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La Renaissance aux Pays-Bas

Jardins Renaissance des Pays-Bas

Le jardin Renaissance est rare aux Pays-Bas, et aucun n'a traversé quatre siècles intact. Il en reste quatre à voir, tous restitués ou évoqués d'après les sources : l'Hortus de Leyde (1590) et son carré de Clusius, le Prinsentuin de Groningue (1626), les jardins d'herbes du Muiderslot du temps de P. C. Hooft, et le jardin que Maarten van Rossem fit tracer à Cannenburch dès 1543.

Quatre jardins, quatre restitutions

Le Jardin botanique de Leyde est le plus ancien jardin botanique d'Europe occidentale encore en activité. L'université, fondée en 1575, voulait un jardin de simples pour enseigner la médecine ; elle appela en 1593 Carolus Clusius, qui dessina et planta le jardin en 1594 et y acclimata, entre pomme de terre, tomate et tabac, la tulipe venue de l'Empire ottoman. Le Clusiustuin que l'on parcourt aujourd'hui est une restitution de 1931 du tracé de 1594.

Le Prinsentuin de Groningue fut aménagé en 1626 derrière le Prinsenhof pour le stadhouder Ernst Casimir de Nassau-Dietz et son épouse Sophia Hedwig : parterres géométriques, berceaux de verdure, roseraie, jardin d'herbes. Amputé par un palais de justice en 1911, il a été restauré entre 1935 et 1939 — une évocation savante du jardin princier, pas une relique.

Les jardins du Muiderslot sont ceux d'un poète : P. C. Hooft, bailli de Muiden à partir de 1609, y recevait Vondel, Bredero et Maria Tesselschade. Un kruidhof(jardin d'herbes) et unwarmoeshof (potager), séparés par un tunnel de hêtres taillés, restitués au tracé du XVIIᵉ siècle et devenus refuge de variétés anciennes.

Le jardin de Cannenburch, à Vaassen, est le plus ancien des quatre par l'intention : en 1543, le condottiere Maarten van Rossem achète le château délabré, et les comptes mentionnent un jardin d'herbes, un labyrinthe dont les jeunes arbres furent amenés du Luxembourg, un potager et un pied de vigne. Il meurt en 1555 ; le jardin actuel évoque cet esprit plus qu'il ne le restitue.

Ce qu'il faut regarder

  • Le carré clos : parterres géométriques, dessin fermé, pensé pour la promenade et la conversation, non pour l'étalage.
  • Les berceaux et tunnels de verdure (Muiden, Groningue) : à une époque où le teint pâle marquait le rang, on y traversait le jardin à l'abri du soleil.
  • L'utile devenu beau : dans un kruidhof, chaque carré sert à la cuisine, à la médecine ou à la teinture de la laine.
  • Le monogramme végétal du Prinsentuin : les lettres W et A de Willem Frederik et d'Albertine Agnes, taillées dans le buis.

Les jardins de château

Le jardin Renaissance néerlandais est presque toujours un jardin de château : celui de Kasteel De Cannenburch se lit avec la demeure de Van Rossem, et le complexe classé de Slot Zuylen, sur la Vecht, comprend son jardin. Les autres maisons fortes, borgenetstates qui gagnèrent un jardin au XVIᵉ siècle sont dans le pilier Châteaux et demeures.

Pour aller plus loin

Les villes : Leyde pour l'Hortus, Groningue pour le Prinsentuin. Les autres entrées de l'atlas : Églises, Monuments civils, Peintures, Sculptures, Illustres, Musées — et le tronc : La Renaissance aux Pays-Bas.