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Château de Castelnaud — château à Castelnaud-la-Chapelle, Dordogne, classé mh

✦ Monument ✦

Château de Castelnaud

XVIe s.·Château / Demeure·Castelnaud-la-Chapelle (24)·Classé MH·Louis XII, François Ier, Henri II, François II, Charles IX, Henri III
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Château de Castelnaud — château à Castelnaud-la-Chapelle, Dordogne, façade, classé mh
Château de Castelnaud — château à Castelnaud-la-Chapelle, Dordogne, intérieur, classé mh
Château de Castelnaud — château à Castelnaud-la-Chapelle, Dordogne, vue de nuit, classé mh

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Quiz du monument

Pendant la guerre de Cent Ans, quelle était la position politique des seigneurs Caumont de Castelnaud ?

À voir

Dressé sur un promontoire au confluent de la Dordogne et du Céou, face à son éternel rival Beynac, le château de Castelnaud est l'une des forteresses les plus spectaculaires du Périgord. Place forte cathare, puis anglaise durant la guerre de Cent Ans, modernisée pour l'artillerie au XVIe siècle, il abrite aujourd'hui l'un des plus grands musées consacrés à la guerre au Moyen Âge.

Des origines cathares à la croisade des Albigeois

Le château apparaît à la fin du XIIe siècle, propriété de Bernard de Casnac, seigneur acquis à la cause cathare. En 1214, pendant la croisade des Albigeois, Simon de Montfort s'empare de la forteresse ; reprise, elle est de nouveau assiégée et incendiée en 1215 par l'archevêque de Bordeaux. Un nouveau château est reconstruit au milieu du XIIIe siècle sous l'autorité capétienne. Après le traité de Paris de 1259, la place reconnaît la suzeraineté anglaise sur l'Aquitaine, inscrivant Castelnaud dans le camp qui fera face, plus tard, à la France de Beynac.

La guerre de Cent Ans et les Caumont

En 1368, la famille de Caumont acquiert le château par mariage et le conservera des siècles durant. Pendant la guerre de Cent Ans, la forteresse change fréquemment de mains, au gré des trêves et des coups de main. Les troupes françaises, menées par Jean de Carbonnières, la reprennent en 1437 après seize ans d'occupation anglaise ; mais le conflit n'est pas clos pour autant, et le château n'est définitivement repris par les Français que le 7 octobre 1442. Ce long balancement entre les deux couronnes fait de Castelnaud un observatoire privilégié de la guerre en Périgord, où le fleuve séparait, sur quelques centaines de mètres, le fief français de Beynac et la place tenue par l'Anglais.

La modernisation Renaissance pour l'artillerie

Le XVIe siècle marque l'adaptation de la forteresse aux armes à feu. Pendant les guerres de Religion, le capitaine huguenot Geoffroy de Vivans défend la place et met en œuvre de nouvelles défenses d'artillerie : bastions et tours à canon qui, par leur efficacité, dissuaderont les assauts durant cette période troublée. C'est l'apport majeur de la Renaissance à Castelnaud : non pas un décor d'apparat, mais une réponse technique à la révolution de la poudre, qui transforme la silhouette médiévale du château en machine de guerre modernisée. Ces ouvrages comptent parmi les éléments les plus instructifs à observer aujourd'hui, car ils marquent le passage de la fortification verticale médiévale à la défense rasante de l'âge du canon.

Ce qu'il faut voir

Le visiteur doit chercher la grosse tour, les courtines et le logis, mais aussi, et surtout, la barbacane et les ouvrages d'artillerie qui témoignent des aménagements du XVIe siècle. Le musée de la guerre au Moyen Âge, installé dans les salles, présente plus de trois cents armes et pièces couvrant du XIIIe au XVIIe siècle, l'une des plus importantes collections de France dans ce domaine : machines de siège, armures, armes d'hast et traits y donnent chair à l'histoire militaire du lieu. Depuis les remparts, la vue sur la vallée de la Dordogne et sur Beynac, en vis-à-vis, est l'une des plus fameuses du Périgord. Le château est protégé au titre des monuments historiques.

Le saviez-vous ?

Vendu comme bien national après la Révolution, Castelnaud tomba en ruine durant près de deux siècles. Il fut acquis en 1965 par Philippe Rossillon, dont le fils, Kléber Rossillon, l'ouvrit au public en 1985 en y créant le musée de la guerre au Moyen Âge. Cette résurrection a fait de la forteresse abandonnée l'un des monuments les plus visités de la région. Le face-à-face avec Beynac demeure le grand récit du lieu : deux châteaux dressés de part et d'autre de la Dordogne, l'un français, l'autre anglais, dont la rivalité médiévale structure encore aujourd'hui la lecture du paysage. Entre les pierres cathares, les défenses d'artillerie de la Renaissance et les collections du musée, Castelnaud offre un condensé vivant de cinq siècles d'art de la guerre.

Histoire

Forteresse médiévale des XIIIe-XVe siècles dominant la vallée de la Dordogne, siège des Caumont, grands seigneurs pro-anglais pendant la guerre de Cent Ans. Le château, face à Beynac (camp français), symbolise la division du Périgord pendant ce conflit. Remaniements et ajouts d'artillerie au XVIe siècle. Abrite le Musée de la Guerre au Moyen Âge avec une collection d'armes et d'engins de siège. Classé Monument Historique.

Contes, légendes & anecdotes

Castelnaud et Beynac, qui se font face de part et d'autre de la Dordogne, symbolisent la division du Périgord entre Anglais et Français pendant la guerre de Cent Ans : les Caumont de Castelnaud étaient pro-anglais, les Beynac pro-français. On raconte que les deux châteaux s'envoyaient des boulets de catapulte par-dessus la rivière lors des périodes de conflit. Aujourd'hui encore, les guides des deux châteaux maintiennent une 'rivalité' touristique amusante pour attirer les visiteurs.

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Fiche mise à jour le 10 octobre 2026

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