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✦ Illustre ✦

Maximilian Colt

v.1575-v.1645·sculpteur

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Contributions & œuvres

Né à Arras sous le nom de Maximilien Poultrain, ce sculpteur venu des anciens Pays-Bas s'établit à Londres à la toute fin du règne d'Élisabeth. Sa carrière bascule le 4 mars 1605 lorsqu'il signe avec le lord trésorier Robert Cecil le contrat du grand monument de la reine défunte, à Westminster. Achevé fin 1606, le tombeau de marbre blanc dresse l'effigie couchée d'Élisabeth en robes de sacre, orbe et sceptre en main, sous un dais à colonnes — mis en couleur par le peintre Jan de Critz. Colt sculpte aussi, dans l'abbaye, les émouvants petits monuments des princesses Sophia et Mary, filles de Jacques Iᵉʳ mortes en bas âge : un berceau de pierre pour l'une, une enfant allongée pour l'autre. Pour Robert Cecil, il exécute encore le tombeau de Hatfield. Nommé Master Carver de la Couronne le 28 juillet 1608, il fournit dès lors les effigies des funérailles d'État — Anne de Danemark en 1619, Jacques Iᵉʳ en 1625 — et décore les barges royales.

Anecdote mémorable

Pour le monument de la petite princesse Sophia, morte à trois jours en 1606, Colt tailla un berceau de pierre où l'enfant repose emmaillotée, le visage à peine éclos — image d'un réalisme si poignant qu'elle émeut encore, quatre siècles plus tard, qui passe devant à Westminster. Le détail dit la double nature de l'homme : artisan officiel d'une cour obsédée de faste dynastique, il savait aussi, devant un berceau vide, retrouver l'accent le plus humain. Calviniste d'Arras naturalisé anglais en 1607, il avait anglicisé son nom de Poultrain en Colt pour mieux s'enraciner dans le pays qui l'employait.

Influences reçues

Formé dans la tradition sculpturale des anciens Pays-Bas méridionaux, maniériste et portée sur l'albâtre et le marbre de couleur, il appartient à la vague d'artisans protestants que les troubles religieux poussèrent d'Arras et des Flandres vers l'Angleterre, où ils rénovèrent l'art du tombeau.

Influences exercées

Il fixe le type du gisant royal de marbre peint qui domine la statuaire funéraire jacobéenne et transmet son métier à son fils John Colt. Les effigies de cire et de bois qu'il fournit pour les funérailles d'État façonnent durablement le cérémonial de la mort royale sous les premiers Stuarts.

Importance historique

Colt incarne le relais flamand qui, après Torrigiano, donne à l'Angleterre ses grands tombeaux royaux du premier XVIIᵉ siècle. Son monument d'Élisabeth, commandé par Jacques Iᵉʳ pour asseoir sa propre légitimité en honorant la reine qu'il avait remplacée, est devenu l'une des images les plus reproduites de la monarchie anglaise : c'est à ce gisant de marbre que l'on songe lorsqu'on évoque le visage de la Reine Vierge. Comme Master Carver, il tient un poste clé à la charnière de l'art et du pouvoir, maître d'œuvre officiel de la mémoire dynastique des Stuarts. Ses monuments enfantins, en revanche, révèlent une sensibilité rare pour l'époque, une tendresse qui tranche avec la raideur héraldique des tombeaux de cour. Sa fortune ne fut pourtant pas sans revers : vieillissant, il connut un bref emprisonnement à la Fleet, signe des difficultés financières qui guettaient même les artistes de la Couronne. Il forma son fils John, également sculpteur, assurant la continuité de l'atelier.

Monuments associés (2)

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