
Contributions & œuvres
De tous les réformateurs des Pays-Bas, Menno Simons est celui dont le nom a fait le tour du monde : les mennonites, présents aujourd'hui sur tous les continents, se réclament de ce prêtre frison qui rompit avec Rome pour bâtir une Église de croyants pacifiques. Dans une Réforme souvent violente, il choisit, seul et traqué, la voie du refus des armes.
Le prêtre qui rompit avec Rome
Né en 1496 à Witmarsum, en Frise, Menno fut ordonné prêtre catholique. Le doute le saisit tôt : il en vint à rejeter la transsubstantiation, puis le baptême des enfants, qu'il jugeait sans fondement dans l'Écriture. En 1536, il quitta l'Église romaine. Le contexte était dramatique : l'année précédente, des anabaptistes révolutionnaires avaient instauré à Münster une « Nouvelle Jérusalem » sanglante, écrasée dans un bain de sang qui déshonora tout le mouvement. Menno prit sur lui de sauver l'anabaptisme de cette dérive : il en devint, à partir de 1537, le chef de l'aile pacifique, rassemblant les croyants dispersés et pourchassés du Nord.
Une Église de paix, dans la clandestinité
L'enseignement de Menno tient en quelques principes fermes : le baptême réservé aux adultes ayant fait profession de foi, une Église séparée de l'État et rassemblant les seuls vrais croyants, le refus du serment et surtout le refus absolu de la violence et du service armé. Cette non-violence, radicale pour l'époque, valut à ses fidèles d'être persécutés par les catholiques comme par les autres réformés. Menno lui-même vécut le reste de sa vie en fuite, sa tête mise à prix, imprimant ses écrits en secret. Sa part d'ombre n'est pas dans ses actes mais dans les querelles internes qu'il ne put apaiser : rigoureux sur la discipline, il pratiqua l'excommunication (le ban) avec une sévérité qui divisa durablement ses communautés. Il mourut en 1561, laissant une Église de la douceur née dans la clandestinité.
Anecdote mémorable
Le refus mennonite de porter les armes traversa les siècles et les océans : persécutés en Europe, les mennonites émigrèrent en Prusse, en Russie, puis en Amérique, où ils obtinrent souvent des dispenses de service militaire. Le nom de ce prêtre frison du XVIᵉ siècle désigne aujourd'hui des centaines de milliers de fidèles, du Canada au Paraguay — l'un des plus lointains héritages de la Réforme des Pays-Bas.
Importance historique
De tous les réformateurs des Pays-Bas, Menno Simons est celui dont le nom a fait le tour du monde : les mennonites, présents aujourd'hui sur tous les continents, se réclament de ce prêtre frison qui rompit avec Rome pour bâtir une Église de croyants pacifiques. Dans une Réforme souvent violente, il choisit, seul et traqué, la voie du refus des armes.
