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Cathédrale Saint-Étienne de Toul — édifice religieux à Toul (Meurthe-et-Moselle (54)) (54), monument historique (Classé MH)

✦ Monument ✦

Cathédrale Saint-Étienne de Toul

1221-1496 (édifice) ; chapelles Renaissance 1490-1560·Religieux·Toul (Meurthe-et-Moselle (54)) (54)·Classé MH
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Cathédrale Saint-Étienne de Toul — édifice religieux à Toul (Meurthe-et-Moselle (54)) (54), monument historique (Classé MH) — vue 2
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À voir

Ancienne cité épiscopale des Trois-Évêchés, Toul s'enorgueillit d'une cathédrale dont la façade est l'une des plus spectaculaires de l'art flamboyant en France. Bâtie au terme d'une longue aventure gothique, Saint-Étienne reçut au XVIe siècle, au contact du goût nouveau, deux chapelles Renaissance d'une audace technique remarquable. Elle offre ainsi, de sa façade à son flanc, un condensé du passage du gothique finissant aux élégances de la Renaissance lorraine.

Trois siècles de gothique

La cathédrale fut édifiée sur près de trois siècles. Le chœur fut commencé vers 1210-1235, le transept élevé de 1275 à 1297, et la nef de 1331 à 1400. Mais c'est la façade occidentale, achevée en 1497, qui en constitue le morceau de bravoure : un chef-d'œuvre du gothique flamboyant, où deux tours de soixante-deux mètres encadrent un écran de pierre entièrement ajouré, dentelle de gâbles, de pinacles et d'arcatures. À cette façade s'ajoute un immense cloître gothique des XIIIe et XIVe siècles, l'un des plus vastes de France, déroulant cent cinquante-sept mètres de galeries sur trois côtés. L'intérieur frappe par l'élévation de la nef et la pureté du dessin gothique, poursuivi avec cohérence sur plusieurs générations de bâtisseurs. Les tours occidentales, hautes de soixante-deux mètres, devaient à l'origine être couronnées de flèches qui les auraient portées à près de quatre-vingt-dix mètres, projet jamais réalisé mais qui dit l'ambition du chapitre toullois à la fin du Moyen Âge.

Les chapelles Renaissance

C'est au XVIe siècle que la Renaissance fit son entrée à Saint-Étienne, par deux chapelles ajoutées au flanc de l'édifice. La chapelle des Évêques, élevée après 1533, est une prouesse : elle est couverte d'une voûte plate d'environ huit mètres de portée, sans aucune colonne pour la soutenir, exploit de stéréotomie qui témoigne de la science nouvelle des bâtisseurs et de leur goût pour les effets savants. La chapelle dite de Tous-les-Saints, elle, joue d'effets de perspective. Ces deux ouvrages, par leur vocabulaire ornemental et leurs partis architecturaux, marquent l'arrivée du langage Renaissance dans un édifice jusque-là tout gothique, et constituent le cœur de l'intérêt du monument pour un atlas de la Renaissance. Greffées sur un vaisseau médiéval, elles illustrent la façon dont les grands sanctuaires lorrains s'approprièrent, au XVIe siècle, les nouveautés venues du Midi et d'Italie : non par une reconstruction d'ensemble, mais par l'adjonction de chapelles où s'affichaient le goût et la science nouvelle des commanditaires et des maîtres d'œuvre.

Ce qu'il faut voir

Il faut d'abord contempler la façade occidentale, de préférence en lumière rasante, pour en saisir le foisonnement sculpté et la légèreté de l'écran de pierre. On gagnera ensuite les chapelles du XVIe siècle : dans la chapelle des Évêques, lever les yeux vers la voûte plate pour mesurer l'audace d'un plafond de huit mètres sans appui central ; dans la chapelle de Tous-les-Saints, apprécier les jeux de perspective. On terminera par le cloître, dont l'ampleur et la régularité impressionnent, en parcourant ses longues galeries qui comptent parmi les plus étendues du gothique français.

Le saviez-vous ?

La voûte plate de la chapelle des Évêques relève d'un tour de force technique que peu d'édifices osèrent : couvrir un espace large d'une dalle de pierre quasi horizontale, où chaque claveau est taillé pour s'enclaver à ses voisins, exige une maîtrise parfaite de la coupe des pierres. Ce type de prouesse, caractéristique de l'esprit de la Renaissance, où l'art se double d'une démonstration de science, fait de cette chapelle toulloise un jalon précieux de l'architecture du XVIe siècle dans l'Est de la France.

La cathédrale a traversé des épreuves : un bombardement incendiaire en 1940 détruisit la toiture et l'orgue ancien, et une longue restauration, menée des années 1980 à 2020 pour la polychromie intérieure, lui a rendu son éclat ; elle a célébré son huit-centième anniversaire en 2021. Classée au titre des monuments historiques dès 1840, elle a longtemps figuré, avec les autres monuments de Toul, parmi les joyaux des anciens Trois-Évêchés. On en repart avec le souvenir d'une façade de dentelle et de deux chapelles où la Lorraine, au siècle de la Renaissance, sut allier l'audace technique à la nouveauté du goût, dans le prolongement d'une tradition gothique poussée à son dernier degré de raffinement.

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Fiche mise à jour le 10 octobre 2026

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