Le château de Commarque a été continuellement habité depuis le Moyen Âge jusqu'à nos jours.
À voir
Dans un vallon secret du Périgord noir, le château de Commarque se dresse sur un éperon calcaire au-dessus de la Beune, face aux vestiges du château de Laussel. Longtemps livrée à la forêt et surnommée « la forteresse oubliée », cette place forte médiévale est l'un des sites patrimoniaux et archéologiques les plus saisissants de la vallée de la Vézère. ## Une forteresse pour protéger l'abbaye Les origines de Commarque remontent au XIIᵉ siècle : le château fut édifié pour protéger l'abbaye bénédictine de Sarlat et verrouiller la vallée. Très tôt, la maison de Commarque céda la place aux chevaliers de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem, les Hospitaliers, qui la conservèrent près d'un siècle. Au XIIIᵉ siècle, la forteresse passa par échange à la puissante maison de Beynac, qui en fit sa résidence seigneuriale. L'essentiel des constructions remonte au XIVᵉ siècle, contemporain de la guerre de Cent Ans, période où le site, aux confins de zones disputées, connut son plein développement militaire. ## Un castrum, non un simple château La singularité de Commarque est de n'être pas un château unique mais un véritable castrum, un village fortifié de hauteur. Autour du donjon et du logis des Beynac se pressaient plusieurs maisons nobles — les maisons-tours des familles de Commarque, de Cendrieux, de Gondrix ou de La Chapelle —, chacune avec sa propre enceinte, ses accès et ses fossés, formant une petite communauté de coseigneurs. Le donjon roman, bâti au XIIᵉ siècle et percé de fenêtres à colonnettes, fut reconstruit et surélevé, notamment vers 1380, et couronné de mâchicoulis. Une chapelle dédiée à saint Jean, une barbacane du XIIIᵉ siècle et un ouvrage avancé du XIVᵉ siècle complétaient le dispositif. Au pied de la falaise, un habitat semi-troglodytique creusé dans le roc — les cluzeaux — prolongeait la forteresse dans la pierre même. ## Le temps de l'abandon Commarque n'a pas reçu, à la Renaissance, les élégants aménagements qui transformèrent tant de forteresses en demeures de plaisance : c'est au contraire à cette époque que les familles nobles commencèrent à déserter l'éperon, lui préférant des logis plus confortables dans la plaine. Guy de Beynac, dernier seigneur à habiter Commarque, y mourut en 1656, et le site fut définitivement abandonné au XVIIIᵉ siècle. La forêt reprit alors ses droits, enfouissant peu à peu les ruines sous le lierre et les broussailles, jusqu'à les rendre presque invisibles. Ce long sommeil, loin d'être une perte, a figé le castrum dans son état médiéval, préservant une image rare de la vie seigneuriale avant les grandes transformations modernes. ## Ce qu'il faut voir Le visiteur doit chercher du regard l'étagement des constructions sur l'éperon : le donjon dominateur et ses mâchicoulis, les ruines des maisons-tours des coseigneurs, la chapelle, les fossés et les enceintes imbriquées. Depuis les hauteurs, le panorama sur la vallée de la Beune et sur le château de Laussel, dressé en vis-à-vis sur l'autre versant, offre l'un des plus beaux tableaux du Périgord. À la base de la falaise, la grotte ornée de Commarque recèle quelque cent cinquante gravures magdaléniennes, vieilles d'environ quinze mille ans : le lieu condense ainsi, sur quelques hectares, une occupation humaine continue de la préhistoire au Grand Siècle. ## Le saviez-vous ? Classé au titre des monuments historiques, Commarque doit sa résurrection à la passion d'un homme : Hubert de Commarque racheta en 1968 les ruines de ses ancêtres et entreprit d'en consolider les parties les plus menacées. De forteresse oubliée dévorée par la forêt, Commarque est ainsi redevenue l'un des hauts lieux du Périgord, miraculé de la vallée de la Vézère, où l'archéologie médiévale et l'art préhistorique se donnent rendez-vous dans un même paysage. Cette double profondeur — la pierre taillée du Moyen Âge et la paroi gravée des chasseurs de rennes — fait de Commarque un lieu unique en France, où l'on mesure d'un seul regard l'immense durée de la présence humaine en Périgord.
Histoire
Ensemble castral des XIIe-XVe siècles avec logis Renaissance, appartenant aux familles Beynac et Commarque. Abandonné depuis le XVIe siècle, il est en cours de fouilles et de restauration depuis 2000. Classé Monument Historique.
Contes, légendes & anecdotes
Commarque est l'archétype du 'château fantôme' : abandonné depuis 1520 et englouti par la végétation, il fut redécouvert au XXe siècle lors des fouilles archéologiques. Dans les grottes situées sous le château fut découvert un bas-relief préhistorique d'un cheval, témoignant d'une occupation humaine depuis la Préhistoire. Les fouilles actuelles révèlent progressivement la vie médiévale de ce château — un chantier archéologique en direct que les visiteurs peuvent observer.
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Fiche mise à jour le 10 octobre 2026

















