
Sur les pas de Jean Jean Bellegambe — ses œuvres & ses lieux sur la carte →
Contributions & œuvres
Peintre de Douai, Jean Bellegambe est l'un des derniers grands maîtres de la peinture flamande de retables, à la frontière des Flandres et de la France. Surnommé « le maître des couleurs » pour l'éclat de ses polychromies, il compose de vastes retables à volets d'un raffinement précieux. Son chef-d'œuvre est le Polyptyque d'Anchin (Retable de la Trinité), immense machine dévotionnelle où la science des ors et des étoffes sert une théologie minutieuse.

La nuance : artiste resté provincial, attaché à Douai toute sa vie, Bellegambe est demeuré dans l'ombre des grands noms flamands, et son art — superbe — reste peu connu hors du Nord.
Anecdote mémorable
Le Polyptyque d'Anchin fut commandé par l'abbé Charles Coguin pour le maître-autel de l'abbatiale d'Anchin, à Pecquencourt : neuf panneaux, près de trois mètres soixante de large, tout un programme sur la Trinité. Dispersé à la Révolution, il est aujourd'hui remonté au musée de la Chartreuse de Douai, dans la ville même du peintre.
Influences reçues
Il hérite directement des Primitifs flamands — Rogier van der Weyden, Hans Memling, Gerard David — dont il reprend le soin du détail et la densité spirituelle, qu'il teinte des premiers ornements à l'italienne ; sa palette doit beaucoup à la tradition brugeoise du coloris.
Influences exercées
Il domine la peinture religieuse du Douaisis et marque l'école locale ; son art des retables polychromes prolonge, pour une génération, le modèle flamand dans la région frontalière. Ses polyptyques restent des jalons de la peinture franco-flamande de transition, même si, faute d'atelier rayonnant, sa postérité n'a guère dépassé le Nord.
Importance historique
Jean Bellegambe est l'un des derniers grands maîtres du retable à volets de tradition flamande, sur la frontière mouvante des Flandres et de la France. Attaché toute sa vie à Douai, il compose de vastes machines dévotionnelles dont l'éclat des polychromies lui a valu le surnom de « maître des couleurs » : transparence des glacis, chatoiement des étoffes, ors et bleus savamment accordés. Son chef-d'œuvre, le Polyptyque d'Anchin ou Retable de la Trinité, peint vers 1509-1513 pour l'abbé Charles Coguin et l'abbaye d'Anchin, déploie sur neuf panneaux une théologie minutieuse servie par une maîtrise rare de la composition et du dessin. L'audace est d'avoir prolongé, bien avant dans le XVIᵉ siècle, l'art des Primitifs flamands en lui donnant une ampleur monumentale et paisible. La nuance tient à son enracinement : artiste resté provincial, jamais parti courir les grandes cours, Bellegambe est demeuré dans l'ombre des noms illustres de Bruges ou d'Anvers, et son art superbe reste aujourd'hui méconnu hors du Nord.

