Histoire de l'art — Contexte & Singularité
Ce triptyque de 1517 est l'un des grands aboutissements de l'atelier d'Oostsanen, si demandé que le motif fut décliné en plusieurs versions. Il unit une scène sainte et un portrait de famille — la dévotion et la mémoire réunies dans un seul meuble.
Guide du regard : la crèche et le comptage des présents
Au centre, la Vierge trône, l'Enfant sur les genoux. Le plus âgé des rois baise la main droite du Christ ; le plus jeune, de profil, tend une coupe de myrrhe — allusion à la divinité et à la mort à venir du Sauveur. Chaque don porte un sens : or pour la royauté, encens pour la divinité, myrrhe pour la sépulture. Suis le geste d'hommage du vieux roi jusqu'à la petite main de l'Enfant : là est le cœur du tableau.
Guide du regard : comment regarder
Ouvre les volets : à gauche, le donateur agenouillé avec ses six fils et saint Jérôme ; à droite, l'épouse avec ses sept filles et sainte Catherine ; aux revers, saint Christophe et saint Antoine abbé. Regarde bien la famille — deux enfants y sont représentés en linceul blanc : ils étaient déjà morts. Le retable est ainsi un portrait de lignée autant qu'une image pieuse, gardant la trace des vivants et des disparus. Admire enfin la richesse des couleurs et des ornements, marque de fabrique du maître.
Le saviez-vous ?
Le motif eut un tel succès qu'Oostsanen et son atelier en produisirent plusieurs variantes, aujourd'hui dispersées : à Naples, à Chicago, à Detroit, à Utrecht. La version du Rijksmuseum est la seule à avoir gardé ses volets peints — donc son sens complet.
Sources
- 1.Rijksmuseum, Amsterdam, inv. SK-A-4706



