
✦ Illustre ✦
Pompeius Occo
marchand-banquier / humaniste-mécène
Contributions & œuvres
Derrière tout grand peintre, un grand argentier. Pompeius Occo ne tenait pas le pinceau, mais sans lui l'école d'Amsterdam n'aurait pas eu son premier mécène. Agent de la plus puissante banque d'Europe, humaniste, collectionneur, il fut l'un des hommes les plus riches et les plus cultivés de la ville au tournant des années 1520 — le point de rencontre de l'argent, de la foi et de l'art.
L'agent des Fugger sur l'Amstel
Né en 1483 d'une famille frisonne, élevé à Augsbourg, Occo s'installa vers 1511 à Amsterdam comme facteur des Fugger, la maison de banque et de commerce d'Augsbourg qui prêtait aux empereurs et financerait l'élection de Charles Quint. Représentant à Amsterdam de cette puissance financière — et un temps des Höchstetter —, il brassa le cuivre, les grains, l'argent et le crédit à l'échelle de l'Europe du Nord, et devint l'un des bourgeois les plus fortunés de la cité. Sa maison de la Kalverstraat, dite « Het Paradijs » (« le Paradis »), était un lieu de faste et de savoir. Mais l'homme ne fut pas qu'un compteur d'écus : humaniste convaincu, il correspondait avec les lettrés de son temps et entretenait une bibliothèque et un cercle savants.
Le mécène de l'école d'Amsterdam
C'est ici qu'Occo entre dans l'histoire de l'art. Il fut le protecteur de l'atelier de Jacob Cornelisz. van Oostsanen, le peintre fondateur de la ville, à qui il commanda des œuvres — orientant ainsi l'argent de la banque vers la naissance d'une école picturale. Il commanda aussi un splendide manuscrit de musique polyphonique enluminé, le Codex Occo, témoin du raffinement de sa maison. Et il nous a laissé son visage : le portrait peint par Dirck Jacobsz. (v.1531), le fils de son peintre protégé, aujourd'hui au Rijksmuseum — l'œillet à la main, la main sur le crâne, l'image même d'un marchand qui médite sur la vanité de sa fortune. Occo est ainsi le fil qui relie le banquier, le maître et le portraitiste dans un même triangle amstellodamois.
La part d'ombre
La richesse d'Occo avait une source âpre. Les Fugger, dont il était l'homme aux Pays-Bas, tiraient une part de leur fortune de monopoles miniers, de prêts usuraires aux princes et d'un négoce qui n'avait rien de charitable — cette banque même dont les crédits, le siècle finissant, contribueraient à financer les guerres et jusqu'à l'achat d'une couronne impériale. Mécène par goût mais aussi par calcul de prestige, catholique fidèle dans une ville qui basculerait vers la Réforme peu après sa mort, Occo appartient à un monde qui allait être emporté : celui d'une élite marchande cosmopolite, à cheval entre Augsbourg et l'Amstel, dont la piété somptueuse et les affaires implacables marchaient du même pas.
Anecdote mémorable
Sa maison portait le nom de « Het Paradijs », le Paradis — et l'enseigne existait encore des siècles plus tard sur la Kalverstraat. Le banquier des Fugger habitait, au sens propre, au Paradis : un clin d'œil que la ville marchande n'a jamais tout à fait oublié.
Importance historique
Derrière tout grand peintre, un grand argentier. Pompeius Occo ne tenait pas le pinceau, mais sans lui l'école d'Amsterdam n'aurait pas eu son premier mécène. Agent de la plus puissante banque d'Europe, humaniste, collectionneur, il fut l'un des hommes les plus riches et les plus cultivés de la ville au tournant des années 1520 — le point de rencontre de l'argent, de la foi et de l'art.
