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Portrait de Benedetto da Maiano

✦ Illustre ✦

Benedetto da Maiano

1442–1497·sculpteur et architecte

Contributions & œuvres

Benedetto di Leonardo, dit Benedetto da Maiano, naît en 1442 au village de Maiano, près de Fiesole, et meurt à Florence en 1497. Il débute comme marqueteur de bois aux côtés de son frère aîné Giuliano, avant de se consacrer au marbre dans le sillage d'Antonio Rossellino. Son chef-d'œuvre est la chaire de Santa Croce à Florence (vers 1474-1485), commandée par le marchand Pietro Mellini : une tribune octogonale aux panneaux narrant la vie de saint François, sculptés en un relief d'une finesse extrême, montée sur un pilier ajouré sans rompre la ligne de l'église. Pour le même Mellini, il taille en 1474 un buste de marbre d'un réalisme pénétrant, aujourd'hui au Bargello. On lui doit encore l'autel de sainte Fina à San Gimignano, les travaux de Sant'Anna dei Lombardi à Naples, le tondo de la Vierge au tombeau Strozzi de Santa Maria Novella et, comme architecte, le dessin du puissant palais Strozzi (1489), manifeste de la résidence patricienne florentine.

Anecdote mémorable

Vasari raconte que Benedetto, d'abord réputé pour ses marqueteries de bois, emporta en Hongrie des panneaux destinés au roi Mathias Corvin. Mais l'humidité du voyage avait disjoint les bois : déballés devant la cour, les coffres n'offrirent qu'un ouvrage gondolé et ruiné, à la honte de l'artiste. L'épisode, dit la tradition, le décida à abandonner le bois fragile pour le marbre, matière durable où il allait trouver sa vraie grandeur. De cette mésaventure, si l'on en croit la tradition, serait né l'un des plus purs sculpteurs de son siècle, qui ne devait plus jamais confier sa gloire à un matériau périssable.

Influences reçues

Formé d'abord à la marqueterie avec son frère Giuliano da Maiano, Benedetto passe au marbre dans l'orbite d'Antonio Rossellino, dont il prolonge la grâce. Les reliefs de Desiderio da Settignano lui enseignent la subtilité du modelé, et la tradition du portrait florentin d'après nature inspire son buste Mellini. L'exemple architectural d'Alberti et de Giuliano nourrit son palais Strozzi.

Influences exercées

Sa chaire de Santa Croce devient le modèle de la chaire sculptée renaissante ; le palais Strozzi fixe l'image canonique du palais patricien à bossages, imité jusqu'au maniérisme. Son buste de Mellini nourrit la vogue du portrait bourgeois florentin. Son atelier, demandé de Naples à la Hongrie, diffuse largement le style toscan.

Importance historique

Benedetto da Maiano clôt en beauté le Quattrocento florentin : il recueille l'héritage de Desiderio da Settignano et d'Antonio Rossellino — la grâce, le relief savant, le portrait d'après nature — et le porte à une maîtrise technique qui ne cède jamais à la froideur. Sa chaire de Santa Croce est tenue pour le sommet de la chaire sculptée de la Renaissance : prouesse d'équilibre, de récit et d'intégration à l'architecture, elle sera un modèle pour tout le siècle. Son buste de Pietro Mellini, signé et daté, est l'un des portraits bourgeois les plus vivants de son temps, témoin de l'orgueil nouveau des marchands florentins qui, comme les princes, veulent leur effigie de marbre. Architecte, il donne avec le palais Strozzi l'image canonique du palais Renaissance à bossages, repris jusqu'au maniérisme. Son art, tout de métier et de clarté, fait le pont entre la génération des fondateurs et le classicisme équilibré de la fin du siècle. Sa renommée dépassa les Alpes : Mathias Corvin, roi de Hongrie, le voulut à sa cour. Peu d'ateliers florentins ont été aussi demandés, de Naples à Faenza.

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