Le nom de Millemont provient-il du latin médiéval 'mille monts', évoquant le relief bocager du Pays Houdanais ?
À voir
Aux confins des Yvelines, en lisière de la forêt de Rambouillet, le château de Millemont présente une double personnalité : il associe un « petit château » bâti au cœur de la Renaissance, en 1515, à un « grand château » élevé près de deux siècles plus tard. Cette juxtaposition fait du domaine un livre ouvert sur l'évolution de l'architecture française, du règne de François Ier au Grand Siècle finissant.
Le petit château : une demeure Renaissance de 1515
La page la plus ancienne et la plus précieuse du domaine est le « petit château », construit en 1515 pour le sieur d'Haville, gouverneur de Montfort et bailli du roi François Ier. L'année est tout un symbole : 1515, c'est l'avènement de François Ier et le début du grand élan de la Renaissance française. Bâtir une demeure cette année-là, pour un officier royal au service du nouveau souverain, inscrit Millemont dans le mouvement qui, de la cour aux provinces, renouvelait alors l'art de bâtir. Ce corps de logis primitif constitue le noyau historique du domaine et l'élément que le visiteur doit chercher à distinguer, car il porte la mémoire des premières décennies de la Renaissance en Île-de-France.
Le grand château : l'ambition du début du XVIIIe siècle
En 1710, Guillaume IV de Briçonnet, officier au parlement de Paris, fait édifier le « grand château », vaste corps de logis dans le goût classique de son temps. Les Briçonnet, grande famille de robe et de finance, cherchent alors à doter leur domaine d'une résidence à la hauteur de leur rang. C'est de cette campagne que datent les aménagements les plus monumentaux, dont une terrasse bordée d'une balustrade de pierre taillée qui met en scène la demeure et ouvre la perspective sur le parc. Le domaine superpose ainsi deux ambitions : l'élégance naissante de la Renaissance et la majesté ordonnée du classicisme.
Une succession de propriétaires
Le château change plusieurs fois de main au fil des siècles. Le prince de Polignac l'acquiert en 1827. Il est vendu en 1843 à un riche avocat parisien, M. Richard, dont le fils, Maurice Richard, sera ministre sous le Second Empire. Après la mort de ce dernier, Georges Béjot, agent de change, l'achète en 1888. En 1987, le domaine passe à de nouveaux propriétaires. Cette chaîne de possesseurs — officiers royaux, parlementaires, princes, hommes de finance, ministres — dessine en creux l'histoire sociale des grandes demeures d'Île-de-France, tour à tour symboles de service du roi, de réussite bourgeoise et de pouvoir politique.
Ce qu'il faut voir
Le visiteur doit s'attacher à lire la dualité du site : d'un côté le petit château de 1515, témoin de la première Renaissance ; de l'autre le grand château de 1710, expression du classicisme. La terrasse à balustrade de pierre taillée et les jardins réguliers organisent la mise en scène de l'ensemble. Les dépendances et les abords participent de la cohérence du domaine, que la protection patrimoniale reconnaît dans sa globalité : les communs sont inscrits au titre des monuments historiques depuis le 28 avril 1947, et le château lui-même classé depuis le 25 janvier 1965. Cette double protection souligne l'intérêt tant du noyau Renaissance que de l'ensemble classique.
Le saviez-vous ?
Millemont illustre une pratique fréquente dans l'histoire des châteaux : plutôt que de détruire la demeure ancienne pour en élever une neuve, on conserve le logis primitif et on lui adjoint une construction plus vaste et plus moderne. Le « petit château » de 1515 et le « grand château » de 1710 cohabitent ainsi sur le même domaine, à près de deux siècles de distance, offrant au regard un raccourci saisissant de l'évolution du goût. Pour l'amateur de Renaissance, c'est le logis du bailli de François Ier qui retient d'abord l'attention : une demeure née l'année même où le jeune roi montait sur le trône et s'apprêtait, par ses chantiers et ses guerres d'Italie, à faire entrer la France dans un nouvel âge de l'architecture.
Histoire
La seigneurie de Millemont, dans le Pays Houdanais des Yvelines, est attestée au Moyen Âge. Le château présente des éléments architecturaux du XVe au XVIIe siècle. Le Pays Houdanais, région agricole à l'ouest des Yvelines, constituait au Moyen Âge une voie de passage importante entre Paris et la Normandie. La commune de Millemont est traversée par des routes anciennes reliant le bassin parisien à la Normandie.
Contes, légendes & anecdotes
Millemont doit peut-être son nom à 'mille monts' (millemont en latin médiéval), évoquant le relief bocager du Pays Houdanais. Le château contrôlait une des voies commerciales entre Paris et la Normandie, ce qui lui conférait une importance stratégique lors des guerres médiévales.
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Fiche mise à jour le 10 octobre 2026











