
« Prince d'enluminure. »
Contributions & œuvres
Peintre et enlumineur de Valenciennes, Simon Marmion fut surnommé par ses contemporains le « prince d'enluminure ». À la charnière des Flandres et de la France bourguignonne, il déploie dans ses livres peints et ses retables une délicatesse de coloris et de lumière qui en fait l'un des maîtres du XVᵉ siècle septentrional. Son grand œuvre documenté est le Retable de saint Bertin, aujourd'hui démembré entre plusieurs musées.
La nuance: travaillant surtout pour le livre, art longtemps tenu pour mineur, Marmion est resté dans l'ombre des peintres de panneaux, et son corpus d'enlumineur reste en partie conjectural.
Anecdote mémorable
Le Retable de saint Bertin, commandé par l'abbé Guillaume Fillastre, a été démembré : sa partie centrale d'orfèvrerie est perdue, et ses volets peints sont aujourd'hui partagés entre Berlin et Londres. De l'ensemble le plus ambitieux du maître ne subsistent ainsi que des fragments dispersés.
Influences reçues
Originaire d'Amiens, formé dans l'orbite de l'art de cour bourguignon, il assimile les leçons des grands Primitifs flamands — Jan van Eyck, Rogier van der Weyden — dont il retient le soin du détail et la profondeur des espaces, qu'il tempère d'une douceur toute personnelle.
Influences exercées
Son art luministe irrigue l'enluminure flamande de la fin du siècle, en particulier l'école de Gand-Bruges et le milieu du Maître de Marie de Bourgogne, qui prolongent sa manière tendre et ses paysages baignés de lumière. Sa réputation de « prince d'enluminure » en fait une référence pour la génération suivante.
Importance historique
Simon Marmion est l'un des plus délicats coloristes du XVᵉ siècle septentrional, à la charnière des Flandres bourguignonnes et de la France. Installé à Valenciennes, il mène de front la peinture de panneaux et l'enluminure, et c'est dans le livre peint qu'il donne sa pleine mesure : une lumière douce, des lointains bleutés, une tendresse de visages qui tranchent sur la rigueur de ses contemporains. Son grand œuvre documenté, le Retable de saint Bertin exécuté vers 1455-1459 pour Guillaume Fillastre, abbé de Saint-Bertin à Saint-Omer, témoigne d'une ambition monumentale. L'audace est d'avoir porté l'art réputé mineur de l'enluminure à la dignité de la grande peinture, au point qu'un poète le couronnera « prince d'enluminure ». La nuance tient précisément à ce choix : artiste du livre avant tout, longtemps resté dans l'ombre des peintres de retables, il n'a vu son corpus reconstitué que tardivement — un colloque de 1990 au Getty a dû trancher les attributions — et une part de son œuvre d'enlumineur demeure conjecturale.
