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Portrait de Andrea Bregno

✦ Illustre ✦

Andrea Bregno

v.1418–1506·sculpteur

Contributions & œuvres

Venu du lac de Lugano et formé à la lombarde, Andrea Bregno s'impose à Rome dans les années 1460 comme le marbrier le plus demandé de la ville. À la tête d'une bottega nombreuse et parfaitement organisée, il produit une série impressionnante de tombeaux de cardinaux, de tabernacles eucharistiques, de ciboria et de retables qui redéfinissent le décor des églises romaines du Quattrocento. Son grand œuvre d'architecture sculptée est le retable Piccolomini du Duomo de Sienne, vaste façade de marbre à niches et à pilastres achevée en 1503. On lui doit aussi des éléments de la chapelle Sixtine — chœur et clôture de marbre menés avec Mino da Fiesole et Giovanni Dalmata — et quantité de monuments funéraires dans Santa Maria del Popolo, Santa Maria sopra Minerva ou les Santi Apostoli. Son style allie une ornementation savante — rinceaux, grotesques et trophées all'antica — à une netteté d'exécution qui fit école.

Anecdote mémorable

Pour le grand retable de marbre qu'il élève à Sienne à la demande du cardinal Francesco Todeschini Piccolomini, futur pape Pie III, Bregno conçoit une architecture à quinze niches destinées à recevoir des statues. L'ensemble resta d'abord inachevé : en 1501, le commanditaire se tourna vers un sculpteur de vingt-six ans, Michel-Ange Buonarroti, chargé de pourvoir plusieurs niches. Quatre figures de saints — Pierre, Paul, Pie et Grégoire — sortirent ainsi de ses mains. Le cadre monumental du vieux maître lombard abrite donc quelques-uns des premiers travaux du génie florentin.

Influences reçues

Sa première formation est lombarde, marquée par le goût du décor fin et foisonnant propre aux marbriers des lacs. À Rome, le contact avec le Toscan Mino da Fiesole infléchit durablement son art vers une élégance plus mesurée, une ligne claire et un sens plastique hérités de la tradition florentine. L'étude directe des sarcophages et des ornements antiques de la ville complète cet apprentissage et lui fournit le répertoire all'antica qu'il décline inlassablement.

Influences exercées

Son atelier a formé et nourri une part notable de la sculpture romaine de la fin du XVe siècle : Luigi Capponi — à qui l'on doit probablement le buste de son propre tombeau — et d'autres marbriers prolongent sa manière. Le modèle du tombeau mural et du tabernacle « bregnesque » s'est diffusé dans tout le Latium et a fixé, pour des décennies, la syntaxe ornementale des retables et des monuments funéraires romains.

Importance historique

Andrea Bregno a été l'artisan majeur de la romanisation du vocabulaire antique dans la sculpture monumentale. Avant lui, Rome importait ses marbriers ; avec lui, la ville se dote d'un atelier capable de répondre à une demande colossale sous les pontificats de Paul II et surtout de Sixte IV. Le type du tombeau mural en forme d'arc de triomphe, orné de pilastres, de guirlandes et d'une effigie du défunt gisant, trouve dans ses œuvres une forme canonique que toute une génération reprendra. Sa manière, d'abord nourrie de modèles lombards, s'affine au contact du Toscan Mino da Fiesole jusqu'à une pureté linéaire presque abstraite. Si on lui a reproché un certain conformisme — une virtuosité d'ornemaniste plus qu'une invention de figures —, c'est précisément cette fiabilité de grand entrepreneur qui explique son ascendant : ses tabernacles et ses retables ont essaimé dans tout le Latium et servi de répertoire aux ateliers suivants. Son prestige était tel que son épitaphe, à Santa Maria sopra Minerva, le compare au sculpteur grec Polyclète. Et le fait que le retable Piccolomini ait ensuite accueilli des statues confiées au jeune Michel-Ange scelle sa place à la charnière de deux âges de la sculpture.

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