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Château de la Hunaudaye — château à Plédéliac, Côtes-d'Armor, classé mh

✦ Monument ✦

Château de la Hunaudaye

1480–1540·Château / Demeure·Plédéliac (22)·Classé MH·Charles VIII, Louis XII, François Ier
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Château de la Hunaudaye — château à Plédéliac, Côtes-d'Armor, façade, classé mh
Château de la Hunaudaye — château à Plédéliac, Côtes-d'Armor, intérieur, classé mh
Château de la Hunaudaye — château à Plédéliac, Côtes-d'Armor, vue de nuit, classé mh

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Quiz du monument

Le château de la Hunaudaye aurait possédé un souterrain secret permettant aux seigneurs Tournemine de s'échapper lors du siège de 1393.

À voir

Au cœur de la campagne des Côtes-d'Armor, non loin de Plédéliac, les grandes tours rondes du château de la Hunaudaye surgissent de la lande comme un rêve de forteresse médiévale. Pentagonale, cernée de douves, l'ancienne place forte des Tournemine est l'une des ruines les plus spectaculaires de Bretagne, et son logis du XVIᵉ siècle rappelle qu'elle fut aussi une demeure de prestige.

D'une forteresse médiévale à un château de pouvoir

La naissance du château remonte à 1220, lorsque Pierre de Dreux autorise Olivier Tournemine à bâtir une fortification destinée à surveiller la marche entre les évêchés de Saint-Brieuc et de Saint-Malo. Ruiné lors de la guerre de Succession de Bretagne (1341-1364), l'édifice est reconstruit à partir de 1367, chantier qui s'étire sur plus d'un siècle, jusque vers 1474. De cette longue campagne naît la silhouette actuelle : un plan pentagonal flanqué de cinq tours circulaires des XIIIᵉ et XVᵉ siècles, reliées par des courtines, l'ensemble sans véritable donjon mais conçu pour une défense active.

Les Tournemine, trois siècles de puissance

La famille Tournemine tient la Hunaudaye durant près de trois siècles. En 1487, François Tournemine fait ériger la seigneurie en baronnie : le château devient alors le symbole d'un lignage parvenu au sommet de la noblesse bretonne. À l'extinction de la lignée, à la fin du XVIᵉ siècle, le domaine passe par alliances et héritages à d'autres familles. La position de la Hunaudaye, à la frontière de deux diocèses et au carrefour de routes anciennes, explique l'importance militaire et politique que lui ont donnée ses seigneurs.

Le logis Renaissance

Si la Hunaudaye séduit d'abord par son allure de forteresse, elle porte aussi la marque de la Renaissance. Au XVIᵉ siècle, le confort et la représentation prennent le pas sur la seule défense : les Tournemine, puis leurs successeurs, dotent le château d'un logis seigneurial digne de leur rang. On y relevait notamment une cheminée monumentale, témoin de l'ampleur des salles d'apparat. La chapelle occupait l'étage de la tour sud-est. Cette superposition d'un cœur militaire médiéval et d'un habitat plus raffiné est typique de nombreuses demeures nobles bretonnes, où l'on ne rase pas la vieille enceinte mais où l'on y insère les commodités du siècle.

Ce qu'il faut voir

Le visiteur devra d'abord faire le tour des douves pour embrasser le profil pentagonal et la masse des tours rondes, dont les diamètres et la hauteur impressionnent encore. Qu'il cherche du regard la tour de l'escalier et les restes du logis, où la pierre de taille trahit l'ambition résidentielle du XVIᵉ siècle, puis l'emplacement de la chapelle et les percements des courtines. La couleur sombre du schiste local, les percées de ciel entre les murs éventrés, le miroir des douves donnent au lieu une poésie de ruine romantique.

Le saviez-vous ?

La Hunaudaye faillit disparaître tout à fait. En 1793, en pleine Révolution et dans le contexte de la chouannerie, la forteresse fut volontairement incendiée par crainte qu'elle n'abrite des forces royalistes : le mobilier, les archives, les charpentes et les planchers partirent en fumée, et le château servit ensuite de carrière de pierres pendant plus d'un siècle. Classée au titre des monuments historiques dès les années 1920-1930, puis reprise par le Département des Côtes-d'Armor, devenu propriétaire en 2008, elle a fait l'objet d'importantes campagnes de restauration, notamment entre 2005 et 2008. C'est cette renaissance patrimoniale qui permet aujourd'hui de lire, sous la ruine, à la fois la forteresse des guerres bretonnes et la demeure Renaissance d'une famille au faîte de sa puissance. La Hunaudaye raconte ainsi, à elle seule, le destin de bien des châteaux bretons : nés pour la guerre, embellis pour le prestige, puis frappés par l'histoire avant d'être sauvés par la mémoire collective. On mesure mal, devant ces murailles éventrées, l'effet que devait produire la Hunaudaye intacte, hérissée de ses cinq tours et protégée par ses douves : une image de puissance destinée autant à défendre qu'à impressionner. L'ériger en baronnie, en 1487, n'était pas un simple titre : c'était affirmer, dans la pierre, le rang d'un lignage qui comptait parmi les plus grands de Bretagne. Le visiteur attentif saura retrouver, dans l'ordonnance des salles et la qualité des appareillages, cette double ambition militaire et seigneuriale qui fit, pendant près de quatre siècles, toute la grandeur du lieu.

Histoire

Imposante ruine médiévale des XIIIe-XVe siècles avec remaniements Renaissance, propriété des Tournemine, seigneurs bretons. Cinq tours subsistent en élévation. Classé Monument Historique et ouvert au public.

Contes, légendes & anecdotes

La Hunaudaye fut l'une des plus puissantes forteresses de la Bretagne méridionale au Moyen Âge. Les Tournemine, ses seigneurs, jouèrent un rôle majeur dans les guerres entre ducs de Bretagne et rois de France. La légende locale évoque un souterrain de fuite reliant la tour maîtresse à la forêt, emprunté selon la tradition lors du siège de 1393. Des fouilles archéologiques récentes ont mis au jour des structures inattendues dans la cour, alimentant les théories sur l'étendue réelle de la forteresse.

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Fiche mise à jour le 10 octobre 2026

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