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Maurits van Nassau (1567-1625)

✦ Illustre ✦

Maurice de Nassau

chef d'État / réformateur militaire

1567-1625·chef d'État · réformateur militaire

Contributions & œuvres

Deuxième fils de Guillaume d'Orange, Maurits van Nassau reprit à seize ans le flambeau d'une révolte décapitée par l'assassinat de son père. Stathouder et capitaine général, il devint le meilleur homme de guerre de son temps : c'est lui qui, l'épée à la main et le compas de l'ingénieur à ses côtés, arracha aux armées espagnoles la survie des Provinces-Unies.

Le stratège qui refonda la guerre

Élève de l'université de Leyde, où il étudia les mathématiques auprès de Simon Stevin, Maurice appliqua la raison savante au métier des armes. Il réorganisa l'armée des États en une troupe payée, disciplinée et exercée sans relâche : maniement d'armes décomposé en gestes standardisés, unités plus petites et plus mobiles, contre-marche des mousquetaires pour entretenir un feu continu, tranchées et fortifications à l'italienne perfectionnées. Cette « réforme militaire orangiste » fut étudiée dans toute l'Europe. À sa tête, il enleva une à une les places tenues par l'Espagne — Breda, Groningue, Nimègue, Zutphen — dans une série de sièges méthodiques que l'on surnomma les « campagnes de nettoyage » des années 1590, fixant pour un siècle la frontière de la République.

Le pouvoir, la foi et une tête tombée

Longtemps, Maurice partagea le gouvernement avec le grand pensionnaire Johan van Oldenbarnevelt, artisan civil de la République. Mais la trêve de Douze Ans (1609) et la querelle religieuse entre remontrants et gomaristes les dressèrent l'un contre l'autre. Maurice se rangea du côté des calvinistes stricts, fit arrêter Oldenbarnevelt et laissa condamner à mort ce vieux serviteur de l'État, décapité en 1619 — un procès politique dont l'ombre pèse encore sur sa mémoire. Chef militaire de génie mais politique rigide, Maurice ne trouva jamais le compromis civil qu'avait su tenir son rival. Il mourut en 1625, sans héritier légitime, laissant la charge à son demi-frère Frédéric-Henri.

Anecdote mémorable

En 1600, à la bataille de Nieuport, Maurice remporta l'une des rares batailles rangées de la guerre — mais confia plus tard qu'il l'avait livrée à contrecœur, poussé par Oldenbarnevelt et les marchands d'Amsterdam qui voulaient dégager la côte flamande. Vainqueur, il jugea l'aventure si risquée qu'il refusa d'en tenter de semblables : sa vraie signature restera le siège patient, non le choc frontal.

Importance historique

Deuxième fils de Guillaume d'Orange, Maurits van Nassau reprit à seize ans le flambeau d'une révolte décapitée par l'assassinat de son père. Stathouder et capitaine général, il devint le meilleur homme de guerre de son temps : c'est lui qui, l'épée à la main et le compas de l'ingénieur à ses côtés, arracha aux armées espagnoles la survie des Provinces-Unies.

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