'une accolade décorée. Le décor sculpté y est d'une rare richesse. Les voussures accueillent anges et évangélistes ; les niches des contreforts abritent des statues de saints ; et surtout, les archivoltes déroulent des scènes de l'Ancien Testament : Adam et Ève, Caïn et Abel, Noé. Cet art, travaillé dans le kersanton, cette pierre volcanique sombre et dure du Léon qui se prête aux détails les plus fins, est attribué à l'atelier de Bastien Prigent et de son frère Henry, installés à Landerneau et actifs de 1527 à 1577. C'est à cet atelier de renom que l'on doit le porche de Pencran, livré en 1553.

Les calvaires et l'ossuaire

L'enclos conserve deux calvaires sculptés. Celui situé au nord remonte au premier quart du XVIe siècle, celui du sud au cours du même siècle : croix monumentales peuplées de personnages de la Passion, propres à la statuaire bretonne. L'ossuaire, lui, est daté de 1594 ; il servit plus tard à d'autres usages, abritant notamment la mairie au XIXe siècle. À l'intérieur de l'église, les sablières, ces poutres de bois courant à la base de la charpente, portent un décor sculpté peuplé de figures et de rinceaux, autre marque du savoir-faire des ateliers bretons du XVIe siècle. L'ensemble forme un raccourci saisissant de la dévotion populaire bretonne à la fin de la Renaissance.

Ce qu'il faut voir

Il faut s'approcher du porche sud et lire, pièce par pièce, son programme sculpté : repérer Adam et Ève, Caïn et Abel, Noé dans les voussures, les anges et les évangélistes, puis les statues des saints logées dans les contreforts. On admirera la netteté du kersanton, qui a gardé l'arête vive des ciseaux des Prigent après presque cinq siècles. On circulera ensuite autour des deux calvaires pour en détailler les figures, avant de gagner l'ossuaire de 1594 et de franchir la porte triomphale qui marque l'entrée dans l'espace sacré. À l'intérieur de l'église, on cherchera du regard les sablières sculptées et le mobilier ancien.

Le saviez-vous ?

L'atelier des Prigent, à Landerneau, fut l'une des grandes officines de la sculpture monumentale bretonne du XVIe siècle. On reconnaît sa main à travers tout le Léon, de porche en calvaire, grâce à un style vigoureux et à une prédilection pour le kersanton. Pencran, avec son porche daté de 1553, offre l'un des jalons les mieux documentés de cette production, où la Renaissance s'exprime moins par des pilastres antiquisants que par l'ampleur narrative et la vigueur plastique des scènes bibliques.

Classé en 1990, l'enclos de Pencran demeure l'un des ensembles les plus homogènes et les plus attachants du Léon. Il raconte, dans la pierre sombre du pays, la foi d'une paroisse rurale qui, au siècle de la Renaissance, se dota d'un décor digne des plus grandes, confié aux meilleurs imagiers de son temps.

Votre avis nous dit quoi améliorer : les photos, le texte, la position.

Fiche mise à jour le 10 octobre 2026

Pour aller plus loin