Richard Cœur de Lion a failli mourir à Beynac en 1190, touché à l'épaule par une arbalète alors qu'il inspectait les défenses du château.
À voir
Accroché à une falaise vertigineuse au-dessus de la Dordogne, le château de Beynac est l'une des images les plus saisissantes du Périgord. Forteresse de l'une des quatre baronnies de la province, il a tenu tête à l'Anglais pendant la guerre de Cent Ans, face à son rival de Castelnaud planté sur l'autre rive. Du donjon roman à la salle des États du Périgord, il condense des siècles d'histoire militaire et seigneuriale.
Une forteresse née au XIIe siècle
La forteresse est édifiée à partir du XIIe siècle par les barons de Beynac, pour contrôler la vallée de la Dordogne, axe vital du commerce et de la guerre. Le donjon carré, sévère et massif, date du XIIIe siècle, couronné de créneaux et conçu pour résister aux assauts. Aux XIVe et XVe siècles, des bâtiments résidentiels s'ajoutent à la forteresse, qui cesse peu à peu d'être un simple réduit défensif pour devenir une demeure. Des XVIe et XVIIe siècles enfin datent des modifications et agrandissements qui adoucissent la rudesse de l'ensemble.
Richard Cœur de Lion et la guerre de Cent Ans
L'histoire de Beynac croise celle des grands du royaume. Après la mort d'Adhémar de Beynac, mort sans héritier, Richard Cœur de Lion confie la place à son fidèle capitaine de mercenaires, Mercadier, entre 1194 et 1200. Les baronnies, partagées entre deux frères en 1241, sont réunies en 1379. Mais c'est la guerre de Cent Ans qui fixe la légende du lieu : Beynac est l'une des places fortes françaises, la Dordogne formant la frontière entre les fiefs du roi de France et la Guyenne tenue par les Anglais. En face, sur l'autre rive, le château de Castelnaud est aux mains des Anglais : les deux forteresses se font front, séparées par la rivière, dans un duel qui résume à lui seul la géographie du conflit en Périgord.
Le château Renaissance et la salle des États
Au fil des XVe, XVIe et XVIIe siècles, Beynac se dote d'aménagements plus confortables qui portent la marque de la Renaissance et de l'âge classique. L'aile résidentielle du XVIIe siècle conserve des boiseries et des plafonds peints. Mais l'élément à chercher absolument est la salle des États du Périgord, ornée d'une cheminée Renaissance : c'est là, dit la tradition, que se réunissait la noblesse de la baronnie. Une petite chapelle, décorée de fresques du XVe siècle, complète ce décor où l'austérité militaire le dispute au raffinement naissant. L'ensemble montre comment une forteresse médiévale a su, à l'orée des temps modernes, se parer d'un visage plus élégant sans renoncer à sa puissance.
Ce qu'il faut voir
Le visiteur embrassera d'abord le donjon carré roman du XIIIe siècle, cœur de la forteresse, puis la double enceinte et la barbacane qui protègent le château du côté du plateau, seul accès praticable, la falaise assurant la défense côté rivière. À l'intérieur, la salle des États et sa cheminée Renaissance, les boiseries et plafonds peints du logis du XVIIe siècle, et les fresques du XVe siècle de la chapelle méritent l'attention. Depuis les terrasses, le panorama sur la vallée de la Dordogne et sur Castelnaud, en vis-à-vis, offre la plus belle leçon d'histoire qui soit. Le château est classé au titre des monuments historiques par arrêté du 11 février 1944.
Le saviez-vous ?
Beynac compte parmi les quatre grandes baronnies du Périgord, avec Biron, Bourdeilles et Mareuil : un rang qui en faisait l'une des places les plus considérables de la province. Sa position face à Castelnaud, château « anglais » pendant la guerre de Cent Ans, en fait le symbole par excellence de la frontière qui coupait alors le Périgord en deux le long de la Dordogne. Le promeneur qui gravit la rampe jusqu'au sommet refait, sans le savoir, le chemin qu'empruntaient les hommes d'armes et les barons, et découvre au bout l'un des points de vue les plus célèbres de France, où le fleuve, les villages et les forteresses rivales composent un paysage resté presque intact depuis le Moyen Âge.
Histoire
L'une des forteresses médiévales les mieux préservées de Dordogne, perchée à 150 m au-dessus de la rivière. Place forte française pendant la guerre de Cent Ans, face à Castelnaud (camp anglais). Le château conserve des salles des états du Périgord du XVe siècle. Classé Monument Historique.
Contes, légendes & anecdotes
Beynac et Castelnaud, qui se font face de part et d'autre de la Dordogne, incarnent la division du Périgord entre Français et Anglais pendant la guerre de Cent Ans. On dit que les sentinelles des deux châteaux pouvaient s'interpeller à travers la rivière lors de périodes de trêve. Richard Cœur de Lion assiégea Beynac en 1190 et faillit y trouver la mort — une arbalète l'atteignit à l'épaule alors qu'il inspectait les défenses depuis son cheval. Beynac servit de décor à de nombreux films dont Les Visiteurs (1993).
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Fiche mise à jour le 10 octobre 2026


















