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La Ville haute de Bar-le-Duc — architecture civile à Bar-le-Duc (55)

✦ Monument ✦

La Ville haute de Bar-le-Duc

XVIe siècle·Architecture civile·Bar-le-Duc (55)
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Quiz du monument

Quelle célèbre sculpture Renaissance, attribuée à Ligier Richier, se trouve dans la Ville haute de Bar-le-Duc ?

À voir

Perchée sur son éperon, la Ville haute de Bar-le-Duc forme l'un des ensembles urbains de la Renaissance les plus remarquables et les plus complets de France. Là où d'autres cités n'ont conservé qu'un hôtel ou une façade, Bar-le-Duc a gardé tout un quartier : des rues entières bordées de demeures du XVIe siècle, une place qui fut le théâtre de la vie noble, un collège que Montaigne jugea le plus beau de France. Capitale du duché de Bar, longtemps liée à la Lorraine, la ville a vu sa noblesse et sa bourgeoisie rivaliser de magnificence sur la hauteur, laissant un décor de pierre d'une rare cohérence.

La place Saint-Pierre, salon à ciel ouvert

Dans sa configuration actuelle, la place Saint-Pierre existe depuis la Renaissance. Elle était bordée par le bloc des halles, lieu du marché, et par les hôtels de l'ancienne noblesse de la ville. Ces demeures, édifiées pour l'essentiel aux XVIe et XVIIe siècles en remplacement de constructions médiévales, virent leurs ouvertures remaniées au XVIIIe siècle pour plus de confort. La place s'ordonne autour de l'église Saint-Étienne et compose un décor théâtral où chaque façade dialogue avec ses voisines. On y lit, sculptés dans le calcaire, le vocabulaire complet de la Renaissance : frontons ornés, pilastres cannelés, gargouilles en encorbellement, niches et médaillons.

Un quartier d'hôtels particuliers

Autour de la place et le long de la rue des Ducs de Bar, le quartier conserve un exceptionnel ensemble d'hôtels particuliers protégés, érigés aux XVIe et XVIIe siècles. Les façades y déploient l'art des sculpteurs locaux, nourris par la grande tradition lorraine du travail de la pierre. Au-dessus de ce quartier élevé subsistent des vestiges plus anciens, comme la tour de l'Horloge et la porte romane, qui rappellent l'origine castrale et médiévale du site, antérieure à la floraison Renaissance. L'ancien château des ducs, dit le Neuf Castel, remanié au XVIe siècle, domine l'ensemble et abrite aujourd'hui le musée barrois.

Le collège Gilles-de-Trèves

Joyau du quartier, le collège Gilles-de-Trèves fut fondé par le doyen de la collégiale Saint-Maxe, Gilles de Trèves, qui le fit construire à partir de 1573 pour instruire les enfants de la ville et contrer les effets de la Réforme protestante. Achevé vers 1574-1576, il n'ouvrit ses portes qu'en 1582, après la mort de son fondateur. L'édifice s'organise autour d'une cour intérieure bordée de deux galeries superposées, surmontées de balcons à balustrades de pierre sculptée, aux motifs d'inspiration flamande. La façade sur jardin présente des fenêtres à meneaux dont l'une porte, sur son fronton, les armes du fondateur. La toiture est percée de lucarnes jumelées à frontons triangulaires, et couronnée d'un petit clocheton qui abrite deux cloches, datées respectivement de 1628 et de 1776. L'édifice associe ainsi la structure traditionnelle de l'hôtel à galeries et le répertoire décoratif venu d'Italie et des Flandres, caractéristique de la Renaissance du Nord-Est. En 1580, de passage dans la ville, Michel de Montaigne qualifia ce logis de plus belle maison de France, jugement d'un homme qui avait pourtant parcouru l'Italie et bien des demeures du royaume.

Ligier Richier et le génie de la pierre

La Ville haute ne se comprend pas sans l'ombre de Ligier Richier, le grand sculpteur meusien de la Renaissance. L'église Saint-Étienne conserve son chef-d'œuvre, le Transi, squelette dressé qui représente le corps décomposé de René de Chalon, prince d'Orange, tenant son cœur vers le ciel : saisissante méditation sur la mort et la résurrection, elle compte parmi les sommets de la sculpture française du XVIe siècle. La même église abrite une représentation du Christ entre les deux larrons également attribuée à l'artiste. Richier incarne cette alliance barroise entre savoir-faire technique et profondeur spirituelle.

Un ensemble vivant

Ce qui frappe à Bar-le-Duc, c'est la densité : on ne visite pas un monument isolé, mais un paysage urbain tout entier modelé par le XVIe siècle, où les grandes demeures des serviteurs des ducs ont survécu en nombre. La Ville haute offre ainsi une leçon d'architecture civile, montrant comment une capitale princière de l'Est a adopté, et réinterprété avec les sculpteurs lorrains, le langage de la Renaissance. Elle demeure l'un des rares endroits où l'on peut encore marcher, rue après rue, dans la ville du XVIe siècle.

Histoire

La Ville haute de Bar-le-Duc forme l'un des ensembles urbains Renaissance les plus remarquables de France. Si l'histoire du site remonte au Xe siècle, quand les comtes de Bar y bâtirent château et ville forte face au royaume de France, c'est au XVIe siècle que le quartier prend son visage : la période la plus prospère, politiquement et culturellement, de la cité.

Autour de la place Saint-Pierre et de la rue des Ducs de Bar se déploient des hôtels particuliers aux frontons sculptés, aux pilastres cannelés et aux gargouilles saillantes. L'homogénéité architecturale de l'ensemble, exceptionnellement préservée, est aujourd'hui protégée par un secteur sauvegardé : Bar-le-Duc est labellisée « Ville d'art et d'histoire ».

Contes, légendes & anecdotes

Sur la place Saint-Pierre, l'église Saint-Étienne abrite « Le Transi », saisissante sculpture attribuée à Ligier Richier : un écorché qui dresse son bras gauche vers son cœur. La rue des Ducs de Bar bordée d'hôtels du XVIe siècle était l'artère aristocratique de la ville haute.

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Fiche mise à jour le 10 octobre 2026

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