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Maarten van Rossem

✦ Illustre ✦

Maarten van Rossem

militaire / mécène

v.1478 (Zaltbommel) – 1555 (Anvers)·Zaltbommel·militaire · mécène

Contributions & œuvres

C'était l'homme le plus craint des Pays-Bas de son temps. Pendant trente ans, Maarten van Rossem fut le maréchal du duc de Gueldre, la lame qui portait la guerre chez l'ennemi habsbourgeois — brûlant, pillant, rançonnant, sans pitié. Et pourtant ce même homme, de sa fortune de guerre, se fit bâtir trois demeures qui comptent parmi les plus belles introductions de la Renaissance dans le nord du pays. Un contraste saisissant : le destructeur qui fut aussi un bâtisseur.

La terreur de la Gueldre

Né vers 1478 à Zaltbommel, van Rossem servit près de trente ans le duc Charles de Gueldre comme maréchal de camp, dans sa lutte acharnée contre l'empereur Charles Quint. Sa réputation le précédait : en 1528, il participa au sac de La Haye ; en 1542, à la tête de plus de quinze mille hommes, il lança une grande campagne sur le Brabant, attaqua Anvers, battit les forces de René de Chalon, assiégea Lierre et Louvain, incendia Vught. Sa devise, restée célèbre, disait tout de sa manière de faire la guerre : « Blaken en branden is het sieraad van de oorlog » — brûler et incendier, voilà la parure de la guerre. Il fut un soldat de métier redoutablement efficace, l'arme la plus tranchante d'un petit duché qui n'aurait jamais dû tenir tête à un empire.

Le condottiere bâtisseur

Mais van Rossem ne dépensa pas seulement en guerre. Homme de goût autant que de sang, il employa sa fortune à se faire construire des demeures d'un luxe nouveau, où il fit venir le vocabulaire de la Renaissance italienne encore rare dans le Nord. À Arnhem, le Duivelshuis (« maison du diable », façade 1539-1546), hérissé de satyres que le peuple prit pour des démons. À Zaltbommel, sa ville natale, un château urbain (v. 1535) mêlant gothique finissant et Renaissance foisonnante. Et à Vaassen, sur la Veluwe, le château de Cannenburch qu'il éleva en 1543 sur des ruines — on lui attribue d'y avoir introduit le style Renaissance en Gueldre, visible dans la tour d'entrée et les frontons triangulaires. Trois monuments qui portent encore la marque du terrible capitaine. Sur ses pas : Arnhem, Zaltbommel et Vaassen, où l'on visite ses demeures.

La part d'ombre

L'ombre, chez van Rossem, est la matière même de sa gloire. On ne peut célébrer le mécène sans nommer le fléau : les demeures Renaissance qui font aujourd'hui notre admiration furent payées par le sang et le feu de campagnes qui ravagèrent des provinces entières. Derrière la beauté de la « maison du diable », il y a La Haye brûlée, le Brabant terrorisé, des villages rançonnés au nom d'un art de la guerre qui érigeait l'incendie en ornement. Van Rossem incarne une vérité dérangeante de la Renaissance : que la même main pouvait commanditer un fronton sculpté et signer un ordre d'incendie, et que le goût le plus raffiné n'a jamais garanti la moindre douceur de cœur.

Anecdote mémorable

Le nom de « maison du diable » donné à son hôtel d'Arnhem vient d'un malentendu : les figures cornues de la façade ne sont pas des démons mais des satyres, motif savant de la Renaissance italienne. Mais le peuple, connaissant la réputation sanguinaire du maître des lieux, n'eut aucun doute : une telle maison, ornée de créatures cornues, ne pouvait appartenir qu'au diable.

Importance historique

C'était l'homme le plus craint des Pays-Bas de son temps. Pendant trente ans, Maarten van Rossem fut le maréchal du duc de Gueldre, la lame qui portait la guerre chez l'ennemi habsbourgeois — brûlant, pillant, rançonnant, sans pitié. Et pourtant ce même homme, de sa fortune de guerre, se fit bâtir trois demeures qui comptent parmi les plus belles introductions de la Renaissance dans le nord du pays. Un contraste saisissant : le destructeur qui fut aussi un bâtisseur.

Monuments associés (3)