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Château de Vayres — château à Vayres, Gironde, classé mh

✦ Monument ✦

Château de Vayres

XVIe s.·Château / Demeure·Vayres (33)·Classé MH·Louis XII, François Ier, Henri II, François II, Charles IX, Henri III
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Château de Vayres — château à Vayres, Gironde, façade, classé mh
Château de Vayres — château à Vayres, Gironde, intérieur, classé mh
Château de Vayres — château à Vayres, Gironde, vue de nuit, classé mh

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Quiz du monument

Henri IV et la reine Margot ont partagé une vie conjugale heureuse au château de Vayres, en résidence de villégiature bordelaise.

À voir

Dominant la rive de la Dordogne, aux portes de l'Entre-deux-Mers girondin, le château de Vayres offre l'un des plus beaux exemples de la métamorphose d'une forteresse médiévale en demeure de parade. Son histoire croise celle de la maison d'Albret et d'Henri IV, et son architecture conjugue, sur un même site occupé depuis l'Antiquité, l'art de la guerre et l'élégance maniériste de la Renaissance.

D'un site antique à une forteresse d'Albret

Les fouilles ont révélé une occupation dès l'époque gallo-romaine, avec des fours de potiers. Un château de pierre existe dès 1092. Au XIIIe siècle, par le jeu des alliances, le domaine entre dans le patrimoine des puissants Albret : Amanieu VII d'Albret le fortifie en élevant la « Tour du moulin ». À partir de 1326, Bérard Iᵉʳ de Vayres s'allie à l'Angleterre et reçoit l'appui financier du roi Édouard II : de cette période anglaise datent le donjon, le châtelet et les douves sèches que l'on voit encore aujourd'hui. Vayres est alors une place de guerre, verrou de la vallée de la Dordogne.

La transformation Renaissance

Le tournant décisif intervient à la fin du XVIe siècle. Henri de Navarre, le futur Henri IV, a hérité le château de sa mère Jeanne d'Albret ; mais, pressé par les dettes, il le vend en 1583. L'acquéreur, Ogier de Gourgue, président des trésoriers des finances de Guyenne, entreprend de transformer la vieille forteresse en une résidence élégante. C'est à cette campagne que l'on doit la magnifique façade sur la cour d'honneur, au décor maniériste, que certaines sources attribuent à l'ingénieur Louis de Foix — le bâtisseur du célèbre phare de Cordouan. Le visiteur recherchera cette façade comme le cœur Renaissance du château : rythmée de pilastres et d'ornements, elle fait entrer la rigueur savante et la fantaisie du nouvel âge dans une enceinte jusque-là toute militaire.

Le Grand Siècle et les jardins

La Fronde, au milieu du XVIIe siècle, meurtrit la famille de Gourgue et endommage le château. Vers 1700, l'évêque Jacques-Joseph de Gourgue commande une restauration d'ampleur : on ajoute un escalier monumental enjambant les douves, on harmonise les façades et l'on coiffe le pavillon central d'un toit impérial. Cet escalier franchissant les fossés est l'un des gestes les plus théâtraux du lieu : il transforme l'ancien obstacle défensif en une entrée d'apparat, résumant à lui seul le passage de la forteresse à la demeure de plaisance. Côté jardin, les parterres à la française, recréés en 1938 par le paysagiste Louis-Ferdinand Duprat, descendent vers la Dordogne et prolongent la demeure dans une perspective soignée. Ils ont reçu le label « Jardin remarquable » en 2002.

Ce qu'il faut voir

Le château a été inscrit au titre des monuments historiques en 2000 puis classé au début des années 2000. On s'attachera d'abord à la façade Renaissance sur la cour d'honneur, au décor maniériste, puis au donjon et au châtelet de l'époque anglaise, aux douves sèches, et à l'escalier monumental du début du XVIIIe siècle qui franchit les fossés. Depuis les terrasses, la vue sur la Dordogne rappelle la position stratégique qui fit de Vayres, pendant des siècles, un point de contrôle de la vallée.

Un site occupé sans relâche

L'intérêt de Vayres tient aussi à la continuité de son occupation, depuis l'Antiquité jusqu'à nos jours. Les fours de potiers gallo-romains, le château médiéval des Albret, la façade maniériste de la Renaissance, l'escalier du Grand Siècle et les jardins recréés au XXe siècle s'y superposent en un même lieu, offrant au visiteur un condensé de près de deux mille ans d'histoire bâtie. Rares sont les demeures où l'on peut ainsi lire, d'un seul regard sur la cour et les façades, le passage de la forteresse de guerre à la maison de plaisance.

Le saviez-vous ?

Avant de devenir un symbole de la royauté française, Henri IV fut, par sa mère Jeanne d'Albret, propriétaire de Vayres — qu'il vendit faute d'argent avant même d'accéder au trône. La forteresse qu'il abandonna connut aussitôt sa plus belle métamorphose, sous la main d'Ogier de Gourgue, qui lui offrit cette façade Renaissance parfois reliée au nom de Louis de Foix, l'ingénieur qui défia la mer pour bâtir le phare de Cordouan. De la guerre à la parade, Vayres résume tout le XVIe siècle girondin.

Histoire

Château médiéval remanié à la Renaissance pour Marguerite de Valois (la reine Margot) et Henri IV qui en firent une résidence de plaisance. Les jardins à la française et la terrasse sur la Dordogne sont remarquables. Propriété de la famille Borie. Classé Monument Historique.

Contes, légendes & anecdotes

Henri IV et sa première épouse Marguerite de Valois (la reine Margot) firent de Vayres leur résidence de villégiature bordelaise. Leur mariage, politique et sans amour, se réduisit à de rares cohabitations — Henri préférait Nérac et sa cour de Navarre avec sa maîtresse Corisande, tandis que Margot s'ennuyait à Vayres. Le divorce fut finalement prononcé en 1599, permettant à Henri d'épouser Marie de Médicis. La terrasse de Vayres, dominant la Dordogne, est l'une des plus belles du Bordelais.

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Fiche mise à jour le 10 octobre 2026

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