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Château de Kintzheim — château à Kintzheim (67), monument historique (Classé MH)

✦ Monument ✦

Château de Kintzheim

XVIe s.·Château / Demeure·Kintzheim (67)·Classé MH·Louis XII, François Ier, Henri II, François II, Charles IX
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Château de Kintzheim — château à Kintzheim, Bas-Rhin, classé mh

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Quiz du monument

Quel statut officiel l'UNESCO a-t-il accordé à la fauconnerie, l'art royal pratiqué autrefois par les seigneurs de Kintzheim ?

À voir

Perché sur un contrefort des Vosges au-dessus du vignoble alsacien, entre Sélestat et le Haut-Koenigsbourg, le château de Kintzheim est une de ces ruines sommitales qui veillent encore sur la plaine du Rhin. Forteresse impériale à l'origine, il porte la marque des Hohenstaufen, mais son histoire s'est poursuivie jusqu'à la Renaissance, dont il conserve un témoignage sculpté remarquable.

Une forteresse des Hohenstaufen

La construction du château débute vers 1250, sur ordre, dit-on, lié à l'empereur Frédéric II de Hohenstaufen, dans ce contexte où l'Empire cherche à affermir son emprise sur l'Alsace. Le donjon circulaire et le rempart qui l'enveloppe sont achevés avant la fin du XIIIe siècle. Le plan adopte la forme d'un rectangle irrégulier dominé par cette tour maîtresse ronde, dispositif classique des châteaux de hauteur de la région. Au cours des XIVe et XVe siècles, des bâtiments résidentiels viennent s'ajouter à l'ensemble, signe que la forteresse n'est pas seulement un poste militaire mais aussi une demeure. Kintzheim appartient à la ligne des châteaux de hauteur qui jalonnent le piémont vosgien, postes avancés destinés à surveiller les débouchés des vallées et les routes de la plaine rhénane, et à affirmer la présence impériale sur une province convoitée.

La phase Renaissance : la tour d'artillerie du XVIe siècle

Contrairement à bien des châteaux alsaciens restés purement médiévaux, Kintzheim a connu une campagne au XVIe siècle qui l'ancre dans la Renaissance. On y trouve une tour d'artillerie ornée d'un décor sculpté, adaptation du vieux château aux armes à feu et témoignage du goût de l'époque pour l'ornement même sur des ouvrages défensifs. Une chapelle, dotée de caves voûtées, et des fenêtres à meneaux complètent ce visage de transition, où la forteresse médiévale s'ouvre prudemment aux formes nouvelles. Ces meneaux de pierre, qui remplacent les étroites archères d'autrefois, disent à eux seuls le changement d'usage : on veut désormais de la lumière et du confort autant que de la protection. En 1492, par décision impériale, le château est vendu à la ville de Sélestat, qui en assure dès lors la garde.

Guerres, ruine et renaissance du site

Comme nombre de châteaux alsaciens, Kintzheim souffre de la guerre de Trente Ans : il est partiellement détruit par les troupes suédoises en 1633. Entre 1650 et 1670, des travaux de restauration portent sur les logis et la chapelle, mais la forteresse ne retrouvera pas son rôle militaire. Au tournant du XIXe siècle, entre 1802 et 1807, un propriétaire privé aménage à ses pieds un parc à l'anglaise, transformant la ruine en élément de paysage romantique. Le château est aujourd'hui classé au titre des monuments historiques depuis 1965.

Ce qu'il faut voir

Le visiteur cherchera d'abord le donjon circulaire, cœur de la forteresse du XIIIe siècle, autour duquel s'organise tout le château. Il s'attardera ensuite sur la tour d'artillerie du XVIe siècle et son décor sculpté : c'est là que se lit le mieux le passage du Moyen Âge défensif à la Renaissance ornementale. Les vestiges de la chapelle et ses caves voûtées, les fenêtres à meneaux, le tracé du rempart complètent la visite. Depuis les hauteurs, le regard embrasse la plaine d'Alsace et, au loin, les autres châteaux de la ligne vosgienne, dont le puissant Haut-Koenigsbourg, rappelant que Kintzheim appartenait à tout un réseau de forteresses de surveillance.

Le saviez-vous ?

Depuis 1968, le château abrite la Volerie des Aigles, centre de fauconnerie installé dans les ruines, qui accueille chaque année environ 150 000 visiteurs. Cette reconversion a sauvé le monument de l'oubli et lui a donné une seconde vie : les démonstrations de vol de rapaces se déroulent dans l'enceinte même de la forteresse, offrant au public un spectacle qui dialogue avec l'histoire des lieux. Kintzheim illustre ainsi deux trajectoires : celle d'un château fort impérial qui a su, au XVIe siècle, se moderniser et s'orner à la manière de la Renaissance ; et celle d'une ruine qui, au XXe siècle, a retrouvé une vocation vivante. Entre le donjon des Hohenstaufen, la tour d'artillerie sculptée et le vol des aigles au-dessus des créneaux, le site condense plusieurs strates de l'histoire alsacienne.

Histoire

Château fort du XIIIe siècle appartenant aux Hohenstaufen puis aux Habsbourg. Ruiné pendant la guerre de Trente Ans (XVIIe s.). Abrite aujourd'hui la Volerie des Aigles, spectacle de fauconnerie avec aigles, vautours et faucons. Classé Monument Historique.

Contes, légendes & anecdotes

Les ruines de Kintzheim, au cœur du vignoble alsacien, abritent l'une des plus grandes voleries d'Europe. La fauconnerie, art royal par excellence dans la France médiévale et Renaissance, est inscrite au Patrimoine Immatériel de l'Humanité par l'UNESCO. Les seigneurs de Kintzheim, vassaux des Hohenstaufen puis des Habsbourg, pratiquaient la fauconnerie comme signe de noblesse — les rapaces sont aujourd'hui les seuls 'seigneurs' à hanter encore ces tours.

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Fiche mise à jour le 10 octobre 2026

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