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Jacobus Arminius (1560-1609)

✦ Illustre ✦

Jacobus Arminius

théologie / remontrants

1560-1609·théologie · remontrants

Contributions & œuvres

Doux, prudent, mais inébranlable sur le fond, Arminius fut le théologien qui fissura le calvinisme des Provinces-Unies. En affirmant que Dieu veut le salut de tous et que l'homme y garde sa part de liberté, il rompit avec la doctrine de la prédestination absolue — et déclencha, sans le vouloir, la plus grande querelle religieuse de l'histoire néerlandaise.

Le pasteur d'Amsterdam devenu professeur

Né en 1560 à Oudewater, orphelin (sa mère et sa famille furent massacrées lors du sac de la ville par les Espagnols en 1575), le jeune Jakob Harmenszoon fut recueilli et instruit aux frais de bienfaiteurs, étudia à Leyde puis à Genève auprès de Théodore de Bèze, le successeur de Calvin. Devenu pasteur estimé à Amsterdam, il fut chargé de réfuter des critiques de la prédestination — et, en les étudiant, se laissa convaincre par elles. Nommé professeur de théologie à Leyde en 1603, il y enseigna une lecture plus souple du salut, aussitôt combattue par son collègue Franciscus Gomarus.

La querelle du salut

Le débat portait sur une question vertigineuse : Dieu a-t-il, de toute éternité, décidé qui serait sauvé et qui serait damné, sans égard à la foi ni aux actes de chacun (position de Calvin et de Gomarus) ? Arminius répondait non : Dieu offre le salut à tous, et sa prédestination tient compte de la foi que l'homme, aidé par la grâce, peut librement accueillir ou refuser. Derrière la théologie perçait une immense question de liberté humaine. La controverse enfla, se doubla d'un affrontement politique entre Oldenbarnevelt (favorable aux arminiens) et Maurice (favorable aux gomaristes), et faillit précipiter la République dans la guerre civile. Arminius, épuisé par les attaques, mourut en 1609 avant d'avoir vu le dénouement — le synode de Dordrecht (1618-1619) condamnerait ses disciples. Sa part d'ombre est celle d'un homme trop conciliant : sa prudence même laissa ses idées sans défense après lui.

Anecdote mémorable

Le nom d'Arminius a survécu bien au-delà des Pays-Bas : l'« arminianisme », sa doctrine du libre arbitre dans le salut, devint l'un des grands courants du protestantisme mondial. Au XVIIIᵉ siècle, John Wesley en fit le socle théologique du méthodisme — si bien que des millions de protestants anglophones sont aujourd'hui, sans le savoir, les héritiers spirituels d'un professeur de Leyde né à Oudewater.

Importance historique

Doux, prudent, mais inébranlable sur le fond, Arminius fut le théologien qui fissura le calvinisme des Provinces-Unies. En affirmant que Dieu veut le salut de tous et que l'homme y garde sa part de liberté, il rompit avec la doctrine de la prédestination absolue — et déclencha, sans le vouloir, la plus grande querelle religieuse de l'histoire néerlandaise.

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