La Renaissance, ville par ville
Amsterdam à la Renaissance
Amsterdam n'a presque rien gardé de son Moyen Âge et tout de sa Renaissance : entre 1480 et 1635, la ville se dote de ses portes, de ses tours, de ses premières églises protestantes et des maisons de brique et de pierre blanche qui bordent encore les canaux. Un architecte, Hendrick de Keyser, lui donne son style. Voici de quoi la parcourir.
La ceinture de pierre : portes et tours
Commencez par ce qui protégeait la ville. La Waag du Nieuwmarkt est l'ancienne porte Saint-Antoine (1488), devenue poids public quand la ville la dépassa — le plus vieux bâtiment profane d'Amsterdam. La Schreierstoren (1481), la « tour des pleureuses », gardait l'angle du port ; la Montelbaanstoren (1516) surveillait les chantiers navals et reçut de De Keyser, en 1606, sa flèche ajourée ; la Munttoren est le reste de la porte de Regulier, coiffée elle aussi par De Keyser après l'incendie de 1618. Ces tours disent la Renaissance amstellodamoise en raccourci : une enveloppe médiévale, un couronnement neuf.
Les églises de Hendrick de Keyser
Amsterdam est la seule ville d'Europe où l'on peut voir naître, en trois édifices, l'église protestante. La Zuiderkerk (1603-1611) est la première construite comme telle aux Pays-Bas : une halle pour la parole, sans chœur. La Westerkerk (1620-1631) en est l'aboutissement, avec sa tour de 85 mètres que Rembrandt regardait de sa fenêtre. La Noorderkerk (1620-1623) invente le plan en croix grecque, centré sur la chaire. Ajoutez la tour de la Vieille Église, refaite en 1565 par Joost Bilhamer : c'est le seul clocher d'Amsterdam antérieur à De Keyser.
Les maisons de l'argent
Le long des canaux neufs, la fortune marchande s'affiche en façade. L'Oost-Indisch Huis (1606) est le siège de la VOC, première société par actions du monde : une cour de brique austère d'où partaient les ordres pour Batavia. Sur le Herengracht, la Maison Bartolotti (1617) est le chef-d'œuvre du pignon à volutes ; sur le Keizersgracht, la Maison aux Têtes (1622) porte six dieux antiques en façade. Plus modeste et plus ancienne, Au Petit Singe (1540) est l'une des deux dernières maisons à façade de bois de la ville, avec la Maison de Bois du Béguinage.
Ce que les musées gardent de cette Amsterdam
Le Rijksmuseum conserve les rares tableaux de la Renaissance amstellodamoise : le Portrait d'un homme africainde Jan Mostaert, laMarie-Madeleinede Jan van Scorel,Loth et ses filles de Goltzius. L'Amsterdam Museum montre la ville telle qu'elle était en 1538, sur le plan peint de Cornelis Anthonisz. — le premier plan d'Amsterdam.
Avant de partir
Le récit de la ville — l'Alteratie de 1578, la VOC, les canaux — est sur la page de l'aire : Amsterdam, la ville qui inventa le monde. Pour lire les façades : Reconnaître une façade Renaissance hollandaise. Pour comprendre les églises sans chœur : La Beeldenstorm de 1566. Les autres villes : Haarlem, Utrecht, Leyde — et le tronc : La Renaissance aux Pays-Bas.
