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Château de la Bourdaisière — château à Montlouis-sur-Loire (37), monument historique (Inscrit MH)

✦ Monument ✦

Château de la Bourdaisière

1515–1520·Château / Demeure·Montlouis-sur-Loire (37)·Inscrit MH·Louis XII, François Ier
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Château de la Bourdaisière — château à Montlouis-sur-Loire (37), monument historique (Inscrit MH) — vue 2
Château de la Bourdaisière — château à Montlouis-sur-Loire, Indre-et-Loire, façade, inscrit mh
Château de la Bourdaisière — château à Montlouis-sur-Loire (37), monument historique (Inscrit MH) — vue 4

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Quiz du monument

Gabrielle d'Estrées, favorite d'Henri IV née à la Bourdaisière, est décédée à quel âge et de quelle cause ?

À voir

Sur un coteau dominant la Loire, à Montlouis-sur-Loire, le château de la Bourdaisière occupe une place singulière dans l'histoire de la Renaissance tourangelle. Berceau de la célèbre Gabrielle d'Estrées, voulu par un grand financier de François Iᵉʳ, détruit puis renaissant au XIXᵉ siècle dans un esprit néo-Renaissance, il est aujourd'hui connu pour son extraordinaire conservatoire de la tomate. ## Un château de financier au temps de François Iᵉʳ L'histoire du château Renaissance commence avec Philibert Babou (vers 1484-1557), argentier et grand officier de finances du roi François Iᵉʳ. Marié à Marie Gaudin, il décide, en 1520, de faire bâtir un château neuf, en englobant une tour issue d'une forteresse plus ancienne. La Bourdaisière appartient ainsi à cette génération de demeures élevées par les serviteurs fortunés de la monarchie, qui rivalisaient de goût et de modernité dans le Val de Loire au moment même où le roi faisait travailler les plus grands artistes. La fortune des Babou, l'éclat de leur demeure et leurs liens avec la cour firent du lieu l'un des rendez-vous de la noblesse de Touraine. ## Au berceau d'une favorite royale La Bourdaisière doit une part de sa célébrité à la naissance, entre ses murs, de Gabrielle d'Estrées, la favorite d'Henri IV. Cette filiation inscrit le château dans l'intimité du pouvoir royal : de la cour de François Iᵉʳ, servi par les Babou, à celle d'Henri IV, épris de la belle Gabrielle, la demeure traverse tout le XVIᵉ siècle au voisinage des rois. La mémoire des lieux associe aussi au domaine la figure de Marie Gaudin, dont la beauté avait marqué la cour. La Bourdaisière, château de femmes célèbres autant que de financiers habiles, résume une certaine France de la Renaissance où le crédit, le charme et le service du roi se mêlaient étroitement. ## Destruction et renaissance Le destin du château connut une rupture brutale : en 1768, le ministre Étienne-François de Choiseul, propriétaire du domaine voisin de Chanteloup, acquit la Bourdaisière et en ordonna la démolition, réemployant les pierres pour ses propres constructions. Le château Renaissance disparut alors presque entièrement. Ce n'est qu'au XIXᵉ siècle que le baron Joseph-Jérôme-Hilaire Angellier fit reconstruire l'édifice dans un style néo-Renaissance, ressuscitant, à sa manière, l'esprit du château des Babou. L'édifice actuel est donc une évocation romantique du XVIᵉ siècle, élevée au temps où l'on redécouvrait et célébrait l'architecture des Valois. ## Ce qu'il faut voir Le visiteur doit chercher du regard la silhouette néo-Renaissance aux tourelles et aux lucarnes, inspirée du vocabulaire des châteaux ligériens du XVIᵉ siècle, ainsi que la tour héritée de la forteresse primitive, incorporée dès le chantier de 1520. Potager ornemental, dahlias et perspectives sur la vallée composent un cadre où l'esprit Renaissance du jardin de plaisance se prolonge dans un geste botanique contemporain. ## Le saviez-vous ? Inscrite au titre des monuments historiques depuis 1947, la Bourdaisière offre une belle leçon sur la postérité de la Renaissance. Le château des Babou, authentique demeure du XVIᵉ siècle, n'existe presque plus : il a été sacrifié au XVIIIᵉ siècle par Choiseul. Ce que l'on admire aujourd'hui est une recréation du XIXᵉ siècle, fidèle d'intention sinon de pierre à l'original. Mais l'histoire, elle, est bien réelle : un financier de François Iᵉʳ, une favorite d'Henri IV née sur place, un siècle entier passé dans l'orbite royale. C'est cette densité d'histoire humaine, plus que l'ancienneté des murs, qui fait de la Bourdaisière un jalon de l'atlas Renaissance en Touraine. Le conservatoire de la tomate, enfin, rappelle que les grands jardins du Val de Loire ont toujours été des lieux d'acclimatation et de curiosité, dans la droite ligne de la passion botanique née à la Renaissance. Il n'est d'ailleurs pas indifférent que ce soit en Touraine, « jardin de la France » cher aux rois, que se perpétue aujourd'hui une telle collection : la région avait vu, dès le XVIᵉ siècle, fleurir les potagers ornementaux et les vergers savants autour des demeures de cour. La Bourdaisière prolonge cette tradition à sa manière, en mariant l'évocation architecturale du passé Renaissance et une pratique horticole contemporaine. Le visiteur y trouvera donc moins un château-musée figé qu'un domaine vivant, où la mémoire des Babou, de Marie Gaudin et de Gabrielle d'Estrées se mêle au parfum des potagers. C'est cette alliance du souvenir et du présent, du financier de François Iᵉʳ et du jardinier d'aujourd'hui, qui fait tout le charme singulier de la Bourdaisière.

Histoire

Manoir Renaissance construit vers 1515-1520 sur les restes d'un château médiéval appartenant à la famille Babou de la Bourdaisière. La belle Marie Gaudin, puis ses filles — dont Françoise, maîtresse de François Ier, et Gabrielle d'Estrées, favorite d'Henri IV — rendirent le lieu célèbre. Le château fut reconstruit au XIXe siècle dans le style Renaissance. Abrite aujourd'hui un conservatoire de la tomate (600 variétés). Inscrit Monument Historique.

Contes, légendes & anecdotes

La Bourdaisière fut le berceau des plus célèbres maîtresses royales de la Renaissance : Françoise Babou fut maîtresse de François Ier, et sa petite-nièce Gabrielle d'Estrées devint la favorite passionnément aimée d'Henri IV, avec qui elle eut trois enfants légitimés. Henri IV souhaitait l'épouser et la faire reine, mais Gabrielle mourut subitement en 1599, à 26 ans, d'une éclampsie foudroyante — certains y virent un empoisonnement commandité par Sully ou par l'Église.

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Fiche mise à jour le 10 octobre 2026

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