HitsMap
Château de Grosbois — château à Boissy-Saint-Léger, Val-de-Marne, classé mh

✦ Monument ✦

Château de Grosbois

1580–1610·Château / Demeure·Boissy-Saint-Léger (94)·Classé MH·Henri III, Henri IV
◄ Tous les sites Renaissance en Île-de-France
Château de Grosbois — château à Boissy-Saint-Léger, Val-de-Marne, façade, classé mh
Château de Grosbois — château à Boissy-Saint-Léger, Val-de-Marne, intérieur, classé mh
Château de Grosbois — château à Boissy-Saint-Léger, Val-de-Marne, vue de nuit, classé mh

Sur place ? Réclamez votre carte et vos points de visite.

Quiz du monument

Le maréchal Berthier, bras droit de Napoléon, s'est volontairement jeté par la fenêtre de Grosbois en 1815 après la défaite de Waterloo.

À voir

Au cœur de la forêt de Grosbois, à Boissy-Saint-Léger, s'élève un château singulier dont la façade incurvée en forme d'exèdre ne ressemble à aucune autre en Île-de-France. Commencé au crépuscule de la Renaissance, achevé sous les premiers Bourbons, il doit sa célébrité à un maréchal d'Empire autant qu'à ses bâtisseurs.

Un chantier de la fin de la Renaissance

La construction du château débute en 1597, menée par l'entrepreneur parisien Florent Fournier pour Nicolas de Harlay, seigneur de Sancy, surintendant des finances et des bâtiments du roi Henri IV. Les travaux s'interrompent en 1599, année de la mort de Fournier. L'édifice relève pleinement de l'architecture de la Renaissance finissante : son plan en U, son corps central galbé en exèdre flanqué de pavillons de même hauteur et de deux ailes basses en retour d'équerre évoquent les recherches savantes de l'architecte Jacques Androuet du Cerceau, dont l'influence se lit dans le parti général. Le château repose sur une plate-forme rectangulaire jadis cernée de douves en eau, que l'on franchit par des passerelles.

Le duc d'Angoulême, achèvement d'un rêve

Resté inachevé, le domaine est acquis en 1616 par Charles de Valois, duc d'Angoulême, fils naturel du roi Charles IX et de Marie Touchet. C'est lui qui donne au château sa physionomie définitive : il ajoute les deux ailes, aménage le parc et sa muraille d'enceinte, et conduit les grands travaux jusque vers 1640. À l'intérieur, des peintures murales sont attribuées à Horace Le Blanc, peintre lyonnais actif sous Louis XIII. Grosbois devient alors une résidence seigneuriale accomplie, à la frontière du goût Renaissance et du classicisme naissant, dont le duc fit l'un des foyers de la vie aristocratique au sud-est de Paris.

Le maréchal Berthier et la Galerie des Batailles

Un troisième âge s'ouvre en 1805, lorsque le château échoit à Louis-Alexandre Berthier, maréchal d'Empire, prince de Wagram et chef d'état-major de Napoléon. Berthier remanie profondément les intérieurs, les meuble avec faste et crée la fameuse Galerie des Batailles, où huit grandes toiles retracent ses campagnes militaires. Une riche bibliothèque de plusieurs milliers de volumes complète l'aménagement. Cette strate impériale, superposée au château Renaissance, fait aujourd'hui l'un des grands intérêts du lieu.

Du domaine seigneurial au temple du trot

Depuis 1962, le domaine appartient à la Société d'encouragement à l'élevage du cheval français. Grosbois est devenu l'un des plus importants centres d'entraînement de chevaux de course au trot d'Europe : des dizaines d'écuries et des pistes s'étendent sous les frondaisons de l'ancien parc seigneurial, et l'ancien château règne désormais sur un monde voué au cheval. Le site abrite, depuis 2010, un musée du Trot, installé dans les communs, qui retrace l'histoire de cette discipline. Le château lui-même est protégé à plusieurs reprises au titre des monuments historiques : inscrit en 1933, classé en 1948, de nouveau inscrit en 1964, preuve de l'attention portée de longue date à cet édifice hors norme.

Ce qu'il faut voir

Le regard s'attache d'abord à la façade en exèdre, courbe rare qui signe l'édifice et trahit l'ambition architecturale de ses commanditaires. On observe ensuite le plan en U, les pavillons encadrant le corps central, les douves et les passerelles, puis, à l'intérieur, la Galerie des Batailles et les peintures anciennes. L'ensemble forme un raccourci saisissant de trois siècles de pouvoir : les finances d'Henri IV, le sang des Valois et la gloire militaire de l'Empire.

Le saviez-vous ?

Nicolas de Harlay de Sancy, premier maître d'œuvre de Grosbois, a laissé son nom à un célèbre diamant, le « Sancy », qui passa entre les mains de plusieurs maisons royales d'Europe. L'homme qui lança ce château hors du commun fut donc aussi l'un des grands manieurs de pierres précieuses de son temps, image presque trop parfaite pour un édifice qui mêle, encore aujourd'hui, l'élégance de la Renaissance et l'éclat des légendes.

Histoire

Château des XVIe-XVIIe siècles, construit pour Charles de Valois, fils naturel de Charles IX. Propriété du maréchal Berthier (bras droit de Napoléon), puis des princes de Condé. Abrite un haras national. Propriété privée avec visites guidées estivales. Classé Monument Historique.

Contes, légendes & anecdotes

Le maréchal Berthier, chef d'état-major de Napoléon pendant toutes ses campagnes, reçut Grosbois de l'Empereur en récompense de ses services. C'est à Grosbois qu'il se retira pendant les Cent-Jours — et c'est de là qu'il chuta mystérieusement d'une fenêtre en 1815, quelques jours avant Waterloo. Accident ou suicide devant l'impossibilité de choisir entre Napoléon et Louis XVIII ? La question reste ouverte. Le château conserve une collection de souvenirs napoléoniens exceptionnelle.

Votre avis nous dit quoi améliorer : les photos, le texte, la position.

Fiche mise à jour le 10 octobre 2026

Pour aller plus loin

Sites à proximité (< 10 km)