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Jacob Cornelisz. van Oostsanen

✦ Illustre ✦

Jacob Cornelisz. van Oostsanen

peintre / graveur sur bois

v.1470 (Oostzaan, Hollande-Septentrionale) – 1533 (Amsterdam)·Oostzaan, Hollande-Septentrionale·peintre · graveur sur bois

Contributions & œuvres

Avant lui, Amsterdam n'était qu'un gros bourg de pêcheurs sans école de peinture ; après lui, elle en avait une. Né vers 1470 dans le village d'Oostzaan, Jacob Cornelisz. van Oostsanen fut le premier artiste d'envergure à faire carrière dans la future capitale — le maître fondateur dont descendent, au sens propre comme au figuré, tous les peintres amstellodamois du XVIᵉ siècle.

L'atelier qui a lancé une ville

Peintre et surtout dessinateur de gravures sur bois, Oostsanen fit tourner un atelier prospère : on lui attribue quelque 200 estampes et une trentaine de tableaux. Formé dans l'héritage de Geertgen tot Sint Jans, il sut ensuite regarder vers l'Allemagne — les bois de Dürer le marquèrent durablement — et fondre le gothique tardif du Nord avec le modelé et l'invention de la Renaissance. Ses grandes compositions religieuses, L'Adoration des mages(1517), laCrucifixion, Salomé — aujourd'hui au Rijksmuseum — montrent des figures aux proportions allongées, un goût du détail précieux et une palette éclatante. Son Saül et la sorcière d'Endor (1526, Rijksmuseum) est un morceau de bravoure : une scène nocturne de sorcellerie, l'une des premières peintures profanes datées des Pays-Bas à traiter un tel sujet. Cet atelier fut aussi une école : le jeune Jan van Scorel, futur passeur de l'italianisme, s'y forma.

Une dynastie de pinceaux

Oostsanen ne fonda pas seulement un style, mais une lignée. Son fils Dirck Jacobsz. devint le grand portraitiste de la bourgeoisie d'Amsterdam ; son petit-fils Cornelis Anthonisz. en peignit la première image d'ensemble et en dressa les cartes ; frères, neveux et arrière-petits-fils tinrent le pinceau sur trois générations. À travers eux, la manière d'Amsterdam se transmit jusqu'à Pieter Aertsen, qui en sortit l'invention de la scène de marché. En 1533, l'année de sa mort, Oostsanen se peignit lui-même en train de portraiturer sa femme Anna : un autoportrait qui compte parmi les tout premiers des Pays-Bas — le geste d'un artisan qui se sait devenu un maître.

La part d'ombre

Sa gloire fut d'abord celle d'un chef d'atelier plus que d'un pur créateur. Une part de sa production sortit de mains d'assistants, et l'on discute encore du partage entre le maître et sa boutique — dessins pour vitraux, illustrations de livres, estampes de série tirées en nombre pour un marché naissant. Homme d'un art encore médiéval par ses sujets et sa dévotion, conservateur dans une symbolique catholique que la Réforme allait bientôt balayer, il resta un provincial : jamais il ne connut le rayonnement européen d'un Lucas de Leyde ou d'un Scorel. Son mérite n'est pas d'avoir été le plus grand, mais d'avoir été le premier — et d'avoir ouvert la porte à ceux qui le dépasseraient.

Anecdote mémorable

Son plus riche client fut le banquier Pompeius Occo, l'agent des Fugger à Amsterdam, qui protégea l'atelier et lui commanda des œuvres. Le peintre fondateur de la ville et son premier grand mécène travaillaient main dans la main — et c'est le fils d'Oostsanen, Dirck Jacobsz., qui peindrait le portrait d'Occo aujourd'hui au Rijksmuseum.

Importance historique

Avant lui, Amsterdam n'était qu'un gros bourg de pêcheurs sans école de peinture ; après lui, elle en avait une. Né vers 1470 dans le village d'Oostzaan, Jacob Cornelisz. van Oostsanen fut le premier artiste d'envergure à faire carrière dans la future capitale — le maître fondateur dont descendent, au sens propre comme au figuré, tous les peintres amstellodamois du XVIᵉ siècle.

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