HitsMap

La Renaissance, ville par ville

Groningue à la Renaissance

Groningue a bâti sa Renaissance en deux temps : avant 1580, sous le roi, une tour démesurée et un pignon de grès ; après 1594, dans la République, une salle des États, une université et un jardin de prince. Tout se tient entre la Grote Markt, le Martinikerkhof et le Prinsenhof. Voici l'ordre des pas.

La Grote Markt : la tour et la maison de l'or

Commencez au pied du Martinitoren, que les Groningois appellent d'Olle Grieze, la vieille grise : troisième clocher sur ce site, commencé en 1469 et achevé en 1554, il monte à 96,8 mètres au-dessus de la Martinikerk. Ce que vous voyez n'est pourtant pas la tour de 1554 dans toutes ses pierres : en 1577, des barils de goudron enflammés ravagèrent le sommet, et la hauteur ne fut retrouvée qu'en 1627. Groningue a rebâti son emblème au lieu d'en changer. À quelques pas, le Goudkantoor (1635) est le dernier mot de notre période : un petit bureau des recettes de la province, encadré de coquilles et de volutes, rouge, ocre, or et bleu, qui porte en latin « Rendez à César ce qui est à César » — la caution des Évangiles posée au-dessus de la porte du percepteur. Le nom de « maison de l'or » ne vint qu'au XIXᵉ siècle, avec le bureau de garantie des métaux précieux.

Le Martinikerkhof : la Salle des États et l'université

Derrière l'église, le Palais provincial conserve un pignon à redents de grès daté 1559, vestige de la richesse civile de la ville à la veille de la Révolte, et une salle unique aux Pays-Bas : la Statenzaal. Le 20 juin 1601, les États décidèrent qu'il leur fallait une maison et choisirent l'ancienne école Saint-Martin ; ils y siègent depuis 1602, sous une cheminée à pilastres de grès sculptés. Deux hommes traversent ce lieu. George de Lalaing, comte de Rennenberg, stathouder du Nord pour la Révolte, retourna sa veste le 3 mars 1580 et livra la ville au roi d'Espagne — le Verraad van Rennenberg; il mourut à Groningue le 23 juillet 1581 et fut inhumé dans la Martinikerk. Ubbo Emmius, arrivé en 1594 juste après le ralliement de la ville à la République pour diriger l'école latine, devint en 1614 le premier recteur de l'université, dont il fixa l'esprit ; il avait donné à la Frise sa première histoire critique, laRerum Frisicarum Historia.

Le Prinsenhof, le jardin et les cours d'hospice

Derrière les murs du Prinsenhof, l'ancienne résidence des stadhouders, le Prinsentuin (1626) fut aménagé pour Ernst Casimir de Nassau-Dietz et son épouse Sophia Hedwig : parterres géométriques, berceaux de verdure, roseraie et jardin d'herbes, un carré clos pensé pour la promenade et la conversation. Cherchez dans le buis les lettres W et A, initiales de Willem Frederik et d'Albertine Agnes — un monogramme planté, non gravé. Le jardin fut amputé en 1911 et restauré de 1935 à 1939 : une évocation savante, où l'esprit du jardin Renaissance respire encore. Puis poussez la porte discrète de la Pelsterstraat : le Pelstergasthuis, hospice mentionné dès 1267, reçut une aile-porte au XVIᵉ siècle, un grand réaménagement à partir de 1625 et son portail en 1629 — une cour, un puits, une chapelle, l'archipel de calme des gasthuizen groningois.

La Der Aa-kerk et le Groninger Museum

À l'autre bout du vieux centre, la Der Aa-kerk (1425-1492) fait face au Martinitoren ; sa haute tour blanche est du XVIIIᵉ siècle, mais elle abrite un orgue daté de 1539, venu de Bolsward — parmi les plus anciens conservés des Pays-Bas, muet aujourd'hui, mais toujours là. Le Groninger Museum est surtout un musée d'art moderne ; pour le XVIᵉ siècle, il garde un portrait de famille du cercle de Jan van Scorel et le portrait de la noble groningoise Beetke van Rasquert — rares témoins du portrait renaissant dans un Nord-Est où peu de peinture ancienne a survécu.

Avant de partir

Le récit de l'aire — la liberté frisonne, la cour de Leeuwarden, les hôtels de ville de Frise — est sur la page de l'aire : Frise & Groningue, la Renaissance du Nord obstiné. Pour comprendre Rennenberg et la Réduction de 1594 : La Révolte et la naissance de la République. Pour comprendre une ville qui se gouverne : La Renaissance sans roi. Les villes voisines : Leeuwarden, Deventer — et le tronc : La Renaissance aux Pays-Bas.

→ Voir tous les lieux Renaissance de Groningue sur la carte