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Château de Clisson — château à Clisson, Loire-Atlantique, intérieur, classé mh

✦ Monument ✦

Château de Clisson

XVe–XVIe s.·Château / Demeure·Clisson (44)·Classé MH·Charles VIII, Louis XII, François Ier
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Château de Clisson — château à Clisson, Loire-Atlantique, façade, classé mh
Château de Clisson — château à Clisson, Loire-Atlantique, vue de nuit, classé mh
Château de Clisson — château à Clisson, Loire-Atlantique, classé mh

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Quiz du monument

Olivier de Clisson, né au château, était surnommé « le boucher » par les Anglais pour sa férocité durant la guerre de Cent Ans.

À voir

Au sud de Nantes, sur un éperon rocheux dominant la Sèvre nantaise, le château de Clisson déploie ses murailles et ses tours à la limite de la Bretagne et du Poitou. Forteresse de garde aux marches du duché, il fut l'enjeu de luttes de pouvoir pendant des siècles. Si son noyau est médiéval, c'est à la fin du XVe siècle, sous le duc François II de Bretagne, qu'il reçut ses puissants ouvrages d'artillerie, inscrivant la vieille place forte dans l'âge nouveau de la guerre à la poudre.

Un château de marche

Les premières fortifications remontent au milieu du XIe siècle, sous la forme d'un ouvrage de bois, avant que la pierre ne s'impose au début du XIIIe siècle sous Guillaume de Clisson. La forteresse grandit au fil du Moyen Âge, liée à la puissante famille de Clisson, dont deux figures restent célèbres : Olivier IV, décapité en 1343, et surtout Olivier V de Clisson, devenu connétable de France en 1380, l'un des grands chefs de guerre de son temps. Clisson était alors une position clef, verrou entre la Bretagne et les terres voisines.

L'agrandissement du duc François II

Le tournant décisif, pour notre regard tourné vers la Renaissance, se situe sous le règne de François II, dernier duc de la Bretagne indépendante et père d'Anne de Bretagne. De 1464 à 1488, le duc fit agrandir la forteresse en lui ajoutant une seconde enceinte et des casemates d'artillerie du côté ouest. Cette campagne répond à la révolution militaire du XVe siècle : face aux canons, on épaissit les murs et l'on ménage des embrasures pour le tir. Clisson devient ainsi l'une des forteresses modernisées de la Bretagne ducale à la veille de son rattachement à la France, au moment même où Anne de Bretagne allait épouser successivement deux rois de France.

L'architecture

Le château juxtapose plusieurs états. On y reconnaît l'enceinte primitive polygonale flanquée de tours cylindriques, le logis seigneurial avec sa grande salle, ses appartements et ses cuisines, un ensemble de tours jumelles s'élevant à une trentaine de mètres, et, à l'ouest, les deux tours d'artillerie aux murs épais de six mètres, complétées de barbacanes et de bastions. Le visiteur doit chercher du regard le contraste entre les tours rondes médiévales et les ouvrages trapus conçus pour résister et répondre à l'artillerie : la pierre y raconte le passage d'un art de la guerre à un autre.

Ce qu'il faut voir

Outre le jeu des enceintes successives, on retiendra les casemates et les tours d'artillerie de l'ouest, témoins de la modernisation du XVe siècle, ainsi que les vestiges du logis seigneurial. Depuis l'éperon, la vue sur la Sèvre et sur la ville de Clisson — dont l'allure si particulière, presque italienne, fut redessinée au XIXe siècle — ajoute au charme du site. Cette ville aux toits de tuiles et aux campaniles, née de l'imagination d'artistes séduits par l'Italie, dialogue curieusement avec la vieille forteresse, comme si le souvenir des guerres italiennes de la Renaissance planait encore sur les bords de la Sèvre.

Le saviez-vous ?

Le château fut incendié en 1793 par les troupes républicaines pendant les guerres de Vendée, épisode qui le laissa en partie ruiné et contribua à son aspect romantique. Classé au titre des monuments historiques en 1924, il fit l'objet d'une vaste campagne de restauration à la fin du XXe siècle et appartient aujourd'hui au Département de la Loire-Atlantique.

Une forteresse au seuil de la Renaissance

Clisson n'est pas une demeure d'agrément mais une forteresse de combat, et c'est précisément là son intérêt pour qui s'intéresse à la Renaissance. Les ouvrages d'artillerie de François II marquent le moment où l'architecture militaire bretonne entre de plain-pied dans l'ère nouvelle, à la veille de la réunion du duché au royaume. Observer Clisson, c'est voir une vieille place forte s'adapter au siècle naissant des canons, sous l'autorité du dernier duc indépendant, à quelques années de l'union qui allait faire de la Bretagne une province française. Dressé au-dessus de la Sèvre, il demeure le témoin minéral de ce basculement, à la fois ultime ouvrage de guerre d'un duché finissant et seuil d'une histoire nouvelle.

Histoire

Ruines d'une importante forteresse médiévale érigée aux XIIIe-XIVe siècles par les seigneurs de Clisson, remaniée au XVe-XVIe siècles. Olivier de Clisson, connétable de France, y naquit. Le château fut détruit lors des guerres de Vendée (1793-1794) par les républicains. Le site romantique des ruines inspira au XIXe siècle les frères Cacault et Lemot, artistes qui créèrent autour de Clisson un paysage italianisant unique. Classé Monument Historique.

Contes, légendes & anecdotes

Olivier de Clisson, né en ce château, fut l'un des militaires les plus redoutables de la guerre de Cent Ans — surnommé 'le boucher' par les Anglais. Son père avait été exécuté par Philippe VI pour avoir prétendument trahi en faveur des Anglais ; Olivier jura vengeance et devint l'un des commandants militaires les plus efficaces de Charles V. La tête de son père avait été exposée à Nantes — Olivier la récupéra après la victoire et l'enterra à Clisson, dans la chapelle familiale.

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Fiche mise à jour le 10 octobre 2026

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