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Joost van den Vondel (1587-1679) ⚑

✦ Illustre ✦

Joost van den Vondel

poète & dramaturge

1587-1679·poète & dramaturge

Contributions & œuvres

Il est, pour les Néerlandais, ce que Shakespeare est aux Anglais et Dante aux Italiens : le grand poète national, celui qui porta la langue à son sommet tragique. Joost van den Vondel écrivit plus de trente pièces, des milliers de vers, et domina de sa stature un siècle entier — bien qu'il fût né loin des Provinces-Unies, dans l'exil d'une famille chassée par la guerre religieuse.

De l'exil à Amsterdam

Né à Cologne en 1587 — d'où le flag —, Vondel était le fils de mennonites originaires d'Anvers, qui avaient fui la reprise de la ville par les Espagnols en 1585, puis les persécutions en Rhénanie. La famille s'établit enfin à Amsterdam vers 1596, où le père devint bonnetier prospère. Le jeune Joost reprit le commerce de bas de soie tout en se cultivant en autodidacte avec une ardeur inouïe : il apprit seul le latin, puis le grec, dévora les Anciens, se lia aux cercles lettrés. La poésie l'emporta bientôt sur le négoce. Membre de la chambre de rhétorique, proche du milieu de Hooft, il commença par des œuvres militantes et satiriques, prenant parti dans les querelles politiques et religieuses de la République.

Le tragique, la conversion — et sa part d'ombre

L'œuvre majeure de Vondel est théâtrale. En 1637, il écrivit Gysbreght van Aemstelpour l'inauguration du grand théâtre d'Amsterdam (la Schouwburg) : cette tragédie, évoquant la chute médiévale de la ville, devint une institution, jouée chaque année pendant des siècles. Suivirent de grandes tragédies bibliques et historiques —Lucifer(1654),Adam in ballingschap, Jephta — d'un souffle épique et d'une langue somptueuse, souvent citées comme des sommets. Sa part d'ombre fut sa vie durant : ses prises de position lui valurent censures, procès et amendes ; sa conversion au catholicisme, vers 1641, dans une République officiellement calviniste, fit scandale et le marginalisa ; et sa fin fut misérable. Ruiné par les dettes de son fils, le vieux poète national dut, à plus de soixante-dix ans, accepter un modeste emploi de commis à la banque de prêt (le Lommerd) d'Amsterdam pour survivre. Il mourut presque centenaire, en 1679, pauvre mais révéré. Le plus grand poète du pays finit gratte-papier.

Infos / repères

Joost van den Vondel naquit à Cologne en 1587 et mourut à Amsterdam en 1679. Poète national des Pays-Bas, auteur de plus de trente tragédies (Gysbreght van Aemstel, 1637 ; Lucifer, 1654), il domina la littérature du Siècle d'or. Converti au catholicisme, il finit pauvre. Le grand prix théâtral flamand (Vondelprijs) et le Vondelpark d'Amsterdam portent son nom.

Anecdote mémorable

Le Gysbreght van Aemstel de Vondel (1637), écrit pour l'ouverture du premier vrai théâtre d'Amsterdam, fut joué chaque année autour du Nouvel An pendant près de trois siècles, jusqu'au XXᵉ siècle. Aucune pièce au monde, peut-être, n'a connu une telle tradition ininterrompue dans une même ville. Pour des générations d'Amstellodamois, aller voir le Gysbreght était un rite de la nouvelle année, aussi immuable que les cloches de minuit.

Importance historique

Il est, pour les Néerlandais, ce que Shakespeare est aux Anglais et Dante aux Italiens : le grand poète national, celui qui porta la langue à son sommet tragique. Joost van den Vondel écrivit plus de trente pièces, des milliers de vers, et domina de sa stature un siècle entier — bien qu'il fût né loin des Provinces-Unies, dans l'exil d'une famille chassée par la guerre religieuse.