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Château de Bellesbat — château à Courdimanche-sur-Essonne, Essonne, inscrit mh

✦ Monument ✦

Château de Bellesbat

16e s.·Château / Demeure·Courdimanche-sur-Essonne (91)·Inscrit MH
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Le Château de Bellesbat, situé en Essonne, date du 16e siècle et est inscrit au titre des Monuments Historiques.

À voir

Au creux de la vallée de l'Essonne, à Courdimanche, le château de Bellesbat (ou Belesbat) est une demeure du XVIe siècle dont l'histoire se confond avec celle d'une des grandes familles de robe de la Renaissance française. Longtemps resté dans l'ombre des forteresses voisines, il doit son intérêt moins à la monumentalité de ses murs qu'au prestige de ceux qui l'ont possédé, au temps où la noblesse de cour se dotait de résidences de plaisance aux portes de Paris.

Une demeure de la Renaissance

Le domaine remonte au XVIe siècle. À cette époque, la terre de Bellesbat entre dans le patrimoine des Hurault, famille qui compta parmi les plus influentes serviteurs de la monarchie des Valois et des premiers Bourbons. On est alors en pleine Renaissance : les grandes familles de magistrats et de conseillers du roi quittent peu à peu les logis fortifiés pour des maisons des champs où l'on reçoit, où l'on chasse, où l'on cultive les lettres. Bellesbat appartient à ce mouvement, celui des résidences aristocratiques semées dans le pays de l'Essonne, le long des rivières et des forêts giboyeuses chères à la cour.

La famille de L'Hôpital et les Hurault

L'épisode le plus marquant du château tient à son alliance avec la mémoire de Michel de L'Hôpital, l'une des figures morales majeures du XVIe siècle français. Chancelier de France sous Charles IX, humaniste, partisan d'une politique d'apaisement au cœur des guerres de Religion, il reste dans l'histoire comme un homme de tolérance et de concorde. En 1573, Madeleine de L'Hospital, apparentée au chancelier, tient Bellesbat comme épouse de Robert Hurault, seigneur du lieu. Leur fils, Pierre Hurault de L'Hospital, conseiller du roi et maître des requêtes, possède encore le domaine en 1617. Le visiteur qui s'arrête ici doit se souvenir qu'il foule une terre liée au nom d'un homme dont les discours sur la paix civile résonnent encore, et qu'à travers les Hurault, Bellesbat touche à l'une des grandes querelles spirituelles et politiques de la Renaissance.

Du château au rendez-vous des Lumières

L'histoire du lieu ne s'arrête pas au XVIe siècle. Au XVIIIe siècle, le domaine appartient à Jean-Baptiste Berthelot de Duchy, qui loue la résidence au marquis de Livry. C'est là que se noue l'épisode le plus célèbre de Bellesbat : le 20 novembre 1725, on y donne une fête somptueuse dont le jeune Voltaire est l'hôte d'honneur. L'écrivain, déjà en vue, compose pour l'occasion un divertissement resté dans la mémoire du lieu sous le nom de « La fête de Bélesbat ». Le château passe ensuite, vers 1740, à la famille Le Pescheux, seigneurs de Guigneville. Ce glissement du château Renaissance au rendez-vous galant des Lumières dit bien la permanence d'une vocation : celle d'une maison de plaisance où se croisent les élites.

Ce qu'il faut voir

L'élément le plus remarquable du château est aujourd'hui sa porterie, c'est-à-dire son pavillon d'entrée, inscrit au titre des monuments historiques depuis le 2 février 1948. C'est par là qu'il faut aborder le site, comme on le faisait autrefois : le visiteur doit chercher du regard cette ordonnance d'accès qui marquait le seuil entre le monde extérieur et le domaine seigneurial. Ce type de pavillon d'entrée, hérité du châtelet médiéval mais traité dans un esprit plus résidentiel, est caractéristique des maisons nobles de l'Île-de-France aux XVIe et XVIIe siècles, où l'on tenait à marquer le rang du propriétaire dès le franchissement du seuil. L'ensemble a conservé l'esprit d'une demeure de campagne, enracinée dans son terroir de l'Essonne, au bord de la rivière qui a donné son nom au département.

Le saviez-vous ?

Le nom de Bellesbat renvoie à toute une histoire de familles de robe, les Hurault, qui s'illustrèrent au service des rois de France aux XVIe et XVIIe siècles. En reliant un simple château de l'Essonne au souvenir du chancelier Michel de L'Hôpital, grand défenseur de la tolérance religieuse, et plus tard à la jeunesse de Voltaire, Bellesbat concentre en un même lieu deux moments où la France a cherché, à travers ses élites, à faire dialoguer la raison, la foi et les lettres.

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Fiche mise à jour le 10 octobre 2026

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