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Château de Richemont — château à Saint-Crépin-de-Richemont, Dordogne, inscrit mh

✦ Monument ✦

Château de Richemont

XVIe s.·Château / Demeure·Saint-Crépin-de-Richemont (24)·Inscrit MH·François Ier, Henri II, François II, Charles IX, Henri III
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Château de Richemont — château à Saint-Crépin-de-Richemont, Dordogne, façade, inscrit mh
Château de Richemont — château à Saint-Crépin-de-Richemont, Dordogne, intérieur, inscrit mh
Château de Richemont — château à Saint-Crépin-de-Richemont, Dordogne, vue de nuit, inscrit mh

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Quiz du monument

Brantôme a écrit ses célèbres Vies des Dames Galantes en exil à Richemont après une chute de cheval.

À voir

Sur les hauteurs de Saint-Crépin-de-Richemont, en Périgord vert, le château de Richemont n'est pas une forteresse héritée mais une demeure voulue et dessinée par un seul homme : Pierre de Bourdeille, plus connu sous son nom de plume, Brantôme. Mémorialiste de la Renaissance, courtisan devenu écrivain, il fit de ce château la retraite où naquit son œuvre. Rares sont les monuments où l'histoire littéraire et l'architecture se confondent à ce point.

Le château d'un écrivain

Pierre de Bourdeille, dit Brantôme (vers 1540-1614), fut abbé commendataire de Brantôme et homme de cour, familier des champs de bataille comme des cabinets princiers. Une chute de cheval interrompit brutalement sa carrière militaire ; immobilisé, il se tourna vers l'écriture. C'est à Richemont, dont il entreprend la construction à partir de 1564, qu'il composa ses Mémoires, ces portraits vivants des grands capitaines et des dames de son temps, parmi lesquels les célèbres Vies des dames galantes. Le château ne lui survit pas comme un simple décor : il en fut le commanditaire, le maître d'œuvre moral, et il y mourut le 5 juillet 1614.

Une demeure Renaissance au goût de la défense

L'édifice se compose de deux corps de bâtiment rectangulaires disposés en équerre, articulés autour d'une tour carrée. La construction, commencée en 1564, ne s'achève que vers 1610, embrassant ainsi près d'un demi-siècle. Cette durée se lit dans les murs : l'aile d'habitation la plus ancienne, achevée vers 1581, présente des plafonds bas et des ouvertures extérieures étroites, encore héritées d'une conception prudente ; l'aile de réception, terminée vers 1610, offre au contraire des plafonds plus hauts, des pièces spacieuses et des fenêtres à meneaux décoratives, pleinement Renaissance. Les éléments d'allure défensive — merlons, chemin de ronde étroit, base élargie des murs — relèvent davantage de l'idéal chevaleresque et de l'image que Brantôme se faisait d'une maison noble que d'une véritable fonction militaire. Richemont est ainsi un manifeste : celui d'un lettré qui habille sa demeure des signes d'un passé féodal qu'il admire tout en y installant le confort nouveau de son siècle.

L'intérieur du mémorialiste

À l'étage se trouvent le cabinet d'écriture, orné de boiseries, et la chambre de l'écrivain, pièces qui donnent au lieu sa dimension intime. C'est dans ces murs que furent couchés sur le papier les souvenirs d'une vie passée auprès des rois Valois, de Catherine de Médicis et des grands de la cour. Le château conserve pour l'essentiel l'identité que lui a donnée son bâtisseur, malgré quelques retouches ultérieures : l'ajout d'une terrasse au XVIIe siècle et l'agrandissement des fenêtres du salon au XIXe siècle.

La chapelle et le tombeau

Brantôme est enterré dans la chapelle du château, où il s'était retiré pour mourir. Cette présence du tombeau au cœur même de la demeure scelle le lien unique entre l'homme et les pierres : Richemont n'est pas seulement le lieu où il a vécu et écrit, c'est aussi sa dernière demeure, au sens le plus littéral. Le château est inscrit au titre des Monuments historiques depuis 1927.

Ce qu'il faut chercher du regard

On observera d'abord la composition en équerre des deux ailes autour de la tour carrée, puis le contraste révélateur entre les ouvertures étroites de l'aile ancienne et les larges baies à meneaux de l'aile de réception : à lui seul, ce décalage raconte le passage d'une esthétique encore médiévale à une esthétique Renaissance. On cherchera aussi, à l'étage, le cabinet d'écriture, matrice de l'œuvre de Brantôme, et l'on gardera pour la fin la chapelle funéraire.

Le saviez-vous ?

Brantôme n'a jamais publié ses livres de son vivant : ses Mémoires, dont les Vies des dames galantes, ne parurent qu'au XVIIe siècle, longtemps après sa mort à Richemont. Le château que l'on parcourt aujourd'hui est donc le véritable atelier d'une œuvre majeure de la littérature française, écrite à l'écart de la cour mais tout entière nourrie de ses souvenirs. Peu de demeures de la Renaissance française peuvent se prévaloir d'un lien aussi direct entre leurs murs et un grand texte.

Histoire

Château Renaissance du XVIe siècle construit par Pierre de Bourdeilles, abbé de Brantôme et célèbre chroniqueur. Propriété privée non accessible. Inscrit Monument Historique.

Contes, légendes & anecdotes

Pierre de Bourdeilles, dit Brantôme, abbé de Brantôme et seigneur de Richemont, fut l'un des chroniqueurs les plus piquants de la Renaissance française. Ses Vies des Dames Galantes, mémoires coquins sur les amours de la cour des Valois, constituent une source historique précieuse — et scandaleuse. Brantôme, blessé lors d'une chute de cheval, se retira à Richemont pour dicter ses mémoires. Il n'osa les publier de son vivant, sachant que les personnages (ou leurs héritiers) auraient pu le poursuivre.

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Fiche mise à jour le 10 octobre 2026

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