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Château de Mauvezin — château à Mauvezin (32), monument historique (Classé MH)

✦ Monument ✦

Château de Mauvezin

XVIe s.·Château / Demeure·Mauvezin (32)·Classé MH·Louis XII, François Ier, Henri II, François II, Charles IX
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Quiz du monument

Quel personnage historique, inspecteur des monuments historiques, a initié la restauration du château de Mauvezin en 1845 ?

À voir

Dominant la plaine depuis sa hauteur gersoise, le château de Mauvezin est l'une de ces puissantes forteresses de piémont qui gardaient les marches de la Bigorre et de l'Armagnac. Son donjon austère, haut de trente-sept mètres, en fait un repère visible de loin. Si l'édifice est essentiellement médiéval, son histoire croise de près celle de la maison de Foix-Béarn, qui devait donner à la France l'un de ses plus grands rois : à ce titre, Mauvezin touche à la Renaissance par la dynastie plus que par la pierre.

Un site fortifié de longue date

Le site est occupé depuis la protohistoire et devint un castrum au haut Moyen Âge. Une première forteresse y fut élevée au XIe siècle par les comtes de Bigorre. Mais l'édifice que l'on voit aujourd'hui doit sa forme à la reconstruction menée vers 1380 par Gaston Fébus — Gaston III de Foix-Béarn, l'un des plus brillants et redoutables princes du XIVe siècle, grand bâtisseur de châteaux et auteur d'un célèbre traité de chasse. Mauvezin est donc d'abord l'œuvre de ce prince fastueux, qui en fit un maillon de son réseau de forteresses.

L'architecture défensive

Le donjon, cœur du dispositif, s'élève à trente-sept mètres ; ses murs atteignent trois mètres et demi d'épaisseur à la base pour se réduire à deux mètres au sommet. Il est bâti en galets roulés de l'Arros, la rivière voisine, mêlés par endroits à des assises de brique — technique de construction caractéristique du piémont pyrénéen. L'enceinte forme un quadrilatère rectangulaire d'environ trente-cinq mètres de côté, s'élevant à quinze mètres de hauteur, renforcé par sept contreforts et couronné d'un chemin de ronde large de deux mètres, lui-même garni de mâchicoulis. Le visiteur doit chercher du regard la sobriété brutale de cet appareil, où rien n'est concédé à l'ornement et où tout concourt à la défense.

La maison de Foix-Béarn et Henri IV

L'intérêt « Renaissance » de Mauvezin est avant tout dynastique. La forteresse resta dans la mouvance de la maison de Foix-Béarn, qui s'éleva jusqu'à la royauté de Navarre, puis transmit ses domaines, par héritage, au roi Henri IV de France. Ainsi, à travers la lente agrégation des terres béarnaises et navarraises, Mauvezin se trouve rattachée à la lignée même du premier Bourbon. Après le rattachement de la Bigorre à la France en 1607, la forteresse perdit sa fonction défensive et se dégrada peu à peu. La tradition locale, friande de légendes, associa même ses ruines à de prétendus sabbats de sorcières, preuve de l'empreinte que ce colosse abandonné laissait dans l'imaginaire.

Ce qu'il faut voir

Le donjon et l'enceinte quadrangulaire sont les éléments majeurs : il faut lever les yeux vers le chemin de ronde et ses mâchicoulis, et mesurer l'épaisseur des murs. L'appareil de galets et de briques mérite l'attention, car il raconte le pays autant que l'architecture. Depuis la hauteur, la vue sur le piémont pyrénéen rappelle la fonction première de la place : surveiller et tenir.

Le saviez-vous ?

Le château fut classé au titre des monuments historiques en 1941. Relevé de son abandon, il abrite aujourd'hui un musée consacré au folklore et à l'histoire du Béarn et de la Bigorre, qui perpétue la mémoire de ces pays de piémont et de leurs traditions. Sa restauration patiente, menée pour sauver l'un des rares grands donjons subsistant dans la région, a rendu au monument sa stature d'origine et fait de lui un jalon essentiel pour comprendre l'architecture militaire des Pyrénées.

Une forteresse dans l'ombre d'une dynastie

Mauvezin n'a pas connu de grande campagne de reconstruction Renaissance : c'est une forteresse médiévale, œuvre de Gaston Fébus, qui garde son austérité du XIVe siècle. Mais son histoire, parce qu'elle se confond avec celle des Foix-Béarn, puis de la Navarre et enfin d'Henri IV, la rattache à la grande trame des XVe et XVIe siècles. Observer Mauvezin, c'est comprendre comment un château peut appartenir à son temps non par son décor, mais par le destin des princes qui le tenaient — ici, la maison même qui allait monter sur le trône de France.

Histoire

Château fort médiéval des XIVe-XVe siècles, propriété du comte d'Armagnac puis acquis par Gaston Fébus. Le donjon carré (30 m) domine la plaine gersoise. Restauré par Prosper Mérimée au XIXe siècle. Propriété du Félibrige (association de défense de la langue occitane). Classé Monument Historique.

Contes, légendes & anecdotes

Gaston Fébus, comte de Foix, acquit Mauvezin pour surveiller ses possessions gasconnes. Prosper Mérimée, inspecteur des monuments historiques, classa et restaura le château — l'un de ses premiers chantiers (1845). Le Félibrige, mouvement de renaissance de la langue occitane fondé par Frédéric Mistral, acquit le château en 1907 pour en faire un symbole de la culture méridionale. Depuis, le 15 août de chaque année, un grand rassemblement occitan y célèbre la langue et la culture du Midi.

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Fiche mise à jour le 10 octobre 2026

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