
Contributions & œuvres
Là où Arminius plaidait la douceur, Gomarus opposait la rigueur. Théologien de fer, défenseur inflexible de la prédestination absolue, il fut le chef du parti calviniste strict qui l'emporta au synode de Dordrecht. Son nom désigne encore les « gomaristes » : ceux pour qui le salut ne doit rien à l'homme et tout à la volonté souveraine de Dieu.
Le gardien de la doctrine
Né à Bruges en 1563 dans une famille gagnée à la Réforme, Gomarus dut fuir la répression espagnole et se forma dans les universités protestantes d'Allemagne et d'Angleterre. Nommé professeur de théologie à Leyde en 1594, il y incarnait l'orthodoxie calviniste la plus pure lorsque, en 1603, arriva son collègue Arminius. Le choc fut frontal. Pour Gomarus, remettre en cause la prédestination, c'était ruiner toute la foi réformée : si le salut dépendait en quoi que ce fût du libre choix humain, la grâce de Dieu cessait d'être souveraine. Il mena la bataille sans relâche, en chaire, en dispute publique et par l'écrit, jusqu'à quitter Leyde en 1611, jugeant l'université trop indulgente envers les arminiens.
Le vainqueur de Dordrecht
Le grand affrontement se dénoua au synode de Dordrecht (1618-1619), assemblée internationale des Églises réformées. Sous la protection de Maurice de Nassau, les gomaristes y firent condamner les arminiens : les cinq points affirmés à Dordrecht (dépravation totale de l'homme, élection inconditionnelle, expiation limitée, grâce irrésistible, persévérance des saints) devinrent le socle du calvinisme orthodoxe pour des siècles, jusqu'en Amérique. Le synode ordonna aussi la traduction officielle de la Bible en néerlandais, la Statenvertaling, monument de la langue. Mais la victoire eut son prix : les pasteurs arminiens furent chassés, Oldenbarnevelt exécuté, et la République, un temps, sacrifia sa réputation de tolérance. Gomarus, professeur ensuite à Groningue, mourut en 1641, vainqueur d'un combat dont l'intransigeance laissa des plaies durables.
Anecdote mémorable
De la querelle Arminius-Gomarus est née une expression restée dans la langue néerlandaise : on parle encore des rekkelijken(les « accommodants », arminiens) et despreciezen (les « rigoureux », gomaristes). Au-delà de la théologie, ces deux mots ont fini par désigner deux tempéraments éternels des Pays-Bas — la souplesse marchande et la rigueur de principe — que l'on retrouve, dit-on, jusque dans la vie politique d'aujourd'hui.
Importance historique
Là où Arminius plaidait la douceur, Gomarus opposait la rigueur. Théologien de fer, défenseur inflexible de la prédestination absolue, il fut le chef du parti calviniste strict qui l'emporta au synode de Dordrecht. Son nom désigne encore les « gomaristes » : ceux pour qui le salut ne doit rien à l'homme et tout à la volonté souveraine de Dieu.
