
Contributions & œuvres
Né à La Haye mais installé à Lyon, dont il prend le nom, Corneille de Lyon est le maître d'un genre : le petit portrait de cour sur fond vert ou bleu, d'une intimité saisissante. Peintre des reines et des grands, il fixe en petit format, avec une précision nordique, les visages de la cour de François Iᵉʳ et d'Henri II — le Portrait d'Anne de Pisseleu, celui de Madeleine de France (dite d'Écosse), ou cet homme au pétale de jasmin au regard si présent.


La nuance : son succès a engendré une telle production d'atelier et de répliques que départager aujourd'hui la main du maître de celles de ses copistes reste l'une des difficultés de l'histoire du portrait français.
Anecdote mémorable
Son atelier lyonnais était une curiosité que l'on venait voir : le chroniqueur Brantôme rapporte qu'en 1564, lors de leur passage à Lyon, la reine Catherine de Médicis et le roi Charles IX visitèrent la demeure de Corneille pour y contempler les portraits des grands du royaume — une véritable galerie des visages de la cour. Catherine elle-même, ajoute-t-il, gardait dans son cabinet une collection de ces petits portraits.
Influences reçues
La tradition du portrait flamand et nordique, dont il hérite la précision et le sens de la matière ; l'exemple des Clouet, portraitistes de la cour de France, dont il partage et renouvelle l'ambition.
Influences exercées
Il impose durablement en France le petit portrait de cour sur fond coloré, formule reprise par tout un atelier et par de nombreux suiveurs. Ses effigies, collectionnées et recopiées, constituent une part essentielle de notre mémoire visuelle de la cour des Valois.
Importance historique
Corneille de Lyon est l'inventeur, en France, d'un genre à part entière : le petit portrait intime de cour. Né à La Haye, formé dans la tradition nordique, il s'établit à Lyon vers 1533 et y conquiert une clientèle exigeante jusqu'à devenir peintre du roi. Son audace est celle de la miniaturisation et de l'intimité : à rebours des grands portraits d'apparat, il fixe les visages sur de petits panneaux à peine plus grands qu'une carte, le buste pris de trois quarts, posé sur un fond uni d'un vert ou d'un bleu profond qui isole la figure et la fait vibrer. De cette formule resserrée, il tire une acuité psychologique rare : un regard, un pli de lèvre, une carnation précise suffisent à donner une présence saisissante à ces reines, ces princes et ces bourgeois. Il fixe ainsi, en format de poche, toute une galerie de la cour de François Iᵉʳ et d'Henri II. La nuance est la rançon même de son succès : la demande fut telle qu'il multiplia les répliques et fit tourner un atelier prolifique, si bien que les copies et les reprises se confondent aujourd'hui avec les originaux. Démêler la main du maître de celle de ses aides reste l'une des énigmes les plus débattues de l'histoire du portrait français.

