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Drieluik met de aanbidding der koningen van Jacob Cornelisz. van Oostsanen

✦ Peinture ✦

Triptyque de l'Adoration des Mages de Jacob Cornelisz. van Oostsanen

Jacob Cornelisz. van Oostsanen

Faire le puzzle de l'œuvre

Histoire de l'art — Contexte & Singularité

Ce triptyque de 1517 est l'un des grands aboutissements de l'atelier d'Oostsanen, si demandé que le motif fut décliné en plusieurs versions. Il unit une scène sainte et un portrait de famille — la dévotion et la mémoire réunies dans un seul meuble.

Guide du regard : la crèche et le comptage des présents

Au centre, la Vierge trône, l'Enfant sur les genoux. Le plus âgé des rois baise la main droite du Christ ; le plus jeune, de profil, tend une coupe de myrrhe — allusion à la divinité et à la mort à venir du Sauveur. Chaque don porte un sens : or pour la royauté, encens pour la divinité, myrrhe pour la sépulture. Suis le geste d'hommage du vieux roi jusqu'à la petite main de l'Enfant : là est le cœur du tableau.

Guide du regard : comment regarder

Ouvre les volets : à gauche, le donateur agenouillé avec ses six fils et saint Jérôme ; à droite, l'épouse avec ses sept filles et sainte Catherine ; aux revers, saint Christophe et saint Antoine abbé. Regarde bien la famille — deux enfants y sont représentés en linceul blanc : ils étaient déjà morts. Le retable est ainsi un portrait de lignée autant qu'une image pieuse, gardant la trace des vivants et des disparus. Admire enfin la richesse des couleurs et des ornements, marque de fabrique du maître.

Le saviez-vous ?

Le motif eut un tel succès qu'Oostsanen et son atelier en produisirent plusieurs variantes, aujourd'hui dispersées : à Naples, à Chicago, à Detroit, à Utrecht. La version du Rijksmuseum est la seule à avoir gardé ses volets peints — donc son sens complet.

Sources

  1. 1.Rijksmuseum, Amsterdam, inv. SK-A-4706

Le peintre

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Jacob Cornelisz. van Oostsanen

v.1470 (Oostzaan, Hollande-Septentrionale) – 1533 (Amsterdam)

Rôle : peintre / graveur sur bois

Avant lui, Amsterdam n'était qu'un gros bourg de pêcheurs sans école de peinture ; après lui, elle en avait une. Né vers 1470 dans le village d'Oostzaan, Jacob Cornelisz. van Oostsanen fut le premier artiste d'envergure à faire carrière dans la future capitale — le maître fondateur dont descendent, au sens propre comme au figuré, tous les peintres amstellodamois du XVIᵉ siècle.

L'atelier qui a lancé une ville

Peintre et surtout dessinateur de gravures sur bois, Oostsanen fit tourner un atelier prospère : on lui attribue quelque 200 estampes et une trentaine de tableaux. Formé dans l'héritage de Geertgen tot Sint Jans, il sut ensuite regarder vers l'Allemagne — les bois de Dürer le marquèrent durablement — et fondre le gothique tardif du Nord avec le modelé et l'invention de la Renaissance. Ses grandes compositions religieuses, L'Adoration des mages(1517), laCrucifixion, Salomé — aujourd'hui au Rijksmuseum — montrent des figures aux proportions allongées, un goût du détail précieux et une palette éclatante. Son Saül et la sorcière d'Endor (1526, Rijksmuseum) est un morceau de bravoure : une scène nocturne de sorcellerie, l'une des premières peintures profanes datées des Pays-Bas à traiter un tel sujet. Cet atelier fut aussi une école : le jeune Jan van Scorel, futur passeur de l'italianisme, s'y forma.

Une dynastie de pinceaux

Oostsanen ne fonda pas seulement un style, mais une lignée. Son fils Dirck Jacobsz. devint le grand portraitiste de la bourgeoisie d'Amsterdam ; son petit-fils Cornelis Anthonisz. en peignit la première image d'ensemble et en dressa les cartes ; frères, neveux et arrière-petits-fils tinrent le pinceau sur trois générations. À travers eux, la manière d'Amsterdam se transmit jusqu'à Pieter Aertsen, qui en sortit l'invention de la scène de marché. En 1533, l'année de sa mort, Oostsanen se peignit lui-même en train de portraiturer sa femme Anna : un autoportrait qui compte parmi les tout premiers des Pays-Bas — le geste d'un artisan qui se sait devenu un maître.

La part d'ombre

Sa gloire fut d'abord celle d'un chef d'atelier plus que d'un pur créateur. Une part de sa production sortit de mains d'assistants, et l'on discute encore du partage entre le maître et sa boutique — dessins pour vitraux, illustrations de livres, estampes de série tirées en nombre pour un marché naissant. Homme d'un art encore médiéval par ses sujets et sa dévotion, conservateur dans une symbolique catholique que la Réforme allait bientôt balayer, il resta un provincial : jamais il ne connut le rayonnement européen d'un Lucas de Leyde ou d'un Scorel. Son mérite n'est pas d'avoir été le plus grand, mais d'avoir été le premier — et d'avoir ouvert la porte à ceux qui le dépasseraient.

Origine : Oostzaan, Hollande-Septentrionale

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